‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 4)Chapitre 16 sur 58 · TON · texte numérisé non relu

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teurs des collections zoologiques, mirent à ma disposition tout ce que le Musée possède en poissons vivans et en squelettes. Dès-lors, tous les momens que je pus dérober à l’étude de la médecine furent consacrés à l'examen des poissons fossiles, et tous les jours de vacances employés à faire de petits voyages pour chercher de nouveaux documens dans les nombreuses collections du midi de l’Allemagne. Le souvenir de l'accueil et des encouragemens dont j'ai élé comblé partout, est encore si présent à ma mémoire, que je ne puis m'empêcher d’en témoigner ma reconnaissance à ceux qui m'ont si généreusement aidé dans une carrière nouvelle et difficile. Plus tard, en 1831 et 1832, je pus étendre plus loin mes courses, et j'allai à Paris, espérant recueillir quelques débris sur les traces des naturalistes français. Grâce à leur bienveillance, je pus aussi moissonner ici à pleines mains. En Suisse, dans ma patrie, à laquelle je nm'estime heureux de pouvoir, dès à présent, consacrer mon avenir, j'ai trouvé des monumens scientifiques qui remontent au temps de Gessner et de Scheuchzer. Qu'il me soit permis de récapituler ici, par ordre chronologique , les observations que j'ai faites dans toutes ces collections jusqu’à l’époque où je publiai la première livraison de mon livre.

À Munich, j'ai étudié, pendant plusieurs années, dans le Musée de l’Académie, la riche collection de fossiles des schistes de Solenhofen, qui s’y trouve, et qui est en grande partie due aux efforts de Sômmering. Les Ichthyolithes de Monte-Bolca , dont le Musée possède un assez grand nombre d’espèces , proviennent de la collection de Cobrès. Les poissons du Mansfeld , dont il y a beaucoup de plaques, sont généralement très-bien conservés. On y trouve aussi quelques espèces du Brésil et une grande quantité de dents de Squales. Les pièces les plus rares et les plus remarquables de ce Musée sont les diverses espèces de Solenhofen.

À Bayreuth , où je fis un voyage en 1829 , M. le comte de Munster mit à ma disposition , non-seulement tout ce que renfermait alors sa magnifique collection , mais il me promit encore des dessins de tous les poissons qu'il se procurerait plus tard, et qu’il a bien voulu m'adresser régulièrement au fur et à mesure que sa collection s’est accrue. Cette collection est, sans contredit , la plus complète en fossiles de Solenhofen ; c’est là où il faut alier les étudier. Elle contient, en outre , des poissons d’Eichstaedt, de Kelheim, de Daiting, de Monte- Bolca , de la craie de Munster, du Zechstein ; des dents de Pycnodontes du Muschelkalk , des terrains jurassiques et tertiaires; des dents de Cestraciontes de la Craie et des dents de Squales de tous les terrains où l’on en trouve.

À Neubourg, sur le Danube, j'ai vu quelques poissons de Solenhofen , chez M. le conseiller Grasegger , qui possède le seul exemplaire que l’on connaisse maintenant de Pterodactylus brevirostris.

À Bamberg , M. Lindner a une collection intéressante de fossiles de Solenhofen.

À Erlangen , i y a aussi, dans le Musée, des poissons de Solenhofen.

Le Musée de Vienne, que je visitai en 1850, possède des poissons de Monte-Bolca, de Solenhofen et d’autres localités, mais que je n’ai pas tous suffisamment examinés. M. Partsch me les a fait voir avec son obligeance accoutumée, quoique la plupart des caisses qui les conte-

naient fussent encore fermées. Les mieux conservés sont ceux de Castellamare. Maintenant cette belle collection est rangée , et fournira sûrement de nouvelles richesses à celui qui pourra les étudier. Avec MM. Fitzinger et Heckel, j'ai vu plus en détail les poissons vivans, surtout ceux des lacs et des rivières de l'empire autrichien, et quelques espèces curieuses de l'Amérique du Nord, entre autres une espèce nouvelle d’Acipenser, qui lie les Esturgeons aux Loricaires, et dont M. Heckel a fait son genre Scaphirhynchus.

A Francfort, j'ai examiné les nombreux poissons rapportés d’Afrique par M. Ruppell, et les beaux squelettes qu'il en a préparés. M. H. de Meyer m'a envoyé successivement des poissons très-intéressans de l'argile plastique des environs de Francfort et des schistes de Solenhofen.

A Carlsruhe, M. Gmelin m'a laissé emporter chez moi et examiner très à loisir la belle collection de poissons fossiles d’Oenigen qui se trouve au Musée du Grand-Duc, et qui provient du couvent de Meersbourg ; j'y ai vu en outre de beaux échantillons de poissons fossiles de Monte-Bolca et de Solenhofen , une assez grande quantité de fort belles plaques de Glaris. -quelques plaques de Seefeld et du Mansfeld, enfin une fort belle série de dents de Squales. La collection de l’école polytechnique possède , par les soins de M. le professeur Walchner, plusieurs espèces intéressantes de poissons fossiles, entre autres un Sauropsis, un Aspidorhynchus, un Saurostomus, un Leptolepis et un Pholidophorus du Lias de lOberland badois ; de plus, quelques poissons d’OEningen, de Solenhofen, de Neidingen, du Mansfeld', et des dents de Squales du calcaire grossier et de la molasse. M. Alex. Braun m’a communiqué des poissons de Seefeld, du Mansfeld, de Munster-Appel, des dents du grès bigarré de Deux- Ponts et d'espèces tertiaires. M. de Haber m’a remis quelques plaques du Mansfeld, de Solenhofen et un petit Anenchelum de Glaris, très-complet. M. Klausing a de belles dents de Squales des terrains tertiaires du grand-duché de Bade, et des écailles de Lépidoïdes des gypses du Keuper. |

