‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 4)Chapitre 17 sur 58 · AK · texte numérisé non relu

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à cause de la position de leurs yeux et du prolongement de leurs parties latérales, à des écussons de Trilobites ou à des bivalves ouvertes, qu’à des têtes de poissons. On les a même généralement envisagés comme des débris de Trilobites. Les exemplaires de M. Lyell proviennent du vieux grès rouge d’Ecosse, et ont été trouvés à Glammis en Forfarshire. J'ai vu aussi chez M. Lyell une belle série des poissons tertiaires qu'il a recueillis en Sicile, mais que je n’ai pas encore pu déterminer, et plusieurs dents intéressantes de Pycnoaontes et d'Hybodontes de l’oolite de Malton et du Forest-Marble de Shawford , envoyées par M. Bowerbank.

La collection de M. Stokes, que j'ai eu le plaisir d’examiner avec MM. Fitton et Broderip , est surtout riche en zoophytes; mais elle contient aussi beaucoup de poissons fossiles remarquables, en particulier un fort bel Aspidorhynchus acutirostris de Solenhofen , le même dont . il existe un dessin dans le portefeuille des poissons fossiles de la bibliothèque de Cuvier, plusieurs autres espèces rares de Solenhofen , entre autres un Leptolepis dubius avec des Cololithes, et une espèce nouvelle de Belonostomus, voisine du Belonostomus Münsteri , une nouvelle espèce de Tetragonolepis , le T. dorsalis, et une grande quantité de dents détachées, en particulier des Psammodus de Bristol, des Pycnodontes de Dundrey, et des Myliobates dont le gisement n’est pas connu. Ces poissons font maintenant partie de la grande collection de lord Enniskillen et de sir Ph. Egerton.

M. Daniel Sharpe m'a aussi remis une espèce de Myliobates de Sheppy , d'autant plus intéressante , que les chevrons dentaires ont conservé leur position naturelle sur les os de la mâchoire. C’est le premier exemplaire que j'aie vu dans un état de conservation aussi parfait.

M. Yarrell , président de la Société zoologique de Londres, m’a fait remarquer dans sa belle collection de poissons d'Angleterre plusieurs espèces inconnues jusqu'alors aux naturalistes, et dont il a publié depuis la description dans son Histoire naturelle des poissons de ce pays.

MM. W. Jardine et Selby, qui ont lu , à la réunion des Naturalistes anglais à Edimbourg , un mémoire plein d'intérêt sur les Salmonides indigènes, m’ont encore appris à en connaître plusieurs espèces et variétés qui ne se trouvent pas sur le continent.

‘Lors de la publication de ma première livraison, j’en étais encore à me demander s’il ne serait pas possible que les mâchoires de Stonesfield , décrites comme des Didelphes , appartinssent à la classe des poissons. Mais après en avoir vu moi-même et examiné très-soigneusement plusieurs, j'ai reconnu ce que cette supposition avait d’invraisemblable. Ce sont bien des mammifères, mais il me semble qu’on se hasarde trop en les envisageant comme des espèces de Didelphes. L’exemplaire de la collection de M. Broderip est devenu classique par la description qu’il en a publiée ; il y en a plusieurs autres au Musée d'Oxford , et une au Musée de Yorck. Le beauté de la collection de coquilles de M. Broderip est trop remarquable pour que je n’en fasse pas mention en passant : chaque espèce y est représentée par une série de variétés de tous les âges , et dans tous les états de développement possibles.

M. le docteur Richardson, de Chatam, l’auteur de la Faune boréali-américaine , a poussé

l’obligeance jusqu’à m'apporter lui-même à Londres une espèce nouvelle de Lépidostée, provenant du lac Huron.

