I. Gasteronemus rhombeus Agass
Vol. 5. Tab. 2.
Gasteracantlius rliomboïdalis Agass. Gâtai, manuscr. — Zeus rhombeus de Blainv. Dictionnaire des sciences naturelles; Ichtliyol. pag. Sa. — Scomber rhombeus Ittiolit. veron. Tab. i8.
Ce poisson paraît être le plus commun de ceux que l'on rencontre au Monte-Bolca , car j'en ai vu des exemplaires dans presque toutes les collections que j'ai examinées. Les plus beaux et les plus nombreux se trouvent dans les Musées de Paris, de A/ienne, de Munich et de Carlsruhe. Il y en a également dans les collections de MM. Brongniart et Régley à Paris, et au Musée de Strasbourg. Les originaux de mes planches sont au Musée de Munich : sur la fig. i. on étudiera mieux l'ensemble des parties de ce poisson; la fig. 2. représente plus nettement le détail des parties. C'est au Musée de Paris que se trouvent les plus grands exemplaires, qui ont près d'un pied de long; il y en a plusieurs dans un état parfait de conservation ; l'un de ceux du Musée de Carlsruhe présente un caractère de l'espèce plus complètement que je n'avais eu occasion de l'observer jusque là ; c'est le prolongement excessif du grand rayon simple des ventrales, qui surpasse de beaucoup la longueur totale de ce singidier poisson. En avant de ce grand rayon, on voit un petit onglet simple, et en arrière quelques rayons articulés très-fins et très-courts. La forme du corps est à peu près celle des Vomers, avec cette différence seulement que dans le Gasteronemus c'est l'abdomen et la ceinture thoracique qui fait saillie plutôt que la partie supérieure de la tête.
La colonne vertébrale est composée de vingt-quatre vertèbres grêles et assez courtes, dont les apophyses épineuses sont très-longues, minces dans leur partie inférieure, et dilatée en forme de fer de lance par une bifurcation de la lame de leur extrémité. Quatorze vertèbres forment la queue, et dix la cavité abdominale; les côtes qui sont insérées sur celles-ci , sont très-courtes et fort minces. La dernière vertèbre caudale est aplatie et porte avec les deux vertèbres précédentes les rayons de la nageoire caudale , qui est très-fourchue. Sur la dernière vertèbre sont insérés tous les rayons articulés et fendus qui sont au nombre de quinze ; il y en a huit au lobe supérieur et sept au lobt inférieur; l'avant-dernière porte de part et d'autre un grand rayon simple, et l'antépénultième cinq ou six petits rayons latéraux simples , insensiblement plus grands du côté du grand rayon externe. On peut donc formuler, comme suit, les l'ayons de celte nageoire : 5 ou 6. , L , 8. ; 7. , L , 5 ou 6.
Les osselets interapophysaires inférieurs sont extrêmement développés ; ils s'unissent
tous les uns aux autres par de larges crêtes, et forment ainsi une paroi osseuse continue ; leur extrémité inférieure, à laquelle s'attachent les rayons de l'anale, est plus épaisse et porte de plus une crête latérale frangée . Les quatre premiers sont très-longs et atteignent presque le corps de la Acrtèbre d'où descend la première apophyse épineuse caudale inférieure, au bord antérieur de laquelle ils s'attachent. Les osselets suivans vont en diminuant de longueur d'avant en arrière ; ils se fixent par paires dans chaque intervalle de deux apophyses successives. Yers le bout de la queue, les interapophysaires sont plus nombreux encore; il y en a jusqu'à trois et même quatre entre les dernières apophyses épineuses. Il y en a, en tout, trente-deux qui sont disposés comme suit, entre les première et douzième vertèbres caudales : en avant de la première apophyse , quatre ; entre la première et la seconde , trois ; entre la seconde et la troisième , deux ; entre la troisième et la quatrième, deux; entre la quatrième et la cinquième, deux; entre la cinquième et la sixième , deux ; entre la sixième et la septième , deux ; entre la septième et la huitième , deux; entre la huitième et la neuvième , deux ; entre la neuvième et la dixième, trois; entre la dixième et la onzième, quatre; entre la onzième et la douzième , quatre. Ils portent tous de très-petits rayons, très-courts, mais larges, triangulaires, fourchus et articulés; le dernier interapophysaire en porte deux.