À Heidelberg, J'ai vu plusieurs espèces intéressantes chez M. le chevalier de Leonhard, surtout de beaux Amblypterus macropterus, un Leuciscus du Habichtswald, un Lebias de Sinigaglia, et un magnifique Palæorhynchum de Glaris. Au comptoir minéralogique , il y a quelques espèces intéressantes de la houille, du Zechstein de Thüringe, de Solenhofen et de Glaris. Mais c’est la collection de M. le professeur Bronn qui en réunit le plus grand nombre, provenant de Munster-Appel, de Saarbrück, de Solenhofen, du Habichtswald, de Sinigaglia, de Monte-Bolca, de Monte-Viale, beaucoup de dents de Squales et quelques Cestraciontes de la craie, etc.

À Dürrheim, près de Villingen, M. le baron d’Althaus conserve un grand nombre d’exemplaires du Leptolepis Bronnii, et surtout une pièce unique , le Tetragonolepis semicinctus de M. Bronn, et une belle plaque dentaire de mon Gyrodus umbilicus.

M. de Buch m'a indiqué un grand nombre de localités qui m’étaient inconnues et où l’on trouve des débris de poissons fossiles.

A Stuttgardt, j'ai pu étudier, très en détail, la collection de M. Zieten. C’est chez lui que se trouve le fragment d’après lequel j'ai rétabli le singulier genre Ptycholepis du Lias de Boll ; il a aussi quelques poissons de Solenhofen. Avec la permission de M. le conseiller Hartmann, j'ai examiné, dans la collection de la'Société d’agriculture du Wurtemberg , des poissons de Monte-Bolca, de Steinheim près d’'Ulm, du Lias wurtembergeois , de Seefeld , du Mansfeld , des dents de Squales et des Pycnodontes. M. le professeur Jæger a réuni, dans le Musée royal , beaucoup de dents de Squales de la molasse, du calcaire grossier et de la craie, quelques Pycnodontes d’Angleterre , surtout du grès vert, des Lépidoïdes fort intéressans , entre autres ceux du Lias wurtembergeois. Il y a de plus, dans cette collection, des poissons de la houille de Saarbrück , du Zechstein de Mansfeld, de Solenhofen , de Steinheim , d’Oenigen et d'Islande. É

A Tubingen , M. Schübler m'a remis tout ce que possède le Musée. Ce sont quelques espèces de Monte-Bolca , de Steinheim et d’Oeningen, des dents de Squales de la Molasse et du Jura, et surtout un grand nombre d'échantillons d’une brèche osseuse intermédiaire entre le grès du Lias et le Keuper, remarquable en ce qu’elle est presque complètement composée d’os de poissons et de reptiles.

À Gœppingen, M. le docteur Hartmann possède la plus belle collection de poissons du Lias que j'aie vue jusqu’en 1855; il a, de plus, quelques espèces remarquables de Steinheim et de Monte-Bolca , et des dents de Squales des terrains tertiaires de la Souabe.

J'ai reçu, à différentes reprises, de M. d’Alberti de #/lhelinshall , une immense quantité de fragmens de poissons fossiles du grès bigarré, du Muschelkalk , du Keuper et du grès du Lias des environs de Rottweil et de Tæbingen; ils ont été d’autant plus intéressans pour moi, que je ne possédais encore que peu de chose de ces formations. Ils sont en partie identiques avec ceux des environs de Lunéville. 3

Le Musée de Zurich possède la plus belle collection que je connaisse de poissons fossiles des schistes de Glaris, un assez grand nombre d’espèces d’Oeningen , et quelques exemplaires . de Monte-Bolea et du Liban. Cette collection est très-importante , parce qu’elle renferme les originaux de l’ouvrage de Scheuchzer et une partie de ceux de Knorr et Walch, qu'il eût été impossible de déterminer sans ces pièces. C’est à M. le professéur H. R. Schinz que j'en dois Ja communication. M. le professeur Lavater, qui possède aussi une fort belle collection, a poussé l’obligeance jusqu’à me confier, pendant plusieurs mois, ses nombreux poissons fossiles d’Oeningen ; il a aussi de beaux exemplaires de poissons de Glaris.

Le Musée de Berne doit à M. Studer une série complète de dents de Squales de la Molasse, et en particulier de beaux fragmens d’une espèce nouvelle de Myliobates (mon Zygobates Studeri) ; il y a, de plus, des Pycnodontes du Jura et de fort beaux exemplaires de poissons de Glaris.