A Oxford, M. le professeur Buckland m'a fait voir très-en détail le riche Musée qu'il a fondé et qu'il a si rapidement agrandi. On y trouve des fossiles de toutes les parties de l’Angleterre, surtout des ossemens d'animaux vertébrés, en particulier les mammifères de Kirkdale, sur lesquels les Reliquiæ dilucianæ ont jeté un jour tout nouveau, et les reptiles des terrains oolitiques , dont M. Buckland a encore augmenté le nombré par ses travaux. Parmi les nombreux poissons qui s’y trouvent , j'ai remarqué les types de plusieurs genrés nouveaux, et un nombre encore plus grand d'espèces inédites. Les pièces les plus intéressantes sont des têtes de Scombéroïdes de Sheppy, qui ne peuvent pas être rapportés aux genres déjà établis, un nombre immense d’écailles, de dents et de fragmens de squelettes de Stonesfeld , parmi lesquels j'ai découvert plusieurs espèces que je ne connaissais point, et qui m'ont servi à compléter les caractères de celles dont j'avais précédemment reconnu l'existence , d’après le petit nombre d'exemplaires qui existent sur le continent. MM. Buckland et de la Bèche désignent sous le nom d'’Ichthyorulithes ces grands rayons de nageoires que l'on a pris jusqu'ici pour des défenses de Balistes ou de Silures , mais qui appartiennent à des genres éteints de ma famille des Cestraciontes. Il y en a un très-grand nombre au Musée d'Oxford , provenant de toutes les formations antérieures à la craie. On y trouve également une très-grande quantité de dents détachées de tous ces poissons , et des Squales et des Myliobates de l'argile de Londres. Les exemplaires de poissons entiers qui s’y trouvent , proviennent surtout du calcaire magnésien, du calcaire portlandien et du Lias de Lyme-Regis ; il y en a même plusieurs espèces nouvelles. Dans la masse de coprolithes que M. Buckland a recueillis, et qui proviennent de différentes formations, entre autres de la houille, du Lias et de la Craie, j'ai reconnu les écailles de plusieurs espèces de poissons contemporains des grands Sauriens et des poissons voraces dont ces coprolithes proviennent. M. Buckland m'a aussi communiqué , de la part de M. Flesher, une espèce nouvelle de Pholidophorus, trouvée dans l’oolite ferrugineuse , près de Northampton. Mais la plus grande obligation que j'aie à M. Buckland est de m'avoir accompagné dans tout mon voyage en Angleterre, de m'avoir fait remarquer les points les plus intéressans pour la géologie, et de m'avoir conduit chez tous les géologues qui possèdent des poissons fossiles, et dans tous les musées de province où il savait que l’on en conserve. Sans lui je n’aurais. probablement pas vu la moitié des collections que nous avons visitées ensemble, et je n'aurais surtout pas pu recueillir des renseignemens aussi précis sur le gisement des fossiles que l’on y conserve.

Les collections de sir Philippe Egerton à Oulton-Park , et de lord Cole à Forence-Court. sont des plus importantes pour l'étude des poissons fossiles, à cause du grand nombre d’espèces qu’elles contiennent , et qui proviennent de toutes les localités où lon a déjà trouvé des ichthyolithes. Il n’y a sur le continent que la collection de M le comte de Münster et celle du Musée de Paris qui les égalent. Les espèces qui se trouvent réunies dans les collections des

deux amis anglais, sant à-peu-près les mêmes ; car ils se sont ordinairement partagé les plaques correspondantes des espèces qu'ils ont pu acquérir. Outre de- nombreuses espèces provenant des localités les plus intéressantes d'Angleterre, j'ai surtout été surpris d'y rencontrer des espèces nouvelles de Solenhofen, et encore plus étonné d'y trouver les types de six genres nouveaux et d’une douzaine d'espèces inédites des schistes de Glaris, dont je n’avais trouvé aucune trace dans les collections suisses les plus considérables. Les autres proviennent en particulier de Malte, de Newbury en Amérique, d'Oeningen, de la molasse suisse, des lignites de Bonn, du calcaire de Steinheim , de Radusa en Sicile , de Monte-Bolca , de Sheppy, de la craie de Maëstricht , de Kent , d'Amérique et de Quedlimbourg, de Tilgate et d'Hastings, de Purbeck , de l'argile de Shotover, de Stonesfield , de Boulogne-sur-Mer, du Lias de Lyme-Regis, de Seefeld , du Muschelkalk et du grès bigarré d'Allemagne, du Zechstein d’Eisleben et d’'Ilmenau, de la houille de Saarbruck et de Munster-Appel , du Mountain- Limestone de Bristol, etc.

Les collections. d’Edimbourg m'ont offert des nouveautés bien extraordinaires , provenant surtout des carrières de Burdie-House, qui sont devenues un terrain classique pour la géologie. En décembre 1853, M. le docteur Hibbert a lu à la Société Royale un mémoire concernant le calcaire de Burdie-House, et tendant à démontrer que les couches de ce calcaire (qui forme une des assises inférieures de la formation houillère des environs d'Edimbourg), diffèrent essentiellement du calcaire carbonifère ordinaire, dont l’origine est évidemment marine, et qu’elles forment un dépôt particulier d’origine lacustre ou fluviatile. Les premiers fossiles caractéristiques qui ont été découverts dans cette localité, sont des plantes semblables à celles que l’on trouve dans la houille, un poisson ayant l’apparence des poissons d’eau douce, une dent parfaitement bien conservée, semblable à celles des Crocodiles, des coprolithes assez nombreux, et surtout une immense quantité de petits fossiles ressemblant beaucoup aux Cypris Faba. Une pareille découverte intéressait vivement la géologie, et devait encourager à de nouvelles recherches ; aussi la Société Royale, à l’instigation de son secrétaire perpétuel, M. Robison , a pris dès-lors des mesures pour empécher la dispersion de fossiles aussi précieux et pour assurer aux sciences la propriété définitive du résultat des fouilles faites dans ces carrières. M. Robison a mis en particulier beaucoup de soin à conserver jusqu'aux moindres fragmens significatifs, et à les rapporter autant que possible aux grandes pièces desquelles ils s'étaient détachés. C’est ainsi que s’est formée la belle collection de la Société Royale, qui s'enrichit encore tous les jours de quelque pièce nouvelle. De son côté, M. le docteur Hibbert poursuivait'ses belles découvertes et ses intéressans travaux, et enregistrait au fur et à mesure les nouvelles espèces de fossiles qui reparaissaient au grand jour. Les cahiers de janvier et d'avril de {Edinburgh new philosop. Journal, contiennent des détails très-intéressans sur les fossiles qui ont successivement été trouvés, et sur leur gisement, ainsi que plusieurs figures de dents extraordinaires que l'on a découvertes, et qui proviennent d’un animal de taille gigantesque. Enfin, dans une des séances de la section de

