CHAPITRE III
DU GENRE ACANTHONEMUS.
De Blainville a déjà reconnu l'identité de deux iclithyolithes figurés dans ITttiolitologia A'eronese sous les noms de Zeus Gallus et de Chaetodon aureus , mais qui ne diffèrent que par la taille et par conséquent par l'âge. Nous avons donc lieu d'être surpris, que de Blainville ait pu, apiès cela, les considérer encore comme un Chœtodon , voisin du Pomacantlius aureus , tandis qu'ils doivent être rapportés à une autre famille, à celle des Scombéroïdes. Les auteurs de l'Ittiolitologia veronese, quelque inconcevables que soient du reste leurs déterminations des poissons du Monte-Bolca , en nommant l'un d'eux Zeus Gallus , lui ont assigné sa véritable place à côté des Vomers et des Zeus.
En effet ces icbthyolitbes , dont le Musée de Paris possède quatre plaques parfaitement conservées, appartenant à deux individus seulement, et qui sont les originaux des planclies de l'Ittiolitologia, doivent constituer un genre particulier, voisin des Vomers, mais plus encore des Zeus et des Equula.
Ce sont des Equula dont toute la dorsale épineuse a des rayons extrêmement prolongés , ainsi que les épineux antérieurs de l'anale ; de plus lemuseau également protractile, comme le font voir les deux individus que nous décrirons, dont l'un aies mâchoires sorties, tandis que l'autre les a rentrées. Les dents ressemblent aussi beaucoup à celles des Equula, c'est-à-dire, qu'elles sont en brosse fine. Un autre caractère très-saillant du genre Acanthonemus Agass., c'est la dilatation considérable des apophyses épineuses , et la grosseur des osselets interapophysaires. Il y a quelque chose de surprenant au ci'âne , c'est que ses os sont sculptés en granelure saillante.
Comme le squelette de l'Equula setigera (Yol. 5. Tab. B.) peut faire ressortir plus clairement les caractères essentiels du fossile que nous allons décrire , je dois en donner aussi la description :
Le nombre des vertèbres est de dix abdominales et de treize caudales ; leur corps est petit, mais les apophyses épineuses sont d'autant plus considérables : les antérieures deTabdomen sont très-grosses , et fortement dilatées dans toute leur longueur , excepté la première qui n'est qu'une grande épine ^ celles du milieu du tronc et les anales antérieures sont très-longues -, les dernières , dont le corps est plus allongé , mais moins haut , ont de très-petites apophyses , dans les trois dernières surtout elles sont courtes
et dilatées de manière à former la plaque d'insertion de la caudale qui est fourchue.
Les osselets interapopliysaires n'ont rien de particulier , excepté le premier de la dorsale , qui forme une pointe horizontale en avant de la nageoire ; en avant de cet osselet, il y en a un autre qui ne porte point de rayon 5 le premier de l'anale se dilate en plaque triangulaire. La ceinture thoracique a une conformation très-singulière : le suprascapulaire bicorne est très-développé proportionnellement et le scapulaire est petit. Le prolongement de l'humérus au-dessus de l'insertion des pectorales est fort échancré, son extrémité est dirigée en bas, en pointe perpendiculaire ; son apophyse inférieure antérieure , très-allongée et fortement évasée , forme avec le cubitus , dont le bord postérieur est réhaussé , une large cavité pour l'insertion des muscles. La lame supérieure de l'osselet styloïde est large et son stylet est luimême fort grand et dilaté en fer de lance. Les os du bassin forment une large fourche.
Quant à la tête, tous ses os plats sont très-minces et papyracés, savoir l'opercule, le subopercule et l'interopercule , le temporal, le tympanal, le jugal et le ptérygoïde. La crête occipitale est très-élevée et son bord antérieur très-dilaté ; sur le milieu de chaque frontal il s'élève également une large crête qui va rejoindre les côtés de celle de l'occipital supérieur; sur le mastoïdien et sur le frontal postérieur il y a des crêtes moins élevées. Les sous-orbitaires sont réduits aune simple lame sur les côtés de l'ethmoïde; ils continuent ainsi les crêtes des frontaux et forment une large rainure dans laquelle se meuvent les apophyses des intermaxillaires. Ceux-ci ont des apophyses montantes prodigieusement longues , et qui égalent la longueur de tout le crâne.