Le Musée de Büle possède aussi beaucoup de superbes exemplaires de poissons du schiste de Glaris ; cette collection peut même rivaliser avec celle de Zurich. Il y a, de plus, quelques

espèces de Monte-Bolca, de Solenhofen, du Mansfeld et de Bingen. Le fossile le plus remarquable de cette collection est exemplaire original du Limulus fossile de Solenhofen , figuré dans le grand ouvrage de Knorr et Walch.

M. Hugi , à Soleure , a recueilli une grande quantité de débris de poissons fossiles du Jura suisse, entre autres beaucoup de Pycnodontes, de Cestraciontes et d’Ichthyodorulithes du calcaire à Tortues des environs de la ville.

M. le professeur Scheitlin, à S£. Gall, a de beaux exemplaires de poissons de Glaris et quelques échantillons de Monte-Bolca , d’Oeningen et du Mansfeld.

Le Musée de Lausanne a quelques poissons de Monte-Bolca et de Muse près d’Autun.

M. Thurmann m'a envoyé de Porrentruy quelques dents de Squales et de Cestraciontes de la Molasse et du Jura.

Au Musée de Neuchâtel, il y a quelques espèces de Monte-Bolca, des Pycnodontes du Jura, des dents de Squales de la Molasse, et surtout des préparations ostéologiques de poissons provenant de ma collection.

Le Muséum d'histoire naturelle de Paris a été pour moi l’une des mines les plus riches que j'aie exploitée, et, grâce à l’obligeance de MM. Cuvier, de Blainville, Cordier, Valenciennes, Régley et Laurillard , j'ai pu examiner, très-en détail, tout ce qui s’y trouve. La collection de poissons fossiles la plus importante qui existe maintenant, et en même temps qui offre le plus d'intérêt historique, est, sans contredit, celle du comte de Gazzola, qui a fourni les originaux pour l’Jttiolitologia veronese publié par Séraphin Volta, conjointement avec d’autres savans italiens. Cette immense collection, acquise, lan VIT, par Bonaparte , est aujourd’hui exposée dans les galeries du Muséum. M. de Blainville l’a examinée de son côté, lorsqu'il a écrit l’article Zchthyolithes du Nouveau Dictionnaire des sciences naturelles ; enfin, je l’ai entièrement revue et complètement décrite vers la fin de 1831 et pendant les huit premiers mois de l’année 1852, et j'ai inscrit mes déterminations sur le revers de toutes les plaques. Une seconde collection, très-importante, qui fait partie du Muséum de Paris, a été recueillie dans le Mansfeld par les soins de M. de Humboldt ; c’est la plus complète que je connaisse de ces schistes ; elle contient des espèces qui n’ont pas encore été décrites. Il y aussi. au Muséum, un très-grand nombre de poissons de Muse près d’Autun, donnés par M. de Bonnard , et plusieurs de ceux du calcaire grossier des environs de Paris donnés par M. Des- Hayes. Les exemplaires des plâtrières de Montmartre , qui sont figurés et décrits dans les Recherches sur les ossemens fossiles de Cuvier, s’y trouvent aussi. On remarque en outre au Muséum des poissons fossiles de Sheppy, donnés par M. Pentland ; quelques espèces de la craie de Kent, données par M. Mantell ; quelques poissons des houilles de Saarbrück , du Lias d’Angleterre, des terrains jurassiques de France, entre autres de la Normandie et de la Bourgogne, quelques plaques de Solenhofen , de Glaris, d’OEningen, d'Aix, d’Apt, de Ménat, du Liban, etc., et une immense quantité de dents de Squales , de Cestraciontes et de Pycnodontes, malheureusement toutes pêle-mêle, et sur les gisemens desquelles il y a peu de données pré-

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cises. Déjà M. Cuvier préludait à un ouvrage sur les poissons fossiles par des notes éparses dans la grande histoire naturelle des poissons qu’il publiait avec M. Valenciennes, lorsqu’après avoir examiné mon portefeuille de dessins et entendu le compte que je lui rendis des résultats auxquels j'étais parvenu par mes recherches, il me permit d’utiliser tous les matériaux qu’il avait réunis dans un but semblable au mien. Il poussa la bienveillance jusqu’à déclarer qu'il renonçait à écrire l'ouvrage qu'il avait annoncé sur les poissons fossiles, et qu’il m’abandonnait un sujet sur lequel j'avais réuni un si grand nombre de matériaux. De pareils faits n’ont pas besoin de commentaires. C’est sans doute à cette honorable distinction que j'ai dù, en grande partie, les encouragemens que j'ai obtenus plus tard. Et si je me plais aujourd’hui à rapporter ce trait de la vie de Cuvier, ce n’est point pour m'en glorifier, mais pour honorer la mémoire du grand naturaliste, auquel on a si souvent reproché, sans motifs, de ne pas assez encourager les jeunes savans. Après la mort de Cuvier, M. Cordier m’a accordé les mêmes facilités pour l'examen des fossiles du Muséum. M. de Blainville a bien voulu aussi me permettre de continuer le travail que j'avais commencé sur l’ostéologie des poissons vivans , dans les galeries d’anatomie comparée, où M. Laurillard m'a toujours aidé avec la complaisance que les naturalistes lui connaissent. M. Valenciennes, qui est maintenant chargé seul du travail colossal de décrire tous les poissons vivans, m'a aussi facilité très-obligeamment la comparaison que j'ai dü faire des fossiles avec les espèces vivantes, dont le Muséum de Paris possède maintenant la plus belle collection qui existe.

