‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 119 sur 156 · II. Sphenolepis Cuvieri Agass · texte numérisé non relu

II. Sphenolepis Cuvieri Agass

Vol. S , Tab. 14.

Syn. Curipr, Roch. sur les Osseni. Fossiles, Tom. lll , pi. 76 , fig. H et pi. 77, fig. 8 , 9 . 10 , U, 12, 13 et 15

Cette espèce est du petit nombre des poissons qui ont été trouvés dans les platrières de Montmartre, et comme elle en est l'un des fossiles caractéristiques, je ne saurais mieux faire que de le dédier à la mémoire du grand naturaliste qui l'a lui-même recueillie dans ces carrières , d'où son génie sut évoquer toute une création. On en trouve une description et des figures dans les Recherches sur les Ossemens fossiles.

Parmi les exemplaires déposés au Muséum de Paris , il s'en trouve plusieurs qui sont àpeu-près entiers entre autres les originaux de mes figures 1 et 2 , que j'envisage comme le type de l'espèce. Ils ont cette forme élancée qui caractérise tous les Ksocides. La colonne vertébrale est composée d'environ cinquante vertèbres, dont quinze seulement sont caudales; toutes les autres sont abdominales , de façon que la cavité intestinale occupait plus des deux tiers de la longueur du tronc. Les vertèbres sont du reste très-uniformes. En revanche , les apophyses sont très-inégales ; celles de la partie postérieure du tronc sont vigoureuses et atteignent presque le bord dorsal , tandis que celles de la partie antérieure , jusqu'à l'origine de la dorsale, sont très grêles et beaucoup plus courtes. La dernière vertèbre caudale se ramifie en un nombre considérable d'arêtes ou d'apophyses qui portent la caudale ; il n'y a que les petits rayons simples qui soient supportés par les apophyses des quatre vertèbres précédentes. Les premiers osselets de l'anale sont assez forts , quoique dépourvus de crêtes latérales ; mais ils se rapetissent très-brusquement en arrière. Les nageoires sont en général petites ; la dorsale n'occupe que la septième ou huitième partie du bord dorsal ; son insertion est un peu en arrière des ventrales; elle se compose d'environ une douzaine de rayons, dont le second est le plus long ; le premier, qui est simple , n'atteint que les deux tiers de la longueur du second. La caudale parait ronde, d'après les exemplaires que j'ai pu examiner; mais on n'en reconnaît pas moins , dans le mode d'articulation des rayons , les deux lobes dont elle est composée. Les petits rayons antérieurs sont peu serrés et passent insensiblement aux rayons principaux. L'anale commence au delà de l'extrémité de la dorsale ; elle ne compte que six ou sept rayons tous branchus, à l'exception du premier, qui est aussi ici plus court que les autres. Les ventrales sont beaucoup mieux fournies, mais leurs rayons sont très-fins ; leur insertion est un peu en avant de celle de la dorsale. Les pectorales, dont on n'aperçoit que quelques traces derrière l'opercule, ont l'air d'avoir été courtes et larges.

Outre ces exemplaires, on a trouvé dans la même localité des fragmens de poissons beaucoup plus volumineux , mais qui pourraient cependant avoir appartenu à la même espèce ,

enlre autres une tête avec la partie antérieure du tronc (fig. 3), deux os détachés de la tète, dont un sphénoïde (fig. 1 1) et un préopercule (fig. iâ), une série de vertèbres isolées de taille concordante (k à 9) et une plaque operculaire isolée (fig. 10).

La tête, dont je donne la figure (fig. 3), a tout-à-fait l'apparence d'une tête de Truite; elle est grosse, obtuse, et la mâchoire inférieure est armée de dents coniques très-acérées; mais le bout du museau est tronqué, ensorle que sa forme naturelle était certainement plus effilée. Le sphénoïde est moins grêle que dans le Brochet. Le préopercule est très-ouvert, et dilaté en forme de spatule à son extrémité antérieure.

Quant aux vertèbres , je ne doute pas qu'elles n'aillent fort bien avec la tête que nous venons de décrire ; mais tout en les inscrivant sous le nom de Sphenolepis Cmneri dans la planche, je dois cependant faire remarquer qu'elles sont non seulement beaucoup plus grandes, mais aussi qu'elles sont proportionnellement beaucoup plus courtes que dans les deux exemplaires de fig. 1 et 2. On y reconnaît du reste tous les détails de l'organisation des vertèbres des Sphenolepis , telles que nous avons appris à les connaître chez le Sph. squamosseus. Ce n'est qu'autant qu'on trouvera un squelette entier composé de vertèbres de cette grandeur qu'on pourra dire avec certitude s'il appartient au Sph. Cuvieri , ou si c'est une espèce à part.

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