‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 75 sur 156 · II. COBITIS CEPHALOTES AgaSS · texte numérisé non relu

II. COBITIS CEPHALOTES AgaSS

Vol. 5, Tab. 5o, fig. 5, 6 et 7.

Le caractère le plus saillant de cette espèce gît dans la longueur extraordinaire de la tète, si toutefois cet allongement remarquable n'est pas le résultat d'une dislocation , comme on pourrait peut-être le supposer à raison de la position reculée des pectoralesj mais d'un autre côté l'on est en droit d'objecter que les pectorales peuvent tout aussi bien avoir été refoulées en arrière que la tête en avant , d'autant plus qu'aucune autre partie du squelette n'a été déplacée d'arrière en avant.

Le tronc atteint son maximum d'épaisseur près de l'insertion des ventrales et de la dorsale, qui sont placées vis-à-vis l'une de l'autre, au milieu du corps. La partie antérieure du tronc est très-étroite et la cavité abdominale en général peu spacieuse et très-allongée, l'anale étant tx'ès-rapprocliée de la caudale. En général le train de derrière paraît l'emporter par son volume sur la partie antérieure du corps. La queue surtout est forte et épaisse.

Il y a 21 vertèbres abdominales, outre les 3 nucliales et i4 + t caudales. Les corps des vertèbres, sans être bien gros, portent de fortes apopby ses épineuses tant supérieures qu'inférieures ; cependant les premières l'emportent sur ces dernières par leur taille; la quatorzième vertèbre caudale a deux apopbyscs supérieures. Les côtes sont fortes, et assez épaisses, mais trop déplacées pour pouvoir être comptées exactement. Les arêtes musculaires sont surtout nombreuses dans la partie caudale. La dorsale, qui est étroite, mais dont les rayons sont très-allongés, compte 9 osselets interapopliysaires, (dont les premiers sont inclinés presque horizontalement en avant) et 2. L 8 rayons. L'anale, sur 7 osselets, dont les premiers sont les plus larges, a i. L 7 rayons. La caudale, qui est très-fourchue ( fîg. 6), en a 7. L 8. 9. L 7. On ne peut indiquer avec précision le nombre de rayons des ventrales; j'en ai distingué 7 qui sont trèsallongés. 11 en est de même des pectorales qui paraissent en avoir eu au moins i5. Quant aux écailles, on en aperçoit bien quelques traces, mais elles ne sont pas assez bien conservées povu' pouvoir être décrites.

En somme le C. cephalotes se rapproche beaucoup du Gohio analîs, si fréquent dans les terrains d'Oeningen, et n'était la petitesse de ses écailles, il serait facile de le confondre avec cette espèce de Goujon. D'un autre côté on lui reconnaît aussi une grande ressemblance avec le Tincaleptosoma, qui cependant a l'anale bien moins rapprochée de la caudale et les pectorales plus rapprochées de la tête.

Fig. 5 et 6 sont dessinées d'après une double plaque du Musée de Carlsruhe. L'original de fig. 7 fait partie de la collection de M. Lavater de Zurich. Lord Cole en

possède également dans sa belle collection de vertébrés fossiles. Jusqu'ici cette espèce, comme beaucoup d'autres de la famille des Cyprins , n'a été trouvée qu'à Oeningen.

Alors même que la nature des roches , dans lesquelles on trouve ces poissons , n'indiquerait pas suffisamment que le fond des eaux, dans lesquelles ils ont vécu, était limoneux, la présence dans ces couches, de plusieurs espèces de Loches et en particulier du Cohitis cephalotes, qui a une si grande analogie avec le C. fossilis de notre époque , indiquerait d'une manière convaincante qu'il ne pouvait en être autrement. En effet chacun sait que l'espèce vivante de Cobitis à laquelle on a donné le nom de fossilis, vit dans les fonds vaseux, qu'elle s'enfonce même à des profondeurs considérables dans le limon pour y trouver encore de l'humidité , lorsque l'eau qui le couvrait a disparu. C'est cette habitude de s'enfouir, qui lui a valu le nom de fossilis et j'en fais ici expressément la l'emarque , pour que les paléontologistes peu familiers avec l'Ichtyologie , n'y cherchent pas une espèce fossile. D'ailleurs la grande ressemblance du C. cephalotes d'Oeningen avec le C. fossilis de notre époque me fait penser que le premier avait des habitudes analogues*, ce qui confirme le fait qui nous est déjà indiqué par la nature des roches, savoir que le lac d'eau douce d'Oeningen reposait sur un fond vaseux, dont le limon a servi de tombeau à ses milliers d'Iiabitans, lorsque ayant subi des modifications dans son niveau , ce bassin s'est en partie comblé et a cessé d'exister dans ses premières conditions , après avoir été recouvert par des couches marines.

CHAPITPxE III.

DU GEINRE GOBIO.

Les Goujons sont de petits poissons fusifornies. Les espèces vivantes sont fréquentes dans les eaux douces de l'Europe centrale, la partie supérieure du Nil et plusieurs rivières du Cachemir et des Indes orientales. Ils vivent ordinairement en petites troupes, aussi n'est-il pas rare d'en trouver plusieurs fossiles sur la même plaque. Leur présence dans les dépôts d'Oeningen en particulier vient à l'appui des considérations que j'ai présentées plus haut sur ce gisement et les circonstances climatologiques de ces contrées durant l'époque tertiaire.

Leurs formes comme leurs allures sont élégantes 5 la partie moyenne du tronc est légèrement renflée et va en s'atténuant jusqu'à l'extrémité de la queue, qui, suivant les espèces , est plus ou moins effilée ou obtuse. On remarque dans toutes les espèces deux barbillons aux angles de la bouche , mais ce caractère a nécessairement disparu dans les espèces fossiles ; cependant on les reconnaît facilement à leur dorsale opposée aux ventrales et conformée de la même manière que l'anale, c'est-à-dire que le grand rayon antérieur est simple, mais articulé transversalement. La caudale est plus ou moins échancrée. Les dents pharyngiennes placées sur deux rangées, sont coniques et légèrement recourbées à leur sommet. Les écailles, de moyenne grandeur, se font remarquer par leur extrême ténuité j leur bord postéi'ieur est quelque peu saillant.

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