La collection de l'Ecole des mines possède de fort beaux exemplaires des poissons fossiles d'Aix, de Narbonne, de Ménat, quelques-uns d’OEningen, de Glaris, de Monte-Bolca , de Montmartre, de Solenhofen, des terrains jurassiques et surtout du Lias d'Angleterre, du Mansfeld et d’Autun. MM. Elie de Beaumont et Dufrénoy me les ont communiqués avec une rare libéralité.

Dans la collection de la Société géologique de France, j'ai vu des poissons de Solenhofen , de Seefeld et d'Aix, donnés par M. Boué , et une espèce d’Alose rapportée d'Oran par M. Rozet, qui en a également remis des exemplaires aux Musées de Paris et de Strasbourg.

M. Alex. Brongniart a de fort beaux exemplaires de poissons fossiles du Mansfeld , d’Autun, de Sunderland et de Glaris, des dents de la craie de Kent et de Gand, des plaques de Monte- Bolca , du Liban, d’Oeningen, d'Aix, de Ménat, et une grande quantité de dents de Pycnodontes et de Squales, surtout intéressantes par l'exactitude avec laquelle sont indiquées les localités d’où elles proviennent.

M. Régley possède quelques beaux poissons fossiles entiers et des débris très-intéressans , provenant des plâtrières de Montmartre , de Sinigaglia, d'Aix, de Ménat, du calcaire grossier des environs de Paris, de Monte-Bolca, de la craie de Meudon, de Kent et de Belgique, des terrains jurassiques de Normandie, plusieurs plaques de Glaris, du Mansfeld et d’Autun. C’est dans sa collection que se trouvent maintenant la plupart des espèces que possédaient Lamétherie et Faujas ; quelques-uns seulement ont passé dans les collections du Muséum d'histoire

ue Te naturelle. Après la mort de M. Régley, cette collection est devenue la propriété de M. F. Amie, avocal.

M. Destlayes m'a communiqué beaucoup de fragmens de poissons fossiles des environs de Paris, surtout des Pyenodontes, des Cestraciontes , des dents de Raies et de Squales et leurs vertèbres , avec l'indication exacte de leur gisement. |

M. Pentland n'a remis des fragmens de poissons fossiles de Caithness, des plaques très-bien conservées de Monte-Bolca , un très-grand nombre de plaques de Sinigaglia, et surtout quelques espèces très-curieuses des marnes secondaires apennines de Torre d’Orlando, près de Castellamare , dans la baie de Naples.

M. Cordier possède des poissons fossiles des mines de houille de Saarbrück.

M. À. Boué m'a fait voir des dents de Squale des terrains tertiaires de l'empire d’Autriche.

M. Bertrand-Geslin m'a adressé l’esquisse de deux poissons intéressans de Schio, et M. Virlet celui d’un fragment du grès vert de Morée.

M. Voltz a réuni au Musée de Strasbourg quelques espèces de Monte-Bolca, d’OEningen , de Transylvanie, de Bingen, des dents de Stonesfield et de quelques autres localités d’Angleterre, quelques plaques intéressantes de Solenhofen et un très-grand nombre de dents de Squales. Il existe en outre dans ce Musée une riche collection des espèces que l’on trouve dans les mines de houille de Saarbrück , recueillie vers la fin du siècle dernier par Hermann. M. Voltz a eu l’obligeance de confier à mes soins, pendant plusieurs années, tous ceux de ces fossiles qu’il avait réunis lui-même ; tandis que j’ai examiné , avec M. Duvernoy, les poissons décrits par Hermann.

A Caen, M. de Magneville m'a communiqué une espèce nouvelle du genre Tetragonolepis . remarquable par les aspérités qui recouvrent ses écailles. M. Eudes-des-Longschamps m'a remis des fragmens remarquables de Cestraciontes, trouvés dans le calcaire de Caen. Ces débris, entre autres mon Pristacanthus, ont des formes si bizarres, qu’on a de la peine à se faire à l’idée qu'ils proviennent réellement de poissons.

M. le docteur Gaillardot , à Lunéville, possède des dents , des rayons de nageoires et des écailles de plusieurs espèces très-curieuses du Muschelkalk que j'ai examinées et décrites.

M. Hope m'a envoyé de Londres une belle collection de poissons fossiles de Sheppy, contenant surtout des dents de Squales, quelques têtes de Clupéoïdes et des vertèbres de Scombéroïdes. J'ai reçu, en outre, d'Angleterre des dessins de M. le D’ Traill, et je dois à M. Lyell des notes importantes sur plusieurs gisemens à poissons , et sur les collections d'Angleterre . dans lesquelles on trouve des poissons fossiles et que j'ai examinées plus tard.

