II. OSMEROIDES MICROCEPHAtUS Mlinst
Vol. 5, Tab. 60 d, fig. h.
Cette espèce porte à bon droit le nom de microcephalus, car la tête est beaucoup plus petite que dans les autres espèces et elle est contenue à-peu-prês cinq fois dans la longueur totale ; sa longueur égale à peine sa hauteur. La colonne vertébrale est moins uniforme que dans l'espèce précédente et compte un plus grand nombre de vertèbres. Il y en a au moins trentedeux, dont dix-sept ou dix-huit caudales, qui sont les plus grêles ; les abdominales sont un peu plus grosses. Toutes sont à-peu-près aussi hautes que longues. Les apophyses épineuses sont grêles, ainsi que les côtes et les osselets interapophysaires. Ces derniers sont en général plus nombreux que les apophyses, notamment au bord inférieur. Les nageoires sont très-grandes. La dorsale est très-rapprochée de la nuque, car elle commence déjà à la hauteur de la dixième vertèbre abdominale , et en reportant en arrière la distance de son insertion à l'extrémité du museau , le compas atteint à-peu-près l'extrémité de l'anale ; elle est composée d'au moins dix rayons branchus , qui sont précédés de deux rayons simples dont le premier s'élève au quart et le second à la moitié de la hauteur du premier rayon branchu. Les ventrales correspondent au milieu de la dorsale ; elles sont composées de cinq rayons très-divisés. L'anale a son insertion au milieu de l'espace entre les ventrales et la caudale. Son premier rayon est un rayon simple qui n'atteint que la moitié de la longueur du rayon suivant. La caudale est extrêmement vigoureuse. Son pédicule est fort large et ses rayons nombreux. Formule : 9 ou 10, I , 8, 6,1.? Ceux du milieu sont très-lâches: les autres sont tous serrés. Les articles des rayons sont au moins aussi longs que larges.
Cette espèce a été découverte et caractérisée par M. le comte de Miinster. La plaque originale qui fait partie de sa collection provient du grès-vert des Baumberge près de Miinster.
m. OsMEHOinES LEWEsiENsrs Âgass.
Vol. 5, Tab. 60 6 et 60c.
Syn. Saimo leu-esipiisis Mantell. Planche détachée.in-folio.— Geol. of Sussex, pi. 40 , fig. 1. pi. 33 , Hg. 12 et pi. 34, fig. 1 et 2.
C'est une espèce très-remarquable dont on possède de nombreux et beaux fragmens, mais dont l'affinité générique restera douteuse , aussi long-temps qu'on n'aura pas trouvé un exemplaire entier montrant la disposition exacte de toutes les nageoires. En attendant , tout porte à croire qu'elle appartient à la famille des Clupes ou plutôt des Salmones. Les différentes parties du corps dont nous possédons les débris, sont d'un grand intérêt sous le rapport ostéologique.
Il existe dans la collection de M. Mantell plusieurs fragmens du tronc qui font supposer un poisson élancé , d'au moins un pied et demi de long , en admettant que la dorsale , comme c'est ordinairement le cas dans la famille des Salmones et des Clupes , était située au milieu du corps (Tab. 60 6, fig. 1 et 60 c, fig. i et 2). On ne saurait méconnaître dans ces fragmens une certaine physionomie qui rappelle nos Brochets. La tête est aplatie et paraît avoir été contenue à-peu-près quatre fois dans la longueur du corps. Le tronc n'est renflé en aucun endroit du corps et il est probable qu'il se rétrécissait très-graduellement vers la queue. Il est uniformément revêtu de grandes et belles écailles qui sont évidenmient cycloïdes , et dont la substance a dû être très-solide , puisqu'elles se sont si bien conservées. J'en compte douze rangées longitudinales superposées au devant de la dorsale (Tab. 60 6, fig. I). Au milieu de chaque écaille se voit parfois une petite ligne longitudinale qui passe d'une écaille à l'autre, et qui rappelle à certains égards ces arêtes muqueuses qui existent sur les écailles des Salmones, ù l'époque du frai ; cette même carène se voit aussi sur les écailles de la ligne latérale , qui diffèrent des autres en ce qu'au lieu d'être simplement elliptiques , elles sont en forme de cœur de carte (Tab. 60 6, fig. I et 6 , et Tab. 60c, fig. 2 ). Les nageoires sont fort endommagées dans les fragmens que l'on possède ; cependant il paraît que la dorsale occupait à-peuprés le milieu du dos. D'après ce qu'il en reste sur plusieurs fragmens , elle est composée