=' #6 = Géologie de l'Association Britannique , réunie à Edimbourg en 1854, M. Hibbert a donné un résumé détaillé de toutes ses découvertes , d’où. il résulte que le calcaire de Burdie-House contient une grande variété de plantes, de petits entomostracés et de petites coquilles, plusieurs poissons inédits et des ossemens, des dents , des écailles et des coprolithes d'animaux gigantesques. Parmi les poissons dont la collection de M. le docteur Hibbert contient de beaux exemplaires, on remarque une espèce de Palæoniscus appelée par M. Hibbert P. Robisoni, remarquable par sa forme élancée et la ténuité de son corps; le type d’un nouveau genre , voisin des Palæoniseus et des Platysomus, que j'appelle Eurynotus crenatus, dont le bord postérieur des écailles est crénelé (e°est à M. le professeur Jameson que je dois les plus “beaux exemplaires de cette espèce); une troisième espèce qui appartient au genre Pygopterus, et qui a reçu le nom de P. Bucklandi. Quant aux Ichthyodorulithes de cette localité , ils sont si différens de ceux que l’on connaissait déjà , que j'en ai fait un genre particulier sous le nom de Gyracanthus formosus. Mais le genre le plus remarquable de cette localité est sans contredit le Megalichthys Hibberti. Il repose sur l'existence de dents énormes , coniques et légèrement comprimées , dont les plus grandes ont au moins deux pouces et demi de long , qui sont entièrement recouvertes d’une couche d’un émail encore brillant , et qui ont à leur base de grosses rides verticales, semblables à celles que l’on observe à la base des dents de l'Ichthyosaurus platyodon, du Lophius piscatorius et du Lepidosteus Spatula. Avec ces dents, l’on a trouvé des écailles aussi grosses que celles des Crocodiles , et différens os de la tête qui proviennent certainement du même animal. La position de ce fossile extraordinaire dans la série des vertébrés a paru un moment douteuse. M. Hibbert croyait pouvoir le ranger dans la classe des Reptiles ; mais après un mür examen , j'ai dû adopter une autre opinion, à laquelle j'ai aussi ramené M. Hibbert : c’est que ces débris proviennent d’une famille particulière de poissons qui ne comprend que deux genres dans la création actuelle, mais dont les représentans peuplaient surtout les mers qui recouvraient la terre avant la déposition des terrains crétacés , famille que j'ai appelée Sauroïdes , à cause des nombreux rapports que ces poissons ont avec les reptiles de l’ordre des Sauriens. M. Hibbert a donné de jolies figures de tous ces fossiles dans l’ouvrage qu’il a publié sur la géologie des environs d’'Edimbourg. Si je me suis un peu plus étendu sur les fossiles de Burdie-House que sur ceux des autres localités, c’est parce que leur organisation particulière a soulevé des questions d’une grande importance pour la géologie et pour la science des fossiles Les discussions qui se sont engagées à ce sujet, sont de nature à faire époque dans l'appréciation des formes de la vie organique que révèlent les fossiles des différentes époques géologiques, puisqu'elles ont démontré que les types primitifs des êtres qui ont habité successivement la terre offrent, dans les premiers âges , une réunion de caractères qui se trouvent d’abord combinés dans certaines classes, mais qui en disparaissent plus tard, pour se développer de nouveau dans d’autres classes , lorsque celles-ci se différencient de plus en plus. Afin d'encourager les travaux qui seraient faits sur ces fossiles, l'Association britannique a voté une somme de cent guinées que Tow. I. 3

ER, ce le comité, chargé de diriger ces recherches, a mis à ma disposition, pour me faciliter l’exécution des dessins des poissons fossiles d'Angleterre qui m'ont paru nouveaux et que je me propose de décrire. Outre les espèces mentionnées ci-dessus, la collection de M. le docteur Hibbert renferme de beaux poissons fossiles de Caithness , d’Ashford en Derbyshire , de Monte- Bolca, de Ménat, et des dents de l’oolite de Malton et de Sheppy. Outre les Eurynotus déjà indiqués plus haut, M. le professeur Jameson possède aussi plusieurs autres espèces de Burdie-House, une tête de Cephalaspis du vieux grès rouge, très-remarquable en ce que c’est la seule que j'aie vue recouverte de toutes ses belles écailles perlées, et une plaque de ces grosses écailles du vieux grès rouge de Fifeshire que M. le docteur Fleming a décrites et figurées dans l’Edinb. Journal of Nat. et Geogr. Sciences, n° 2. Il y a aussi au Musée d'histoire naturelle de l’Université quelques poissons fossiles de Monte-Bolca.

