‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 25 sur 156 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

DU GENRE CARANGOPSIS Agass.

On est tenté de confondre au premier abord les poissons que je réunis dans ce genre avec les Liches et les INaucrates , dont ils ont en effet la forme et la physionomie générale ; et il est d'autant plus difflcile de se prononcer sur l'identité générique , que les caractères d'après lesquels Cuvier a établi ses divisions dans la grande famille des Scombéroïdes , sont en partie empruntés à des parties molles de l'animal, qu'on ne peut par conséquent pas invoquer lorsqu'il s'agit d'espèces fossiles. En pareil cas, la détermination du genre est souvent plus difficile que celle de l'espèce, et il faut avoir à faire à des exemplaires très-bien conservés pour pouvoir prononcer avec quelque certitude sur l'affinité générique. Je réunis sous le nom de Carangopsis quelques poissons de moyenne taille , dont la charpente est robuste , et le corps , selon toute apparence, comprimé latéralement. Les mâchoires sont armées de dents en velours ras qui tapissent le vomer, et sont disposées par bandes sur les inlermaxillaires et les maxillaires inférieurs. Je n'ai pu savoir avec certitude s'il y en a également au palatin, mais j'ai quelque raison de le croire. Ce qui les distingue essentiellement des Liches, c'est l'absence d'épines en avant de l'anale, et d'une épine fixe dirigée en avant, à la première dorsale: d'un autre côté , les rayons de la première dorsale qui sont souvent réduits à de très-petites épines chez les Liches, sont en général plus développés dans notre genre ; mais il est difficile de dire s'ils étaient réunis en une nageoire par une membrane continue , ou s'ils étaient isolés. La seconde dorsale et l'anale sont opposées; elles commencent un peu au-delà de la moitié de la longueur, et s'étendent jusque près de l'origine de la caudale, se distinguant par là des Maquereaux (Scomber) et des Thons (Thynnus), chez lesquels ces deux nageoires sont beaucoup plus courtes. Il n'y a pas de rayons libres en arrière. Les osselets qui portent les rayons impairs sont beaucoup plus nombreux que les apophyses , du moins dans la partie postérieure du tronc , où il y en a ordinairement deux , et quelquefois même trois pour un apophyse. Ceux de la première dorsale sont garnis de fortes crêtes.

Les espèces de ce genre ne se trouvent que dans les terrains postérieurs à la craie. Toutes les espèces connues jusqu'ici proviennent de Monte-Bolca.

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