V. Leuciscus leptus Agass
Yol. 5, Tab. 59.
Les débris de cette espèce, quoique fragmentaires, sont cependant assez bien conservés et assez complets pour résumer en eux les principaux caractères de l'animal dont ils pi'oviennent.
C'était un poisson du genre Leuciscus, ainsi que l'indiquent la dorsale opposée directement aux ventrales, les grosses écailles qui recouvrent le tronc et notamment la forme de la tête.
Fig. 3 représente un squelette à-peu-près entier, moins la partie postérieure et supérieure de la caudale, et très propre par conséquent à donner une juste idée des proportions et des rapports des diverses parties du corps entre elles. On n'y voit point, il est vrai, de trace des ventrales, mais comme le premier gros interapophysaire dorsal s'y trouve, on peut aisément se les représenter en place, en s'aidant de la fig. i qui représente la partie antérieure du même poisson, la tête et le tronc, jusque derrière les ventrales et la dorsale qui sont dans leur position respective. Fig. 4 sert à compléter la eau-
dale et fig. 2 donne une idc'e de la squammation en même temps qu'elle complète quelques parties de la tête moins distinctes dans les autres figures.
Après s'être assuré par les fig. i et 3 que la première apopliyse e'pineuse saillante au-dessus de la nuque est celle de la quatrième vertèbre abdominale et qu'entre elles et l'occiput il y a les trois vertèbres nuquales propres aux Cyprins, on a fait un premier pas vers une détermination rigoureuse du nombre des vertèbres. En poursuivant cet examen on arrive à reconnaître que, abstraction faite des trois vertèbres nuquales , c'est entre la huitième et la neuvième vertèbre qu'est inséré le grand osselet interapophysaire de la dorsale ^ et entre les quatrième et septième paires de côtes qu'est suspendu le bassin, à l'extrémité duquel s'articulent les ventrales, vis-à-vis du bord antérieur de la dorsale. Au moyen de la fig. 3 nous arrivons à reconnaître que c'est en avant de la dix-septième vertèbre qu'est fixé le premier interapophysaire de l'anale , que par conséquent il y a trois vertèbres nuquales et seize abdominales, dont quinze portent des côtes. Quant aux vertèbres caudales, la fig. 3 nous servira de nouveau de point de départ, et nous trouverons , en suivant d'abord l'empreinte des apophyses inférieures, puis les corps des vertèbres elles-mêmes, dix-sept vertèbres, y compris celle dont la longue apophyse inférieure porte les petits rayons de la caudale , par conséquent dix-sept vertèbres caudales , plus une qui porte la nageoire.
La dorsale qui n'est complètement conservée que dans la fig. i^ se compose de huit rayons mous, portés sur autant d'apophyses, d'un grand rayon simple et d'un plus petit correspondant au grand interapophysaire bicorne. Les ventrales (fig. i) ont neuf à dix rayons; les pectorales en ont quatorze ou quinze. On aperçoit dans l'anale (fig. 3) neuf osselets interapophysaires et autant de rayons, mais ils ne sont pas assez bien conservés pour qu'on puisse y reconnaître leurs proportions. La caudale (fig. 4) est fourchue; ses grands rayons sont portés sur une vertèbre aplatie; les extérieurs sur la dix-huitième, et les petits sur la dix-septième; il y a en tout 6. L 8, 9. L 6 rayons à la caudale.
Les arêtes musculaires sont en nombre considérable , très-fines et très-grèles ; elles s'étendent depuis la nuque jusqu'à l'extrémité de la queue.
Les écailles ont tous les caractères des écailles de Leucisques : elles sont grandes , concentriques, disposées par bandes parallèles, et pourvues de stries rayonnées qui partent du centre d'accroissement et se dirigent vers la périphérie (fig. 5 et 6), de telle manière cependant que le devant et le derrière de l'écaillé en sont plus abondamment fournis que les flancs.
La tête, quoique assez mal conservée, laisse cependant encore reconnaître plusieurs de ses parties. Fig. 3 montre distinctement le crâne, les deux grands et larges frontaux au-dessous de l'orbite, les sous-orbitaires , l'opercule , le subo-
percule et l'iateropercule, ainsi que le préopercule du côté droit. Fig. 3 montre les scapulaires, l'humérus et la mâchoire inférieure, derrière laquelle se trouve encore le jugal. Au-dessus se voit le symplectique, le pilon du temporal, et entirrière les débris du préopercule.
Il résulte de tout ceci que le L. leptus avait une assez grande affinité avec le L. Dobiila et le L. Jeses de nos lacs d'eau douce , dont il partageait 1^ forme et sans doute aussi les allures. Cependant sa taille était beaucoup plus petite et pius élancée, il avait de même la bouche plus petite et la mâchoire supérieure plus proéminente , comme le L. rodens et le L. majalis. Parmi les espèces fossiles c'est le L. œningensis qui lui ressemble le plus, mais ce dernier est plus aplati et plus large.
Les exemplaires figurés font partie de la collection de M. Leonhard, et proviennent du versant du Habichtswald , où ils ont été trouvés dans une couche argileuse que les Allemands appellent Polie rschiefer et qui appartient à la formation tertiaire.