M. le docteur Traill m'a communiqué une superbe . collection de poissons fossiles des iles Orkney , sur le gisement desquels il a lu un mémoire intéressant à la section de Géologie. Quelques-unes des espèces qu'il a trouvées sont les mêmes que celles que MM. Sedgwick et Murchison ont représentées dans leur Mémoire sur les schistes de Caithness ; mais la plupart sont nouvelles ; elles constituent même plusieurs genres nouveaux , dont le plus singulier est certainement le Cheirolepis , auquel j’ai donné le nom de M. Traill. Je dois également à M. Traill une belle collection de poissons de la Guyane, parmi lesquels j’ai trouvé plusieurs genres dont je désirais depuis longtemps faire la dissection.

Lord Greenock m'a appris à connaitre plusieurs espèces de la houille que je n’avais point encore rencontrées. Il a découvert à New -Haven , près d’Edimbourg , dans la formation houillère, un gite de géodes de fer carbonaté, dont la plupart ont pour noyau des poissons fossiles qui présentent les plus grands rapports avec ceux du Hundsrück, mais parmi lesquels j'ai remarqué des pièces inédites. J’ai encore trouvé chez lui plusieurs fragmens et des écailles très-bien conservées de Megalichthys, provenant de la houille mème des environs d'Edimbourg.

M. Léonard Horner m'a aussi fait part de fragmens intéressans de poissons, trouvés dans la houille d’Edimbourg , et en particulier de rayons de nageoires de forme arrondie, qui m'étaient inconnus.

M. Jameson Torrie m'a communiqué un beau choix de poissons de Caithness , de Gamrie, d’Autun, de Torre d’Orlando, de Monte-Bolca , d’Aix et de Sinigaglia, parmi lesquels j'ai trouvé des exemplaires qui m’ont servi à compléter les caractères de plusieurs espèces que je connaissais déjà. Chez M. Copland, j'ai vu une collection semblable, dans laquelle j'ai remarqué un beau Mesogaster sphyrænoïdes de Monte-Bolca. Cette espèce paraît fort rare ; je n’en connais encore que trois plaques.

M. le docteur Knight, d’ Aberdeen, m’a fait un très-bel envoi d’Ichthyolithes de Gamrie, parmi lesquels j’ai trouvé une espèce nouvelle et de fort beaux exemplaires de celles que j'avais déjà vues de cette localité.

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M. le professeur Johnson , de Durham, m'a remis un très-bel exemplaire de Platysomus du calcaire magnésien. .

À H'altington, le musée de sir John Trevelyan m’a paru très-remarquable ; il contient surtout une collection magnifique de coquilles et d’échinodermes. Parmi les poissons, j'ai trouvé un bel exemplaire du Polyodon Folium , des Syngnathus , des Lophius et des Ostracions curieux et des mâchoires et des dents séparées de différens genres. M. Walter Trevelyan m'a communiqué de beaux exemplaires des poissons de New-Haven et de Durham, et des dents du Lias, de Stonesfield et de Sheppy, parmi lesquels se trouvent des espèces non décrites.

La collection de plantes fossiles du Musée de Newcastle-sur-Tyne est l'une des plus importantes qui existent ; elle comprend surtout des originaux de la Flore fossile anglaise de MM. Hutton et Lindley. M. Hutton, qui s’occupe principalement de l’agrandissement de la collection et de la réunion de toutes les pièces qui peuvent éclairer et compléter l’histoire des espèces dont on ne connait encore que des fragmens , y a réuni tout ce que les immenses mines des environs ont produit jusqu'ici de plus remarquable. Parmi les poissons que possède le Musée, on remarque de grandes écailles de Megalichthys de Burdie-House, des rayons de Gyracanthus , des poissons de Caithness , et plusieurs beaux exemplaires de ceux du calcaire magnésien d'East-Thickley..

M. Witham , de Lartington, l’auteur des Recherches sur la structure interne des végétaux fossiles, possède, dans son joli musée, la plus belle collection de poissons fossiles du calcaire magnésien qui existe. Ce sont, pour la plupart, les originaux des belles planches qui ont été publiées par M. Sedgwick dans son Mémoire sur les relations géologiques du calcaire magnésien (Magnesian Limestone). À la demande de M. Buckland, M”° Anne Surtees, de Mainsforth, a eu lobligeance de m'envoyer aussi les plus beaux fossiles qu’elle possède de cette formation.