Tôt après avoir achevé l'impression de ma première livraison, je fis en juillet 4835 un voyage en Allemagne dans le but d'examiner quelques collections que je ne connaissais pas encore , et de revoir celles que je n’avais pas vues depuis longtemps. J'ai eu la satisfaction de découvrir un assez grand nombre d'espèces entièrement nouvelles pour moi et de recueillir des renseignemens plus complets sur plusieurs de celles dont l’existence ne m’était connue que

ee — par des fragmens ; j’ai même trouvé des espèces de plusieurs genres dont je n’avais point encore entrevu l'existence. |

À Zurich, j'ai trouvé la collection publique enrichie de quelques pièces précieuses des schistes de Glaris, entre autres d’un Acanus très-complet, et du plus grand et du plus bel exemplaire d’Anenchelum que j'aie vu jusqu'ici. C’est l’espèce que j’ai nommée An. latum ; cet échantillon est si complet qu’il ne laisse rien à désirer sur l’organisation de ce singulier genre. Il est évident maintenant que les Anenchelum et les Palæorhynchum appartiennent à la famille des Scombéroïdes. Le premier de ces deux genres , qui sont du reste très-voisins , se rapprochent extrêmement des Lepidopus ; le Palæorhynchum, au contraire, a plus de rapport avec le genre Histiophorus. Cette découverte est importante à cause de la détermination géologique du terrain d’où proviennent ces ichthyolithes. J'ai aussi eu le plaisir de rencontrer chez M. Meyer, trésorier de la ville de Zurich, celles des plaques originales représentées dans les Piscium querelæ de Scheuchzer, que je n’avais point encore pu retrouver. M. Meyer possède aussi les cuivres de cet ouvrage , qui mériterait bien d’être réimprimé, dans un moment où l’on s’occupe d’une manière aussi suivie de travaux paléontologiques , et où il est si rare de pouvoir se procurer les anciens ouvrages qui traitent des fossiles.

À Munich, M. André Wagner a fait l’acquisition , pour le Musée, de quelques poissons nouveaux de Solenhofen , entre autres d’un fort grand Gyrodus très-complet , d’un nouveau genre que j'ai nommé Macrosemius , et de quelques autres espèces moins remarquables.

Parmi le petit nombre d’espèces qui existent à Fribourg, M. le professeur Perleb m’en a fait voir quelques-unes de fort rares, que je n’avais pas décrites précédemment, savoir le Thrissops Cephalotes , les Leptolepis polyspondylus et contractus , et de très-grosses dents de l’Hemipristis serra.

Dans la collection de M. de Voith, conseiller supérieur de la direction des mines à Ratisbonne, j'ai vu un très-grand nombre de fort beaux exemplaires de poissons de Kelheim, parmi lesquels j'ai reconnu un genre nouveau et une dixaine d’espèces inédites, surtout de beaux Gyrodus, qui m'ont servi à remplir les grandes lacunes qui existaient encore dans les caractères de ce genre. Maintenant cette collection appartient à M. le comte de Münster. M. l’inspecteur Emmerich m'a aussi remis quelques poissons du même gisement.

Cependant, c’est à la collection de M. le comte de Münster à Bayreuth et au Musée de Prague que j'ai dû, dans ce voyage , le plus grand nombre d’objets nouveaux. M. le comte de Münster, à force de soins, est parvenu à acquérir toutes les espèces intéressantes qui ont été découvertes à Sohlenhofen: aussi ai-je trouvé chez lui un très-grand nombre de beaux ‘exemplaires de poissons de cette localité, d’autres de Kelheim, du Lias et du Muschelkalk des environs de Bayreuth, avec un très-grand nombre de dents de Pycnodontes et de Squales accompagnés d'indications très-exactes sur leur gisement. J’ai trouvé en somme dans sa collection plus de quarante espèces nouvelles, parmi lesquelles je ferai surtout remarquer quatre genres nouveaux de la Craie de Westphalie. Pendant mon séjour à Bayreuth, M. le comte

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de Münster a fait encore l'acquisition d’une très-grande collection ‘de fossiles de M. Barth . conseiller aulique à Augsbourg, dans laquelle se trouvaient aussi des espèces nouvelles de poissons. Peu de temps après, M. le comte de Münster m’a adressé des figures représentant des dents et des rayons de Squales , trouvés dans les dépôts tertiaires des environs de Mecklembourg et de Lubeck ; et dans le Brandebourg et la Poméranie.

Le Musée de Prague doit à la générosité du prince de Taxis la belle collection de fossiles que M. le docteur Schnitzlein avait réunis à Mohnheim, et qui contient un très-grand nombre de poissons de Solenhofen , de Daiting et d’Eichstædt, parmi lesquels j'ai trouvé des espèces nouvelles très-remarquables. De son côté, M. le comte de Sternberg a doté le Musée national de la Bohème de sa magnifique collection de plantes fossiles et de deux genres nouveaux de poissons fossiles du Plæner de la Bohème, qui ont un haut intérôt géologique. J’y ai aussi vu un très-grand nombre de dents de poissons des différentes formations de la Bohème, sur le gisement desquelles M. Zippe m'a donné tous les renseignemens nécessaires.

A Erlangen, M. Rod. Wagner m'a remis un poisson nouveau de la Craie et un de Solenhofen , faisant partie des collections de l’université.

- À Pappenheim , j'ai vu quelques beaux poissons chez M. le docteur Rœtenbacher , surtout la queue d’un Caturus, beaucoup plus grand que tous ceux que j'avais examinés jusqu'alors ; j'y ai vu aussi quelques plaques intéressantes, qui se trouvent maintenant au Musée de Leyden.

