CHAPITRE YlII
DU GENRE HALEC Agass.
Le caractère essentiel de ce genre réside dans la structure de la tête, qui présente une frappante analogie avec la tète des Elops , dont nous avons décrit plus haut le squelette (p. 100, Tab. G , fig. 1). Elle est fort large et aplatie en dessus. La gueule est fendue jusque derrière l'orbite , et , comme l'os de la mâchoire inférieure est très-étroit , sa longueur n'en ressort que mieux. L'os jugal est triangulaire , large et gros. L'orbite est grande et le crâne semblable à celui des Corégones. Les frontaux sont longs et étroits. Le suprascapulaire est fort grand . large et arrondi en arrière. Le scapulaire est un petit os allongé transversalement. Les dents sont en brosse , à l'exception de quelques-unes plus grandes et plus coniques , à la mâchoire inférieure près de son articulation. Le tronc est d'une grande régularité et le squelette fort semblable en tout à celui des Salmones. L'humérus cependant est conformé d'une manière un peu différente ; il est large en avant et légèrement arrondi et saillant en arrière, comme chez les Carpes. Le préopercule est étroit , à-peu-près droit , quoique les pièces operculaires en général soient larges et plates. Les corps de vertèbres sont petits, aussi hauts que longs, et leurs faces articulaires sont saillantes. Les apophyses épineuses sont longues et grêles. Les nageoires sont très-développées , à en juger d'après ce que nous en connaissons. La seule espèce qui soit assez bien connue, est le Halec Sternbergii ; c'est celle qui m'a servi de guide dans l'établissement du genre.
Halec Sternbergii Agass.
Vol. 5 , Tab. 63.
L'espèce que je dédie à M. le comte de Sternberg a été découverte parce savant distingué, dans le Plaener de Bohême. L'original se trouve au Musée de Prague. C'est un poisson de grande taille ; le fragment que j'ai figuré a plus d'un pied de long, bien qu'il ne s'étende pas au delà de la région abdominale. Sur toute cette étendue , la largeur du tronc n'égale en aucun endroit celle de la tête, et le squelette, peu massif en lui-même, n'en paraît que plus grêle, si on le compare avec cette tète robuste. J'ai indiqué plus haut en caractérisant le genre la conformation particulière de ses différens os. Les apophyses épineuses sont longues ; on en
voit surgir six derrière la ceinture thoracique , et c'est avec la sixième qu'apparaît le premier osselet interapophysaire , qui est remarquable par ses grandes dimensions , ayant près de demi-pouce de large. Peut-être est-il composé de la réunion de plusieurs osselets primitivement désunis. Les deux ou trois suivans sont également vigoureux et fort longs. Le rapport de ces osselets avec les apophyses est probablement le même que chez les Clupes , et ce n'est sans doute que par hasard qu'il paraît si compliqué dans notre exemplaire. Mais ce qui a lieu d'étonner, c'est la minceur extrême des apophyses comparées à ces osselets. Les rayons de la dorsale sont très-vigoureux , larges et fort longs. Le premier est simple , mais articulé près de la pointe. Les suivans sont plus longs, articulés dans toute leur longueur, mais également indivis. Les pectorales ont dû être également grandes ; car le seul rayon qui reste est trèsvigoureux. Les côtes ne présentent rien de particulier ; les premières sont un peu plus longues et plus épaisses que les suivantes; toutes portent des arêtes musculaires. Il n'existe aucune trace de côtes sternales. Notre exemplaire n'a conservé ni ses ventrales, ni son anale; mais il paraît toutefois que la vingt-troisième vertèbre , en tenant compte des six premières apophyses épineuses qui se montrent derrière. la nuque, était la première caudale. Les apophyses inférieures sont longues et étroites.