Le Musée de Witby est important pour l'étude des fossiles en général , à cause de la grande quantité d'objets précieux qu’il contient, et notamment par les poissons fossiles qui s’y trouvent. M. Young y a réuni plusieurs espèces du Lias que je ne connaissais point encore, entre autres un Lepidotus et un Pachycormus, remarquables par leur état de conservation parfaite, et des fragmens gigantesques d’un poisson qui surpassait certainement par sa taille tous ceux dont on a découvert jusqu'ici des traces : ce sont des os de la tête, entre autres un os frontal de plus d’un pied de long, et des ares branchiaux brisés , avec des fragmens de nageoires. On n’a pas encore trouvé les dents de ce géant marin que je désigne sous le nom de Gyrosteus. Les autres ichthyolithes sont de Monte-Bolca ; il y a aussi beaucoup de Pyenodontes et d’Hybodontes de l’oolite de Malton. Le poisson indiqué à page 82 du 2° vol. comme une espèce douteuse de Palæoniscus, d’après la pl. 16, fig. 7 et 8 (1"° édition) de la Géologie de Yorkshire de M. Young, est le Lepidotus mentionné ci-dessus et considérablement réduit. J'appelle maintenant cette espèce Lepidotus semiserratus. M. Henri Belcher , M. Ripley et M. Young m'ont encore communiqué plusieurs beaux exemplaires de leurs collections particulières,

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Le Musée public de Scarborough, confié aux soins de M. Williamson , contient aussi de beaux poissons du Lias des environs ; ce sont les mêmes espèces qu’à Witby; il y a également des dents de l’oolite de Malton et de largile de Speeton. M. le docteur Murray en possède aussi plusieurs dans sa collection particulière, entre autres un Dapedius Orbis de Barrow sur la Soar. M. Beane a aussi plusieurs espèces intéressantes du Lias et du calcaire magnésien , mais surtout de beaux morceaux du grand poisson de Witby.

Le Musée d’York s'étend tous les jours par les soins de M. le professeur Phillips. Je ne connais pas de collection qui soit mieux disposée pour faciliter l'étude. Il contient beaucoup de poissons fossiles, parmi lesquels il y en a de très-remarquables, surtout du Lias de Witby et de Barrow, de Swanage, du Bedfordshire, du calcaire magnésien , de Clarence Railway, et de la formation houillère. Parmi les fragmens, on remarque de belles màâchoires de Slingsby, des dents de l’oolite de Malton , de largile de Speeton , de la craie de Wiltshire et de l'argile de Sheppy. Dans sa collection particulière, M. Phillips possède un poisson remarquable du terrain houiller de Halifax, de belles séries de dents de Stonesfield, de l’oolite d’Atford et de la craie de Wiltshire. M. J. Allis m’a aussi communiqué un beau poisson de Portland, des vertèbres et des dents de l’argile de Speeton, et un ichthyodorulithe du terrain bouiller de Clee près de Ludlow, qui m'était inconnu.

L'Institution philosophique et littéraire de Leeds possède un très-joli musée, dans lequel on remarque deux têtes de poissons fossiles d’une rare beauté, dont l’une a environ un pied de long , ainsi que le tronc du poisson qui portait la plus grosse de ces têtes. Tous les os du crâne, de la face et de l'appareil hyoïde sont visibles et recouverts, comme les grandes écailles du tronc, d’un émail finement pointillé. Ces pièces, qui proviennent du terrain houiller, n’ont paru identiques avec les fragmens du Megalichthys Hibberti que j'avais vus quelques jours auparavant à Edimbourg. M. le professeur Phillips en avait envoyé à M. Cuvier des dessins qui se trouvent encore dans le portefeuille de poissons fossiles du grand naturaliste français.

M. Randyl, à Stockson, m’a communiqué de beaux exemplaires des Palæoniseus du ealcaire magnésien. M. Pease, de Darlington , a bien voulu aussi me confier les siens. M. le révérend Denison , à Oxford, m’en a également envoyé de la même formation, qui sont trèsbien conservés , ainsi qu’une belle tête d’une espèce encore inconnue de Sheppy.

Lord Fitz-William a eu l’obligeance de me faire voir lui-même , à Wentworth, quelques plaques d’un grand Lepidotus de Loftus : c’est la même espèce que l’on a trouvée à Witby et à Scarborough.

À Manchester , M. le docteur Holme m'a fait voir de beaux exemplaires de Palæoniscus du Lechstein.

M°° Baker, de Northampton, a bien voulu m'envoyer les beaux poissons fossiles qu’elle possède dans sa collection. Il existe une belle lithographie du plus parfait de ces exemplaires, que j'avais vue à Paris chez M. Cuvier : c’est le Lepidotus de Nine-Churches. Les autres sont des espèces nouvelles.