Je n’ai pas examiné le poisson même qui se trouve à Culmbach, chez M. Weltrich; mais j'en ai vu un plâtre, très-bien fait, chez M. le comte de Münster, et j'ai pu m'assurer par là que c’est le Lepidotus Gigas, le même que l’on a trouvé déjà sur tant de points dans le Lias. |

M. le professeur Jæger, de Stuttgardt, m'a envoyé, de la part de M. Hehl, conseiller des mines, des débris de poissons de l’oolite inférieure du Wurtemberg, qui étaient tout nouveaux pour moi, et quelques fragmens de la Molasse que je ne connaissais pas encore.

Chez M. Hartmann, à Gœppingen , j'ai trouvé une espèce nouvelle du Lias, appartenant au genre Tetragonolepis , qui est déjà si nombreux en espèces propres à cette formation.

M. Walchner, à Carlsruhe, m'a remis quelques poissons nouveaux.

M. Fitzinger m'a donné de nouveaux renseignemens sur ceux du Musée de Vienne.

M. le professeur Meissner, à Bale, m’a adressé un grand poisson de Vérone.

Pendant la réunion des naturalistes allemands à Breslau , j'ai eu l’occasion de voir plusieurs poissons fossiles très-intéressans , qui avaient élé adressés à la section de géologie par M. de Dechen. Comme l’une de ces espèces était nouvelle et qu’elle avait été trouvée sur le sol de la Silésie, je l'ai nommée Palæoniscus vratislaviensis, en mémoire de la réunion. J'en ai vu encore un grand nombre d'exemplaires au Musée de Breslau et dans la collection de M. Otto, et plus tard, à Waldenburg , dans celles de M. Bocksch et de M. Mielenzki. M. Otto m'a en outre communiqué beaucoup de fragmens du Muschelkalk de Silésie , appartenant aux mêmes espèces que l’on trouve à Lunéville, en Wurtemberg et dans le grand-duché de Bade ;

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= be de plus, je lui dois les os d’un Esox fort remarquable, trouvé dans les marnes diluviennes de la Silésie et différent de l’Esox Lucius , que j'ai nommé E. Otto.

M. de Leonhard m'a adressé, de la part de M. Klippstein, le dessin de plusieurs dents trouvées par M. le conseiller aulique de Klippstein , dans le Zechstein de Thalitter. C’est une espèce nouvelle d’Acrodus , dont M. le comte de Münster a fait depuis son genre Dictea.

M. Elie de Beaumont m'a aussi envoyé des dessins d’un poisson du calcaire grossier des environs de Paris, trouvé à Châtillon, près de Bagneux, dont l'original est déposé dans la collection de l’école des mines.

Comme il arrive ordinairement:, c’est en dernier lieu que l’on apprend à connaitre ce qu’on a à sa porte : M. le pasteur Chatelanat, de St.-Maurice , près Grandson , au canton de Vaud, m'a adressé une collection de dents de Squales et de Myliobates de la Molasse, des. plus belles que j'aie jamais vues. Elles ont été recueillies sur la rive méridionale du lac de Neuchâtel, près de la Tour de la Molière.

Je dois à M. Louis Coulon des dents de poissons du terrain néocomien des environs de Neuchâtel et des ichthyolites de Vérone ; enfin à M. Auguste de Montmollin , des dents de Pycnodontes du Jura supérieur, semblables à celles que M. Hugi a trouvées dans les environs de Soleure , des dents de Squales de la Molasse de Jolimont et de fort beaux exemplaires des poissons d’Autun. ?

Je connaissais déjà près de 600 espèces de poissons fossiles, que j'avais, pour la plupart ; décrites et fait dessiner, et je croyais ainsi mon ouvrage très-avancé lorsque je me rendis en Angleterre au mois d’août 1854, dans l'intention de soumettre le résultat de mes recherches à l'épreuve de quelque nouvelle découverte. Le nombre des espèces et des genres nouveaux que j'y observai, fut si considérable , que je me retrouvai, pour ainsi dire, au commencement de mon travail, près de succomber sous le poids du fardeau que je m'étais imposé, et pressentant le moment où les espèces fossiles que je connaissais déjà , se perdraient au milieu de celles dont on pouvait entrevoir la découverte. Car pour celui qui est habitué à tenir compte des associations naturelles entre les êtres organisés, de leur distribution géographique, de leur coexistence dans certaines localités , il est des faits qui, recueillis accidentellement, semblent ne pouvoir rester isolés. Telle fut la découverte d’un grand nombre de fragmens qui attestaient l’existence de beaucoup de genres et d’un nombre inappréciable d'espèces qui jusque là avaient échappé à l'observation. Si l’on songe en outre que les recherches qui ont conduit à ces résultats n’embrassent qu’un espace très-limité , la pensée demeure accablée sous le poids d’une richesse pareille, et l'imagination la plus active n’est pas en état d'aller au-devant de tout ce que nous avons à attendre de l’investigation des contrées où les paléontologistes n’ont pas encore pénétré, el même de fouilles plus soigneuses dans les localités les mieux connues.

