VI. Leuciscus MA.CRURUS Agass
Yol. 5, Tab. 5iô, fig. I et 2.
Ce poisson se fait remarquer entre tous ses congénères par la solidité de sa charpente osseuse. La colonne vertébrale surtout est très-forte ainsi que les apophyses épineuses qu'elle porte , en particulier les dorsales qui sont toutes très-larges à leur base. Les arêtes musculaires sont parfaitement conservées dans les exemplaires figurés 5 elles naissent à la base des apophyses et sont inclinées de manière à former avec ces dernières des losanges plus ou moins réguliers.
La colonne vertébrale entière compte 33 vertèbres, dont i5 abdominales et i8 caudales. Dans l'un des exemplaires on voit les cavités coniques articulaires des corps de six vertèbres abdominales , qui par leur réunion forment des cavités carrées très-prononcées. Les côtes sont au nombre de 12 paires; elles paraissent moins fortes, proportion gardée, que les apophyses. En revanche les osselets interapopbysaires sont trèsvigoureux ; mais ce sont surtout les os du bassin qui frappent par leur solidité. Une charpente osseuse aussi développée devait naturellement déterminer un appareil de natation correspondant, et c'est en effet ce qui a lieu : dans aucun poisson du genre Leuciscus les nageoires n'atteignent un aussi grand développement que dans le L. macrurus, d'où nous concluons qu'il devait nager avec une grande vitesse et beaucoup de facilité. La caudale surtout, qui est le principal organe de la locomotion, est très-longue et très-fournie; elle compte 5, I. 8 rayons au lobe inférieur et 4-I' 7. au lobe supérieur. Tous les rayons internes, y compris les grands (I), sont articulés à quel-
qne distance de leiix' insertion et divisés à leur extrémité en un nombre variable de rameaux. La dorsale qui est très-élevée se compose de 2. I. 9. rayons. A partir du rayon I, tous sont articulés depuis le milieu de la longueur. Il en est de même de Tanalequi compte I. 12 rayons. Les ventrales étaient aussi très-développées proportionnellement a leur taille dans d'autres espèces. Les pectorales étaient les plus grêles. Je n'ai pu compter exactement les rayons ni des unes ni des autres ; mais ils sont au moins au nombre de L 9, dans les ventrales. La dorsale ainsi que l'anale sont supportées par de très-forts osselets interapopliysaires ; ceux de la dorsale qui sont les plus puissans, sont au nombre de dix; il y en a à-peu-près autant à l'anale.
La tête est très-grosse avec une tendance à s'allonger vers le museau ; cependant comme elle n'est pas complète dans les exemplaires figurés, je ne saurais indiquer exactement ses proportions relativement au tronc.
Les divers exemplaires que je connais de cette espèce , proviennent tous des lignites de Bonn. Ceux que j'ai fait figurer ont été trouvés dans le lignite de Stossclien dans le Siebengebirg ; ils sont au Musée de Bonn et dans les collections de Lord Cole, de Sir Philippe Egerton et de M. Horner.