‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 131 sur 156 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DES GENRES ACROGNATHUS ET AULOLEPIS Agass.

Il existe dans la craie blanche de Kent , outre VOsmeroidés lewesiensis , des débris de plusieurs autres poissons que je crois appartenir à la famille des Salmones ou des Clupes. Mais comme la plupart de ces débris sont trèS-détériorés et que par une particularité assez curieuse, l'enveloppe tégumentaire est seule bien conservée, on conçoit que la détermination offre de grandes difficultés dans une famille aussi nombreuse en genres et en espèces, que la famille des Halécoïdes. Aussi n'est-ce que provisoirement et plutôt pour ne pas confondre sur une vague ressemblance ces fragmens incomplets de la craie avec d'autres poissons mieux connus que je les décris ici sous des noms génériques particuliers. En relevant les principaux caractères que j'ai cru remarquer dans les exemplaires incomplets dont je dispose, je mettrai peut-être ceux qui possèdent des individus plus parfaits en demeure d'assigner définitivement à ces poissons la place qui leur convient dans le système.

i° Du GENRE AcROGNATHUS Agass.

AcROGNATHUs Boops Agass.

Vol. n, Tab. 60 o, fig. i-4.

Le poisson que je décris sous ce nom est de petite taille, et il est probable que sa longueur n'excédait pas quatre à cinq pouces. C'est un poisson abdominal , ainsi que l'indique la position des ventrales dans l'exemplaire figuré. Or ce fait-, joint à la structure des écailles qui sont grandes et distinctement cycloïdes , m'engage à placer ce poisson dans la division des Malacoptérygiens abdominaux, dans le voisinage des Osmerus. La tête est grande, large et aplatie, et il paraît que cet aplatissement s'étend aussi au reste du corps, à moins qu'il ne soit accidentel dans mon exemplaire. La tête égale au moins le tiers de la longueur totale. La gueule est largement fendue et paraît être armée de dents en brosse. L'orbite est très-grande, et c'est cette circonstance qui a valu à l'espèce le nomd'.-^. Boops. Le crâne, en revanche, est très-étroit (fig. 3). Les nageoires n'ont laissé que des vestiges imparfaits. La caudalç a dû être vigoureuse; à en juger d'après la forme de la queue, on dirait même qu'elle était inéquilobe ;

mais il est probable que cette (lis|)osilion n'est qu'accidentelle. Fj'anale est très-reculée (fig. 2 et 3). Les ventrales sont rapprochées des pectorales. La dorsale, dont il n'existe que des traces imparfaites (fig. I et 2), Jivait son insertion tout près de la nuque. Les pectorales enfin sont petites et composées de rayons fins et peu développés (fig. 3). Les écailles sont, ainsi que nous l'avons dit plus haut , la partie la mieux conservée du corps ; elles sont très-grandes et l'on peut conclure de leur étroitesse qu'une grande partie de leur surface était recouverte par l'imbrication ; ce qui rendait par là même l'enveloppe tégumentaire plus solide. La ligne latérale est très-distincte et le canal miiqueux doit avoir été fort large.

C'est une espèce propre à la craie de Lewes. L'exemplaire figuré, le seul que je connaisse, fait partie de la collection de M. Mantell. Ma fig. I le représente du côté gauche; la fig. 2 , du côté droit; la fig. 3, d'en haut, et la fig. k en dessous.

2° Du GENRE AuLOLEPis Agass.

AuLoiEPis TYPus Agass.

Vol. 5, Tab. 60a, fig. S-8.

Les matériaux d'après lesquels j'ai établi ce genre sont à certains égards encore plus défectueux que ceux de V Acrocjnathus Boops , que nous venons de décrire , et à vrai dire ils se réduisent à un seul exemplaire dont la tête et les nageoires sont même très-défectueuses.

C'est un poisson assez trapu et qui par sa physionomie générale, comme par son squelette extérieur et tégumentaire, se rapproche de nos Salmones actuels. La tête paraît être assez haute; le museau est effilé et les mâchoires, d'égale longueur, sont armées de petites dents coniques très-distinctes. La colonne vertébrale qui n'est à découvert que dans la partie postérieure du tronc , est composée de vertèbres robustes plus longues que hautes, du moins dans cette partie du corps , ensorte qu'en combinant leurs dimensions avec la longueur du poisson, on trouve qu'il ne pouvait guère y en avoir plus de vingt à vingt-cinq. Les apophyses épineuses sont vigoureuses et les inférieures sont notablement plus longues que les supérieures, mais en même temps plus grêles. Les corps de vertèbres ont de chaque côté trois cavités longitudinales distinctes. Il n'existe que des débris incomplets des nageoires. La caudale est supportée par un large pédicule surmonté de rayons assez gros , articulés jusqu'à la base. Les pectorales sont composées de rayons longs et grêles ; il en est de même des ventrales , qui ont leur insertion à-peu-près à la moitié du corps. L'anale est appuyée par de très-petits osselets dont il existe quelques traces à moitié distance entre les ventrales et la caudale. Les écailles sont ce qu'il y a de plus parfait dans notre exemplaire : elles sont grandes , plus hautes que longues et marquées de stries concentriques qui, examinées à la loupe, se présentent sous la forme d'autant de fins traits, tandis que le milieu de l'écaillé est granulé; leur contour est subangulaire. Les écailles de la ligne latérale ont un contour un peu différent, en Vol. V, 2= Part. 15

— noce qu'elles sont tronquées en arrière. Le canal muqueux est très-élargi à sa base ; il se rétrécit en arrière en un tube très-étroit qui s'étend jusque près du bord de Técaille , comme on le voit par le dessin grossi de fig. 6. Les fig. 7 et 8 représentent deux vertèbres du même poisson.

L'original se trouve dans la collection de M. Mantell et provient de la craie de Lewes. Il en existe aussi quelques fragmens dans la collection de Lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton , qui proviennent de la même localité.

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