Dans le Muséum de M. Weaver , à Birmingham, il se trouve un magnifique Tetragonolepis, constituant une espèce nouvelle. Ce fossile unique , qui est la propriété de M. Greaves . a été trouvé à Stratford sur Avon.

M. Strickland m'a fait remettre un très-beau choix de poissons de Portland, composé d'exemplaires presque parfaits ; l’une des espèces est mon Lepidotus minor, l’autre une espece inédite du genre Microdon , qui ne s’est encore trouvée qu'à Solenhofen, et tout récemment en fragmens à Stonesfield. Les fragmens incomplets ne sont pas encore déterminés.

Dans le musée de M. Crosthwaite , à Keswich, j'ai vu une demi-mâchoire très-singulière d’un poisson du Mountain-Limestone , qu'il ne m'est pas encore possible de rapporter à un genre tonnu.

A Liverpool , MM. Parker et Tinné m'ont donné divers objets d'histoire naturelle auxquels j'attache beaucoup de prix ; ils m'ont aussi communiqué des renseignemens fort intéressans sur les poissons de la Guyane. Le Musée de cette ville possède un superbe Gasteronemus rhombeus de Monte-Bolca. ;

Dans le Musée de la Société Royale de Dublin, M. Scouler m'a fait voir les originaux des figures qui accompagnent les Mémoires de MM. Graydon et Bozza sur les poissons de Monte- Bolca, insérés dans le 5° vol. des Transact. de l’Académie irlandaise, p. 281 et suiv. Ce sont : le Gasteronemus rhombeus ; le Myripristis homopterygius , le Sparnodus elongatus, et un poisson composé d’une tête de Sparnodus ovalis et du corps d’un Lichia prisca. I y a aussi plusieurs beaux poissons de Monte-Bolca au Musée du Collége de la Trinité. M. Macartney m'a fait voir la collection anatomique de l’Université, où l’on remarque de beaux squelettes. Le Musée du Collége des Chirurgiens renferme une belle collection de squelettes, dans laquelle se trouvent les squelettes de quelques poissons rares. Mais ce que j'ai vu de plus intéressant à Dublin, c’est un grand nombre de Cervus megaceros, avec des bois gigantesques et plusieurs squelettes très-complets de cette espèce. Ges fossiles sont assez communs dans ce pays, pour qu’on les voie quelquefois figurer comme ornement à l'entrée des pares.. ou même comme enseigne au-dessus de la porte des tavernes. J’en ai aussi vu plusieurs pendant mon séjour chez lord Cole , à Florence-Court. Quant à la collection de poissons fossiles de lord Cole (maintenant lord Enniskillen), elle est mentionnée plus haut à page 15. M. Scouler possède, dans sa collection particulière, quelques poissons rares du terrain houiller d’Ecosse , qu’il a bien voulu me communiquer. Je ne saurais trop me louer de la libéralité , de l’obligeance et de la prévenance des savans irlandais.

En arrivant à Bristol, je ne connaissais encore que quelques fragmens de poissons fossiles du calcaire carbonifère, que j'avais vus chez M. Cuvier. Je désirais surtout voir les fossiles de cette formation peu connue sur le continent, mais qui me paraissait devoir être très-riche en poissons fossiles, d’après quelques échantillons de roche que j'avais vus ailleurs et qui en contenaient de nombreux fragmens indéterminables. Mon attente n’a pas été trompée. Le Musée de l’Institut de Bristol, fondé par Miller, renferme maintenant les belles collections de

