IV. Clupea brevissima Blainv
Vol. S,Tab. 61,fig. 6-9.
Stn. Clupea brevissimus De Blainv. Ich. p. 60.
Le nom de cette espèce en indique le caractère principal, qui consiste dans sa forme trèstrapue. L'on pourrait même douter que ce fût une Clupe, si elle ne possédait tous les caractères essentiels du genre, et entre autres des côtes sternales très-distinctes. La hauteur égale ToM. V, 2» Part. 16
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plus du tiers de la longueur, en y comprenant la caudale qui est longue. On ne saurait attribuer cette grande largeur à un accident , attendu qu'elle se retrouve sur tous les exemplaires dont les contours sont parfaitement conservés. J'en ai représenté quatre , afin d'en compléter autant que possible l'anatomie. La dorsale occupe au moins le tiers du bord dorsal ; elle est composée d'une vingtaine de rayons, nombre qu'on rencontre rarement chez les Clupes. L'anale en a encore davantage ; aussi s'étend-elle jusqu'à l'origine de la caudale , et l'espace qu'elle occupe est au moins égal à celui de la dorsale. En tirant une ligne verticale correspondant à l'insertion de l'anale , cette ligne rencontrerait l'insertion des derniers rayons de la dorsale (fig. 7, 8 et 9). La caudale n'a rien de particulier, si ce n'est qu'étant assez grêle . elle contraste par là avec la forme trapue du tronc. Les ventrales et les pectorales sont trèspetites. La colonne vertébrale est grêle ; et ce qu'il y a de remarquable , c'est que les vertèbres, loin d'être plus courtes que dans les autres espèces, comme on devrait s'y attendre, sont , au contraire , plus longues que hautes ; aussi n'en compte-t-on qu'une trentaine , dont quinze caudales et à-peu-prês autant d'abdominales. Les côtes se combinent d'une manière si intime avec les côtes sternales, qu'elles ne présentent qu'une ligne homogène et continue. Les apophyses sont très-grèles; les supérieures sont à peine plus distinctes que les arêtes musculaires auxquelles elles donnent naissance. Les osselets sont petits et grêles ; ils ne paraissent pas suivre un ordre régulier dans leur disposition; car il y en a tantôt un, tantôt plusieurs qui correspondent à une apophyse. La tête est plus longue que haute ; elle est contenue à-peu-prês trois fois et demie dans la longueur du corps. On distingue fort bien dans le petit exemplaire de fig. 6 les principaux os du crâne et de la face , en particulier l'appareil operculaire.
Par sa forme trapue le Clupea brevissima se rapproche un peu du genre Pristigaster. Cependant la présence de ventrales qui manquent complètement dans le genre du Brésil et qui sont très-distinctes dans l'espèce fossile , prouve jusqu'à l'évidence que c'est bien au genre Clupea qu'il faut la rapporter.
C'est une espèce assez fréquente, à ce qu'il paraît, dans les schistes du Liban. Les originaux de mes figures font partie de la collection de M. Régley et de celle de M. Amie , à Paris ; j'en ai vu de nombreux exemplaires au Musée britannique. Il y en a un exemplaire au musée de Zurich, qui provient du Mont-Carmel.