II. Gasteronemus oblongus Agass
Vol. 5. Tab. I.
Au Muséum d'histoire naturelle de Paris, il y a deux plaques correspondantes, dans un état parfait de conservation, représentant une seconde espèce du singulier genre Gasteronemus, dont elle vient confirmer les caractères. Elle n'est pas représentée dans rittiolitologia veronese. De Blainville n'en fait pas mention non plus.
Ce poisson, si remarquable dans son ensemble par sa grande affinité avec le G. rhombeus, en diffère beaucoup pour la forme. C'est im oblong régulier , dont le bord supérieur est un peu plus droit ; sa longueur est exactement le double de sa hauteur. Proportion gardée, la tête est plus grande dans cette espèce que dans le
G . rliomheus ; la saillie abdominale est moins forte et par conséquent son profil moins droit, plus arrondi et moins haut. L'osselet styloïde, les premiers interépineux de l'anale, la saillie de la ceinture thoracique formée par l'humérus et \<* cubitus, les os du bassin et la queue de l'os hyoïde , quoique parfaitement dans les mêmes rapports de connexion et de composition, sont cependant beaucoup plus courts, moins larges, moins développés et proportionnellement plus petits. Le grand rayon des ventrales paraît aussi plus court, et quoiqu'il ne soit pas entier dans l'exemplaire que je décris, cependant, à en juger par la diminution rapide de son diamètre, il n'atteint pas à beaucoup près les dimensions de celui du G. rhombeus. Les pectorales, du reste assez mal conservées, ne paraissent présenter aucune différence. Le dos est plus droit que dans la grande espèce de ce genre, et tout d'une venue, de la nuque jusque vers la fin de la dorsale, où il s'abaisse pour former la tige de la queue.
Quant à la tcte, les proportions des parties sont à peu près les mêmes dans les deux espèces, seulement le G. oblongus l'a moins arrondie; la crête occipitale, sans être aussi élevée, se dilate davantage en arrière; les branches de la mâchoire inférieure sont moins élevées et les pièces operculaires plus courtes dans leurs dimensions verticales.
La colonne vertébrale est composée , comme dans le Gasteronemus rhombeus , de petites vertèbres, à apophyses épineuses très-grêles, très-longues et légèrement dilatées à leur extrémité. La seule différence qu'on y observe, c'est que si les apophyses inférieures sont ici proportionnellement plus courtes que dans le G. rhombeus, les supérieures sont un peu plus longues , d'où il résulte la plus grande symétrie dans les portions supérieure et inférieure du tronc. Le nombre des vertèbres est le même; l'anale est aussi exactement conformée de la même manière, même pour le nombre des rayons et les proportions des osselets interapophysaires , dont les antérieurs seulement sont plus courts et moins disproportionnés , comparativement aux suivans. La caudale des deux espèces a la même forme. Il y a 6. L 8.; 7. L 6. rayons. La dorsale n'offre pas non plus de différences dans sa composition , seulement les interapophysaires qui la portent sont un peu plus grêles et plus courts que dans le G. rhombeus. Du reste la forme de la nageoire et le nombre des rayons sont exactement les mêmes.
Il y a, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, deux plaques correspondantes de ce beau poisson, dans un état parfait de conservation , provenant du Monte-Bolca. Je ne l'ai observé nulle part ailleurs.