En ans

ce naturaliste, et avec elles aussi les exemplaires originaux de toutes les planches de son ouvrage sur les Crinoïdes. Par les soins assidus de M. Stutchbury, secrétaire de cette Institution. et de M. le docteur Riley, le Musée s’étend encore tous les jours. Il renferme surtout de magnifiques séries des fossiles que l’on trouve dans les terrains de Bristol et des environs. En fait de poissons, jy ai trouvé plusieurs espèces nouvelles et même des genres nouveaux du calcaire carbonifère (Mountain-Limestone) mais seulement des dents et des rayons épineux de dorsales ; ils appartiennent tous à la famille des Cestraciontes. On y remarque aussi une immense quantité de fragmens, provenant d’une espèce de brèche osseuse qui se trouve sous les couches inférieures du Lias ; parmi ces fossiles , il y a des espèces nouvelles , mais plusieurs m'ont paru identiques avec celles du Keuper , que M. d’Alberti a recueillies en Wurtemberg. Les autres poissons du Lias sont de larges plaques portant plusieurs rangées de dents d’Aerodus et d'Hybodus de Lyme-Regis. Il y à aussi beaucoup d’Hybodontes et de Pycnodontes, ainsi que des Ichthyodorulithes de la grande oolite et de Stonesfield, des dents et des palais de Raies , et des têtes de Sheppy. L’Institution doit à M. le docteur Fox un superbe exemplaire d’une espèce nouvelle de Tetragonolepis du Lias blanc de Banwall, et à MM. Mathew Wright et William Cloyfield, de beaux exemplaires d’Ichthyodorulithes du Lias et de la houille de Dudley. M. J. N. Sanders a fait hommage à l’Institution d’une Raïe fossile , qui est certainement l’une des découvertes les plus remarquables faites dans le Lias de Lyme-Regis. M. Riley a très-bien décrit cet animal sous le nom de Squalo-Raja , et lui a assigné sa véritable place parmi les poissons cartilagineux. M. Grant, prenant, d’après la description de M. Riley, le prolongement du museau pour des mâchoires , pense que c’est plutôt un reptile. Mais l'examen attentif que j'en ai fait me permet d’assurer que c’est un genre particulier de la famille des Raies, différent de tous ceux qui existent maintenant. Dans la collection particulière de M. Riley, j'ai observé de belles dents de la craie et de Sheppy. La collection de M. Cumberland est très-riche en poissons fossiles ; jy ai remarqué plusieurs espèces nouvelles , que M. Cumberland a bien voulu me confier pour les faire dessiner, entre autres des poissons du Lias de Lyme-Regis, de Bath, de Hastings, de la craie et de Sheppy. Parmi ces derniers, il se trouve des plaques de plusieurs rangées de dents, qui constituent un genre nouveau que je distingue sous le nom de Phyllodus. M. Cumberland m'en a donné un dessin qu’il avait fait lui-même. M. Johnson possède aussi une très- belle collection de fossiles, dans laquelle on remarque des poissons superbes, dont plusieurs sont inédits : tels sont un Microdon de Purbeck, un Pholidophorus de Bath, plusieurs màchoires complètes d’Acrodus et d'Hybodus, et de très-grands Tetragonolepis du Lias ; enfin des dents et des ichthyodorulithes du calcaire carbonifère.

Sachant qu'on avait trouvé à Lyme-Regis tant de fossiles de toutes les classes du règne animal, et des plantes si curieuses , je devais m’attendre à découvrir dans cette localité un plus grand nombre de poissons fossiles que ceux qui avaient été signalés avant que l’on s’en oceupât d’une manière suivie. Le résultat de mes recherches a surpassé toute attente. A

ce. OR de Lyme-Regis même, j'ai vu dans la collection de miss E. Philpot trente-quatre espèces nouvelles de poissons du Lias de cette localité seulement, dont plusieurs appartiennent à des genres nouveaux, sans compter toutes celles que j'avais déjà vues dans d’autres collections , et que je retrouvais ici. Ne pouvant rester que quelques jours à Lyme-Regis, miss Philpot a bien voulu consentir à me laisser emporter toutes ces espèces pour que je pusse les décrire en détail. Cette collection m'a été d’autant plus précieuse, que miss Philpot et Marie Anning ont pu m'indiquer avec certitude quels sont les ichthyodorulithes qui correspondent aux différens types de dents. Avec cette clef, j’ai pu atteindre d’importans résultats, et rapporter, dans d’autres formations, diverses formes de dents et de défenses les unes aux autres, en combinant tous les modes d'association déjà connus de ces fragmens. La collection de miss Philpot contient en outre de très-belles dents de la craie de Penhay et de Wiltshire.

Tout le monde sait que le Musée de M. Mantell, à Brighton, est. une collection classique pour la craie et la formation des Wealden. Les soins minutieux que M. Mantell a donnés depuis bien des années à ses fossiles, les ont rendus plus parfaits que ceux des autres musées : car souvent il est parvenu à les détacher entièrement de la roche dans laquelle ils se trouvaient, ou du moins à les mettre.en relief, en enlevant toutes les matières solides qui recouvraient les parties les mieux conservées de l’animal. Il a donné dans ses ouvrages de belles planches d’une partie de ces espèces. Sa collection contient aussi le plus grand nombre d’espèces des Wealden; mais comme elles ne sont pas toutes figurées dans son ouvrage sur les fossiles de Tilgate, je dirai qu’elles appartiennent aux genres Lepidotus, Pholidophorus et Hybodus , qui caractérisent les terrains oolitiques.

En descendant le Rhin pour aller en Angleterre , j'ai visité quelques collections intéressantes qui m'ont aussi fourni des matériaux importans sur les poissons fossiles.

