CHAPITRE XII
DU GENRE THYNNIJS Cuv.
Les Thons sont très-voisins des Maqueraux ou vrais Scomber. Ce sont . comme eux , des poissons très-réguliers , allongés , à colonne vertébrale robuste , ayant deux nageoires dorsales , dont une épineuse et une molle , et une série de petites nageoires isolées ou fausses pinnules en arrière de la dorsale et de l'anale. La tête est en général assez volumineuse ; les mâchoires sont dépourvues de dents. Mais ce qui distingue les Thons des Maqueraux , c'est que leur première dorsale au lieu d'être séparée de la seconde par un large espace , se prolonge jusque près de l'insertion de cette dernière. Les fausses nageoires sont en nombre plus considérable , et, ce qui est plus important , il n'y a pas d'épine libre en avant de l'anale. La caudale s'attache à la dernière vertèbre caudale , au moyen de fourches dont tous les rayons sont pourvus à leur base , et qui embrassent l'apophyse de la vertèbre , absolument comme chez les Tetrapterus. Les écailles présentent aussi une particularité des plus remarquables ; elles ne sont pas uniformes , connue celles des Maqueraux , mais les écailles du thorax , plus grandes et plus mattes que les autres, forment autour de cette partie du tronc une espèce de corselet qui se partage en arrière en plusieurs pointes. Enfin il est un dernier caractère auquel Cuvier attache peut-être une trop grande importance , et qui n'est d'aucun secours pour richthyologie fossile ; c'est que la queue a de chaque côté de sa partie la plus amincie une saillie cartilagineuse horizontale, longitudinale et tranchante, qui est beaucoup plus proéminente que les petites crêtes des Maqueraux.
Thynmts propter\guts Âgass.
Vol. 5, Tab. 27.
Syn. Scomber Pelamys Itt. ver. Tab. Mi. fig. 2. — Scomber trachurus Ut. ver. Tab. 29, fig. 2. — Ophicephalus striatus Ut. ver. Tab. 4S, fig. 1^ — Labrus hifasciatusht. ver. Tab. 50 , fig. 1. — De Blainv. Icli. p. 41 {bis) et 47. — Bronn. U. n°' 47 et 51.
L'auteur de l'Ichlhyologievéronaise place cette espèce simultanément dans trois genres diflérens. On voudra bien me dispenser de démontrer pourquoi ce ne peut être ni un Labre , ni un Ophicéphale. 11 ne pourrait y avoir de doute qu'entre le genre Thynnus et celui des Liches
ou des Naucrates ; mais heureusement il existe des traces incontestables de fausses pinnules en arrière de la dorsale molle , et cela seul suffit pour décider la question en faveur des Thons. Comme on est habitué à se représenter les Thons en général comme de très-gros poissons , on sera peut-être surpris des petites dimensions de notre espèce fossile ; mais il est à remarquer que parmi les espèces vivantes , il y en a d'aussi petites. D'ailleurs , les Scombres en général , plus que d'autres poissons , sont sujets à de grandes variations de taille.
Ce qui frappe au premier coup d'œil dans notre T. propterygim , c'est la longueur de la tète, qui n'est contenue que trois fois et demi dans la longueur totale ; et ce qui contribue encore à faire ressortir davantage cette particularité , c'est qu'elle est moins haute que dans la plupart des espèces vivantes ; sa hauteur est à sa longueur comme 3 à S. La colonne vertébrale est robuste , et les vertèbres sont d'une grande uniformité. Les apophyses sont longues et grêles. Celles de la région abdominale se font remarquer par une particularité de structure qui n'est pas sans importance pour l'analomie comparée. Ordinairement on est convenu d'envisager comme première apophyse épineuse inférieure celle qui est en arrière du premier osselet interapophysaire de l'anale. Ce qui est en avant, du côté de la région du Aentre. passe pour des côtes , et il n'est pas rare que ces côtes , au lieu de s'attacher au corps de la vertèbre , se soudent à l'extrémité d'apophyses qui passent pour des apophyses transverses , comme cela a lieu, entre autres, dans notre espèce. Mais ici nous voyons en outre que les premières apophyses épineuses que nous envisageons comme telles , parce qu'elles sont précédées d'osselets interapophysaires , ne sont pas attachées au corps de la vertèbre , mais bien à un processus inférieur qui ne parait être autre chose qu'une apophyse transverse. La conséquence de ce fait se résume par conséquent dans cette question sur laquelle les anatomistes ne sont pas encore d'accord. Des côtes peuvent-elles se rencontrer en arrière de la cloison abdominale? ou bien les premières apophyses épineuses inférieures des poissons conformés comme celui-ci sontelles formées de côtes soudées à des apophyses inférieures ?
Les premières côtes , celles qui sont fixées au corps même de la vertèbre , sont beaucoup plus longues que celles qui s'attachent aux apophyses inférieures. La première dorsale n'a conservé que cinq épineux précédés d'une très-petite épine ; mais comme ils sont d'ordinaire bien plus nombreux, et qu'en outre ils cessent d'une manière abrupte, au lieu de se raccourcir graduellement (comme c'est le cas chez toutes les espèces vivantes), il faut admettre qu'une partie de la nageoire a disparu. La seconde dorsale est très-fruste et composée de rayons très-grèles ; ceux de l'anale sont un peu plus gros. De tous les osselets interapophysaires, ceux de la première dorsale sont les plus grands; ce sont aussi les seuls qui soient garnis de crêtes latérales. Un caractère assez particulier de l'espèce et qui lui a valu son nom, consiste dans la position de la première dorsale qui est très-près de la nuque. Les pectorales sont petites , mais abondamment fournies de rayons très-fins : les ventrales en ont . en revanche , très-peu et de fort gros. La caudale est largement échancrée ; immédiatement avant son insertion , le pédicule de la queue se rétrécit notablement ; elle est supp'^rtée principale-
nieiit par la dernière vertèbre, «jiii se ililate à celte lin en mie large placiuc sur laquelle viennent s'insérer tous les rayons principaux de la nageoire. Les fausses pinnules, (|ui font suite à la seconde dorsale et à lanale. ne sont indi(piées dans notre exemplaire que par les osselets i niera pophysaires qui alternent en nombre égal avec les apophyses, et qui présentent en outre cette particularité, d'être fortement inclinées, de manière à faire presque un angle droit avec les apophyses. Les pimudes elles-mêmes ont disparu On sait que leur nombre varie de huit à dix et douze dans les espèces vivantes.
C'est une espèce de Monle-Bolca. L'original se trouve au Musée de Paris.
>Ion Thyjinus holceit.sis , dont je n'ai pas de dessin suffisannnent exact pour pouvoir être publié, est une espèce de Monte-Boica, de très-grande taille, figurée grossièrement dans richthyolitoli^gie véronaise, Tab 27, sous le nom de Scomher Thynnm.
Ton. V.