Le nombre des espèces nouvelles que j'ai déterminées en Angleterre, en 18534, s'élève à environ 250 , appartenant à toutes les formations géologiques, et provenant de localités très-

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différentes. Ceux qui proviennent des terrains d'Angleterre , dont l’âge géologique est exactement connu, m'ont fourni de nombreux points de comparaison avec les terrains du continent, et vérifié les rapports que j'avais signalés entre les espèces d’une même époque, et que l’on reconnait jusque dans les espèces encore inédites. Jai eu la satisfaction de voir ainsi se confirmer tous les résultats généraux que j'avais énoncés précédemment dans la préface de mon ouvrage, dans le Bulletin de la Société géologique de France, dans le Jahrbuch de Leonhard et Bronn , et à la réunion des naturalistes allemands à Breslau, en 1853. Malgré cette effrayante accumulation de matériaux, j'ai continué à publier régulièrement les objets les plus intéressans que j'ai observés, réservant, pour les Supplémens, les espèces qui n’ont qu’un intérêt local ou purement zoologique.

Un aperçu exact des sources auxquelles j'ai puisé tant de matériaux nouveaux, ne peut manquer d’intéresser les naturalistes du Continent, qui, malheureusement pour eux et pour les progrès de la science, ne connaissent pas assez les ressources scientifiques qu'offre l’Angleterre. À la suite de ces indications, j'entrerai dans quelques détails sur l’ensemble de mes recherches. Je voudrais, par ces communications , encourager les géologues à faire de soigneuses recherches sur la position géologique des moindres fragmens de poissons fossiles qu'ils pourront trouver, et qui perdent si souvent tout leur intérêt parce qu’on ignore leur origine. Ce sont surtout des travaux particuliers de ce genre qui pourront avancer la culture du champ que j'ai entrepris de défricher.

A Londres , le Musée britannique m’a offert plusieurs espèces très-intéressantes de poissons fossiles, provenant pour la plupart d'OEningen, de Glaris, de Lyme-Regis et de Sheppy. Les premières faisaient partie de la collection du feu docteur Ammann , de Schaffhouse ; jy ai retrouvé les originaux des figures que m'avait communiquées Cuvier. M. Kæœnig m'en ayant facilité l'examen avec la plus grande obligeance, j'ai pu y reconnaitre le grand poisson abdominal dont j'avais vu le dessin chez M. Cuvier ; c’est un grand exemplaire de mon Tinca furcata , et non point le Leuciscus œningensis. Parmi les poissons de Glaris , il y a une magnifique espèce nouvelle du genre Fistularia. M. Gray m'a aidé à comparer les espèces des Indes les plus remarquable que possède le Musée, et en particulier les dessins de Hamilton-Buchanan et du général Hardwick , auquel je dois aussi une superbe mâchoire du Rhina Ancylodon figurée dans la Zoologie des Indes. Je dois encore à la complaisance de M. Gray d’avoir pu disséquer un très-beau Lépidostée du Musée britannique , conservé dans l'esprit de vin.

La Société géologique de Londres est une de ces institutions qui, organisée sur les bases les plus libérales, favorise de son influence tout ce qui peut contribuer, même indirectement, aux progrès de la science. Je dois en particulier aux vues larges et généreuses du Président et des membres du Conseil de cette Société d’avoir pu faire à Londres un travail qui, sans l'appui et l'autorisation d’une association aussi considérée , serait devenu impossible , et qui même n’a point d’antécédent dans l’histoire des sciences naturelles. Trouvant épars dans tous les Musées des trois royaumes unis une quantité prodigieuse de documens nouveaux

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et importans pour mon ouvrage, j'étais embarrassé sur la manière d’en tirer le meilleur parti , et il me paraissait presque impossible de faire dessiner sur place, surtout dans les petites villes, les pièces les plus importantes que j'y trouvais. Mais telle est la libéralité des savans anglais, que tous ceux dont j'ai examiné les collections, même les directeurs de tous les Musées publics que j'ai visités (j'ai examiné en tout soixante-trois collections), ont consenti à me laisser emporter à Londres tous les exemplaires qui me paraissaient pouvoir jeter quelque nouveau jour sur l'histoire naturelle des poissons fossiles. À la demande de M. le docteur Buckland, M. Greenough, alors président de la Société géologique , et MM. Sedgwick , Murchison et Lyell, m'ont en outre procuré l’assentiment de la Société pour déposer tous ces trésors dans un local particulier de Sommersethouse. Là, M. Lonsdale, conservateur des collections de la Société, m'a aidé à ranger les deux mille exemplaires de poissons fossiles que je rapportais, et que j'avais choisis, sur environ cinq mille pièces, en parcourant l'Angleterre et une partie de l’Ecosse et de l'Irlande. Une pareille faveur est inappréciable, surtout quand on pense à la difficulté qu’il y a de transporter des objets aussi fragiles, et dont la perte serait irréparable. L'extension que j'ai pu donner ainsi à mes Recherches pourra seule en fournir la mesure , lorsque j'aurai publié tous les matériaux que j'ai été à même d’étudier à cette époque. Si les naturalistes qui font des travaux particuliers, savent ne pas abuser de pareilles libéralités , elles deviendront à l'avenir de plus en plus fréquentes, et il en résultera des avantages réels pour la science. J'ai pu par ce moyen compléter les caractères de plusieurs espèces nouvelles en comparant directement différens fragmens épars dans plusieurs collections, et constater l'existence d’un grand nombre d’espèces qui seraient restées douteuses sans ces rapprochemens. J'ai pu, en outre, choisir pour mes dessins les pièces les plus caractéristiques , et achever mes descriptions d’après toutes les autres plaques. Pour ne rien négliger dans cette occasion, j'ai fait venir immédiatement à Londres M. Dinkel, l'artiste qui a dessiné la plupart des planches originales des Recherches sur les poissons fossiles, le chargeant de peindre tous les exemplaires qui m’ont paru indispensables pour compiéter mon livre.