Les osselets interapophysaires supérieurs sont plus grêles et moins longs que les inférieurs ; ils forment aussi une paroi osseuse , mais moins continue et plus mince que celle de Tanale ; comme dans le Vomer. L'interapophysaire antérieur de la dorsale est fortement dilaté dans sa partie antérieure ; les osselets qui ne portent pas de rayons sont les plus grands, et dilatés à leur extrémité supérieure. Ils sont répartis comme suit : en avant de la première apophyse épineuse des vertèbres abdominales , un sans rayon ; entre la première et la seconde, deux sans rayons ; entre la seconde et la troisième, un ; entre la troisième et la quatrième, un; entre la quatrième et la cinquième, un; entre la cinquième etla sixième, deux; entre la sixième et la septième, deux ; entre la septième et la huitième , deux ; entre la huitième et la neuvième , deux ; entre la neuvième et la dixième , deux ; entre la dixième abdominale et la première dorsale des vertèbres caudales, deux; entre la première et la seconde , trois; entre la seconde et la troisième, deux ; entre la troisième et la quatrième , trois ; entre la quatrième et la cinquième , deux ; entre la cinquième et la sixième , deux ; entre la sixième et la septième , deux ; entre la septième et la huitième, trois ; entre la huitième et la neuvième, deux ; entre la neuvième et la dixième, trois; entre la dixième et la onzième, quatre; entre la onzième et la douzième, quatre. Il y en a donc, en tout, quarante-six, dont trois ne portent point de rayons. Les rayons antérieurs de la dorsale sont un peu plus longs que les suivans; les trois premiers sont des crochets très-courts , le quatrième est un grand rayon simple ; les dix rayons suivans vont en diminuant de longueur ; puis ils sont tous
comme à l'anale. Je ne puis déterminer exactement le nombre de ceux qui sont entre les sixième, septième et huitième vertèbres abdominales j pi'obablement que c'est encore comme à l'anale.
Les os du bras sont très-bien conservés. On voit, en avant, l'humérus et le cubitus dirigés vers la queue de l'os hyoïde , et séparés par une large échancrure : en arrière , l'apophyse styloïde qui s'attache au premier interapophy saire de l'anale par une suture osseuse. Cette apophyse est aplatie, large et relevée dans son bord antérieur par une crête arrondie. Les pectorales sont assez grandes, en forme de triangle, dont les angles sont arrondis; les rayons qui la composent sont plats, fourchus, articulés, et d'une substance plutôt cornée qu'osseuse. Les rayons sont au nombre de seize, dont les supérieurs sont un peu plus larges; le premier est simple.
Le bassin est un os bifurqué , auquel s'attache de chaque côté le long rayon des deux ventrales. Cet os est dilaté dans sa partie inférieure, et rétréci en haut , en forme d'apophyse qui s'avance entre les deux cubitus ; il est si disproportionnément grand , qu'on a de la peine à reconnaître en lui un os pelvique , et à rapporter les pièces de la ceinture thoracique auxquelles il s'attache, à leurs analogues chez les autres poissons.
Je ne puis déterminer exactement le nombre des rayons branchiostègues ; on en voit sept dans différens exemplaires. La tête est de moyenne grandeur ; arrondie en arrière et dans sa partie inférieure , elle se termine en avant par une mâchoire inférieure plus allongée que la supérieure. Le sphénoïde long et mince délimite le bas de la vaste orbite, dans le fond de laquelle on aperçoit quelquefois des traces du pigment noir de l'œil ; la crête occipitale est très-élevée, très-large, et dirigée en avant. L'os transverse est également visible et très-bien conservé. Il en est de même de l'arête du préopercule qui est ployé presqu'à angle droit. L'opercule est large et arrondi. La mâchoire inférieure caractérisée par sa large apophyse coronaire, est aussi très-bien conservée.
Cette espèce n'a encore été trouvée qu'au Monte-Bolca , près de Vérone.