de 'rayons serrés qui ont l'air d'être articulés et branchus. Les ventrales qui sont fort petites s'insèrent un peu en arrière de la dorsale. L'anale et la caudale ne sont pas connues. Les pectorales sont conservées dans un seul exemplaire (Tab. 60 6, fig. 2), où elles se voient d'en dessous , le poisson étant couché sur le dos ; elles sont amples et composées de rayons branchus. La tête est la partie la mieux conservée ; aussi en étudiant en détail les différens exemplaires que possède M. Mantell , on parvient aisément à reconstruire le crâne et la face. Dans la fig. 1 de Tab. 60 c, on reconnaît au milieu de la tête les deux pariétaux qui sont précédés des deux frontaux , et sur les côtés les os de l'appareil operculaire. Ces mêmes os notamment l'opercule , le préopercule , l'interopercule et les rayons branchiostègues se voient de profil dans
106 — la fig. â ; mais c'est surtout dans l'exemplaire de fig. i , Tab 60 6, qu'ils sont distincts. Nous y reconnaissons d'abord l'opercule tronqué en avant et arrondi en arrière, et montrant des plis rayonnant sur son pourtour. Au dessous se voient le sousopercule et l'interopercule ; le premier très-long et d'égale largeur d'un bout à Tautre , le second triangulaire. Au dessous sont les rayons branchiostègues dont les supérieurs , fort larges , se rétrécissent de haut en bas. Le passage des pièces operculaires aux rayons branchiostègues est très-insensible. Les os des mâchoires sont en général grêles ; on distingue le maxillaire inférieur, le maxillaire supérieur et l'intermaxillaire. La gueule est peu fendue; quant aux dents , il n'en existe aucune trace dans cet exemplaire, mais je les ai retrouvées sur d'autres fragmens (Kg. 3 et k) que j'ai tout lieu de croire identiques ; ce qui vient à l'appui de l'opinion que le poisson est un Salmone , c'est qu'elles sont inégales ; celles de la mâchoire supérieure sont très-grosses et fort espacées ; celles de la mâchoire inférieure sont plus petites , plus nombreuses et plus serrées. Le squelette n'est connu f{ue par quelques parties isolées , car dans la plupart des exemplaires, la charpente osseuse est recouverte d'écaillés; je n'ai vu que des vertèbres isolées, les dernières caudales entre autres m'ont paru d'une structure particulière , étant plus hautes que longues ( Tab. 60 c, fig. 5).
Pour l'intelligence des deux planches que je consacre à cette espèce , je vais récapituler d'une manière succincte la signification des figures.
Tab. 60 6, fig. i. Partie antérieure du tronc avec la tête et une partie de la dorsale. Fig. 2. Autre fragment de la partie antérieure du corps ; la queue y est en mauvais état. On voit les pectorales et les ventrales qui montrent que le poisson était abdominal.
Fig. 3. Mâchoire supérieure vue en dessous ; deux rangées de dents entourent les branches de la mâchoire inférieure.
Fig. 4. Même tête de profil montrant le rapport des dents dans les deux mâchoires. Fig. 5, Portion de crâne vue en dessus, et montrant les occipitaux , les pariétaux , les frontaux et l'ethmoïde.
Fig. 6. Ecailles de la ligne latérale dans leur superposition , vues à la loupe. Fig. 7. Ecaille isolée vue à la loupe, montrant les sillons rayonnans du bord postérieur et les lignes concentriques.
Tab. 60c, fig. 1. Partie antérieure du tronc vue d'en haut, montrant les os du crâne. Fig. 2, Partie antérieure du tronc vue de profil, montrant l'appareil operculaire, la dorsale, les ventrales et les pectorales.
Fig. 3. Portion de tête montrant les mâchoires.
Fig. k. Partie de l'appareil operculaire comprenant l'opercule, le subopercule et les rayons branchiostègues.
Fig. 5. Portion de la colonne vertébrale, montrant les premières vertèbres caudales dans leur position naturelle avec leurs apophyses allongées pour soutenir la caudale. Fig. 6. Quelques vertèbres isolées avec des apophyses détachées.
Fig. 7. Fragment de rayon de la nageoire. Fig. 8. Ecaille grossie à la loupe.
Tous ces échantillons proviennent de la craie de Lewes et se trouvent dans la collection de M. Mantell.
J'ai encore distingué une autre espèce d'Osméroïdes de la craie de Lewes , que je décrirai dans mes Supplémens. En attendant, je l'ai inscrite dans mes notes sous le nom d'OsMEROiDES
GRANULATUS.