Dans la collection de la Société géologique, que M. Lonsdale a parcourue avec moi, Fai trouvé un grand nombre de poissons fossiles de différentes localités de l'Angleterre, entre autres , de nombreuses géodes de Gamrie, des poissons des schistes de Caithness, du calcaire magnésien , du Lias de Lyme-Regis, de Portland, de nombreuses dents du Mountain-Limestone, de Stonesfield, de Tilgate, du Gault, de la Craie et du Crag , de beaux Ichthyodorulithes du Lias, des vertèbres, des dents et des fragmens de poissons de Sheppy. La plupart des originaux des planches publiées dans les Trans. de la Soc. par MM. Sedgwick, Murchison et de la Bèche s’y trouvent réunis. J'ai remarqué encore une superbe collection de poissons tertiaires , recueillis par S. A. le duc de Northampton à Radusa en Sicile, et des dents de Squales et de Raies provenant de Carriban-Cliff aux Indes, et indiquant un terrain tertiaire. La pièce la plus remarquable de cette collection est certainement une espèce de Raie provenant de Solenhofen , et qui constitue un genre nouveau. M. Lonsdale m'a encore communiqué,

de la part de M. Martin , un superbe exemplaire du Lepidotus Fittoni, d’après lequel nonseulement j'ai pu compléter les caractères de cette espèce, mais encore étendre ‘et préciser les caractères du genre; et de la part de M. Auldjo, plusieurs exemplaires de Pycnodus Rhombus de Torre d'Orlando près de Naples, qui, d’après leur fréquence sur des plaques d’assez petites dimensions , me font penser que les individus de cette espèce ne vivaient pas isolés.

Le Musée des Chirurgiens de Londres, maintenant sous la direction du savant et modeste M. Clift, est, comme chacun sait, l’une des plus belles collections d'anatomie comparée qui existent ; il contient une série de dents de poissons très-instructive et un assez grand nombre d'espèces fossiles de différentes localités, que M. Owen a eu la complaisance de me faire voir en détail.

Le musée du Service-uni de l'Armée et de la Marine contient quelques poissons fossiles de Monte-Bolca , du Connecticut, de Durham, et un Cybium macropomum de l'argile de Londres, très-intéressant en ce qu'il a été trouvé à Londres même, dans les docks de Sainte-Catherine.

La jolie collection de M"° Murchison contient plusieurs poissons fossiles d’un grand intérêt. entre autres une tête de Tetragonolepis Leachii complètement détachée de la roche, et sur laquelle on peut parfaitement bien étudier les os du crâne; de plus, une tête de Sauroïde du Lias, encore indéterminée, une belle série de dents de Squales et de Myliobates du Crag de Suffolk , et de grandes dents d'Hybodus et de Psammodus de loolite.

La collection de M. Murchison contient, en fait de poissons fossiles, des choses très-remarquables et d’un haut intérêt scientifique , entre autres , de nombreux exemplaires des schistes d'OEningen, d'Aix, de Seefeld, de Gamrie et de Caithness, d'autant plus précieux qu'ils proviennent des mêmes gisemens sur lesquels M. Murchison a publié , seul ou conjointement avec MM. Sedgwick et Lyell, des mémoires géologiques importans. Mais c’étaient ceux des terrains de transition qui excitaient plus particulièrement ma curiosité, surtout depuis que MM. Sedgwick et Murchison avaient subdivisé ces terrains en plusieurs étages distincts. Je trouvai effectivement dans la collection de M. Murchison une masse considérable de poissons de cette époque à laquelle on allait jusqu’à refuser des traces de cette classe d'animaux qui y revêtait un caractère particulier, déjà appréciable d’après les fragmens qu’on possédait alors. L'étude minutieuse de ces poissons deviendra nécessairement le point de départ, pour apprécier définitivement les progrès du développement de toute la classe, depuis sa première apparition dans les eaux qui recouvraient la surface du globe. Je citerai en particulier, comme les plus intéressantes, parmi les espèces du vieux grès rouge, les Cephalaspis Lyelli, Lloydii, Lewisii, et les espèces du genre Holoptychius ; parmi celles du terrain silurien, l'Onchus Murchisoni, et d’autres espèces encore indéterminées.

Chez M. Lyell, j'ai vu les plus beaux Cephalaspis Lyellii que je connaisse, et sans lesquels je n'aurais, je crois, jamais reconnu pour ce qu'ils sont les fragmens de ce genre que l’on trouve le plus ordinairement. En effet, les têtes détachées de ces poissons ressemblent plutôt,

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