III. Carangopsis analis Agass
Vol.. S, Tab. 9, fig. I.
Syn. Polynemus Itt. ver. Tab. 7a , fig. 3. — Scomher. Itt. ver. Tiib. 69, fig. 1. — Maena analis Agass. Cat. Mss.
Cette espèce, très-bien caractérisée sous le rapport spécificjue, présente de graves difficultés quant au genre. Aussi a-t-elle été ballotée dans plusieurs genres fort différens. Volta la range tantôt parmi les Polynèmes, tantôt parmi les Maquereaux ; mais il est évident qu'elle n'a aucun rapport ni avec l'un ni avec l'autre de ces genres. Trompé par la ressemblance superficielle qu'elle offre avec certains Sparoïdes à mâchoires protractiles , je l'avais moi-même rapportée, à tort , au genre Maena , dans mes premières notes.
De fait, c'est avec les Liches et les Carangopsis qu'elle a le plus d'affinité; elle est même, à plusieurs égards, intermédiaire entre ces deux genres, et pout-être deviendra-t-elle par la suite l'anneau qui les unira , quand on aura vérifié sur un plus grand nombre d'espèces la valeur de leurs caractères respectifs. Nous nous bornerons pour le moment à indiquer les caractères de l'espèce.
C'est un poisson de taille médiocre. Sa plus grande hauteur est en avant de la première dorsale: elle est à la longueur comme 2 à 9. La tête est contenue à-peu-près quatre fois dan^ la longueur du corps. La colonne vertébrale est assez robuste ; toutefois les vertèbres s'amincissent d'une manière sensible vers la queue, ce qui fait paraître les vertèbres caudales plus allongées que les abdominales. Le nombre total des vertèbres est de vingt-quatre, dont quatorze caudales et dix abdominales. Peut-être cependant l'humérus et l'opercule en cachent-ils une onzième, ce qui porterait le nombre total à vingt-cinq. Les apophyses épineuses sont en général vigoureuses , à l'exception des dernières caudales , qui sont petites et fortement inclinées en arrière. Les côtes sont grêles et à peine aussi longues que les apophyses. Il en est de même des osselets interapophysaires ; il n'y a que ceux de la première dorsale qui fassent exception , parce qu'ils sont garnis de chaque côté de crêtes saillantes ; aussi leur nombre correspont-il exactement à celui des apophyses , tandis que ceux qui portent la seconde dorsale
et l'anale sont bien plus nombreux ; il y en a ordinairement deux pour une ai)opliysc ; ils sont tous dépourvus de crêtes laléi'ales.
Les nageoires méritent une attention toute particulière. Les deux dorsales sont séparées par une échancrure étroite, mais distincte. L'épineuse, composée de neuf rayons assez grêles et trèsra]>prochés , est supportée par huit osselets compris entre les f|uatrième et neuvième vertèbres abdominales. La dorsale articulée est bien plus longue ; aussi compte-t-elle un nombre bien plus considérable de rayons ; il y en a trente (jui vont en décroissant en arrière, et qui tous sont grêles et divisés à plusieurs reprises à leur extrémité. Les plus grands égalent la longueur des plus grands épineux. Les deux premiers seuls sont simples. L'anale s'étend, comme la dorsale molle , jusque près de l'origine de la queue ; ses rayons sont de même calibre et fort nombreux. Au devant des rayons mous, il y a , comme dans les Liches , trois petits épineux ; mais, au lieu d'être isolés , ils sont accolés contre les rayons mous et portés par les deux premiers osselets interapophysaires Le premier de ces osselets, celui qui ferme la cavité abdominale, est sensiblement plus long et plus fort que les autres. Le nombre total des rayons est de vingt-un, portés par autant d'osselets interapophysaires, qui sont tous compris entre la sixième et la quatorzième vertèbre caudale. Il y a par conséquent en tout vîngl-trois osselets interapophysaires et vingt-quatre rayons à l'anale. La caudale est large et profondément échancrée , supportée par les trois dernières vertèbres caudales , de telle sorte que la dernière vertèbre porte tous les rayons internes qui sont au nombre de quatorze, la pénultième, le grand rayon externe simple et ranlépénultième, sept à huit petits rayons latéraux. Formule : 9. I. 7; 7. L 9. Les pectorales sont petites et composées de rayons très-fins : je n'en compte pas moins de dix-huit dans notre exemplaire. Les ventrales ont des rayons beaucoup plus gros et divisés nombre de fois à leur extrémité ; il y en a au moins neuf dans notre exemplaire ; le premier paraît être indivis.
La tête n'est qu'imparfaitement conservée, cependant on reconnaît six rayons branchiostègues. L'opercule est assez large et arrondi. Les mâchoires paraissent être égales. L'œil est petit. Les écailles ont dû être très-petites, mais elles n'ont laissé en général sur la pierre que l'empreinte d'une granelure peu distincte. On remarque cependant à leur partie supérieure des lignes concentriques assez rapprochées, et à leur partie antérieure, des rayons divergens , à travers lesquels on observe encore des traces des lignes concentriques. La ligne latérale a dû être très-distincte; elle décrit une courbe dont la convexité est dirigée vers le dos, depuis l'angle postérieur supérieur de l'opercule, jusqu'à la onzième vertèbre caudale.
Cette espèce n'est pas bien rare à ce qu'il paraît à Monte-Bolca. Il en existe des exemplaires <lans les Musées de Munich et de Paris. L'exemplaire figuré fait partie du Musée de Munich et provient de la collection de Cobres.
Je décrirai ailleurs mon Carangopsis maximus, dont je n'ai pas pu donner la figure dans cet
ouvrage.
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