L'absence de M. Kaup m'a fait passer outre à Darmstadt, où il existe aussi, à côté des célèbres ossemens d’Eppelsheim, une grande collection de poissons fossiles qui mériterait d’être examinée attentivement. Mais à Francfort j'ai examiné à loisir les trésors nouvellement arrivés du dernier voyage de Rüppell. Ces collections sont aussi vastes, aussi admirables et d’une importance aussi grande pour la science , que celles de ses précédens voyages. Parmi les poissons, j'ai surtout étudié les squelettes qu'il a rapportés, et j'ai fait un catalogue complet de toutes les espèces de la mer Rouge, afin de pouvoir les comparer avec celles des différens bassins tertiaires circonscrits. M. Rüppell m’a fait remarquer sur le Polypterus quelques particularités encore inconnues de son organisation. M. Hermann de Meyer m'a montré les fossiles du musée que je n’avais pas encore vus, entre autres un Acanthodes Bronnii avec de petites ventrales ; un petit poisson de Mellili, qui est mon Cottus papyraceus; et un autre de Nicolsia qui n’est pas déterminable. Dans la collection particulière de ce savant, j’ai trouvé de belles séries de dents de Squales de Flonheim, d’Ufhofen, d’Alzey et d'Eckelsheim. M. de Meyer m'a aussi communiqué des notes détaillées sur le petit Lebias de l’argile de Francfort. Je ne pense pas que le fossile décrit et figuré par Rüppell, dans ses Versteinerungen aus der

Kalkschieferformation von Solenhofen , soit un simple coprolithe , comme l’a cru M. de Meyer. Je crois au contraire que c’est un tube organique, et la différence dans la substance corticale de ce fossile m’en paraît la preuve; c’est probablement un fragment d’intestin , plutôt qu’un animal entier ; il provient peut-être, comme les Lombricaires, de quelque poisson, ou même d’un Saurien de Solenhofen,

Le Musée de Bonn est devenu classique , depuis que M. Goldfuss a commencé à décrire ce qu'il contient. Toutes les classes y sont également représentées ; celle des poissons se distingue par de belles plaques de la craie de Westphalie, représentant plusieurs espèces nouvelles qui appartiennent aux genres Istieus, Beryx, Engraulis et Osmerus. Il y aussi beaucoup de dents de la craie et du grès-vert, quelques poissons de Glaris, de Solenhofen, de Dainting et du Zechstein, une grande espèce nouvelle de Leuciscus des lignites de Bonn, deux dents de Psammodus rugosus de l’Eifel, identiques avec celles du calcaire houiller de Bristol, et plusieurs espèces de dents de Squales des environs d’Alzey.

J'ai aussi reçu à cette époque divers envois contenant plusieurs objets précieux ; M. C. Prévost en particulier m’a fait remettre la figure d’une espèce nouvelle de Pachycormus des Vaches Noires. M. Jules Amic m'a communiqué les figures d’une belle collection de poissons fossiles du Liban, la plupart nouveaux pour moi, et qui me permettront enfin de déterminer les rapports des poissons de cette localité avec ceux des terrains déjà bien connus. M. Carteret, qui a hérité de la collection de M. Régley, a eu la complaisance de permettre à M. Dinkel de terminer pour moi les dessins des espèces nouvelles qu’elle renferme.

M. Partsch m'a envoyé des poissons fossiles de Hongrie et de la Basse-Autriche, et M. Fitzinger un long mémoire manuscrit sur tous les poissons fossiles à lui connus, ainsi qu’un catalogue très-détaillé de toutes les espèces que possède le Musée impérial de Vienne, et de celles qui se trouvent dans la collection de M. Partsch.

M. Engelmann a bien voulu me faire faire un dessin parfaitement exécuté du grand Cétacé du département du Haut-Rhin, qui est dans la collection de la Société industrielle de Mulhouse, et avec lequel on a trouvé des dents de Lamna, que M. Voltz possède maintenant.

M. le comte de Munster, qui, pendant l’été de 1854, a fait un voyage géologique dans différentes parties de l'Allemagne, a eu l'attention de m'envoyer des calques de toutes les espèces intéressantes qu’il a observées dans différentes collections, avec des descriptions trèsexactes de leurs caractères les plus importans. La plupart de ces espèces me paraissent réellement nouvelles ; il y en a qui doivent être d’une beauté remarquable.

J'ai aussi reçu de Suède, de la part de M. Nilsson , une petite caisse contenant des poissons fossiles. Ce sont des espèces nouvelles très-intéressantes du Lias et de l’époque de la Craie.

Ne voulant rien négliger de ce qui pourrait contribuer à compléter mes Recherches sur les poissons fossiles, et à consolider les résultats que j'avais obtenus, je suis retourné en Angleterre en 1855, pour y revoir les nombreux matériaux que j'avais déjà examinés l’année précédente, et en particulier pour collationner les dessins que M. Dinkel avait faits depuis

que je l'avais laissé à Londres, lors de mon premier voyage. Désirant achever ce travail le plus tôt possible, j'avais pris avec moi un second artiste, M. Weber, qui jusque là avait été chargé du soin de lithographier mes planches , espérant que par leurs efforts réunis ces messieurs réussiraient à términer pendant l'été les dessins des objets indispensables pour mon ouvrage. Mais telle est la richesse des collections que j'ai pu examiner, et telle est la libéralité de ceux à qui elles appartiennent , que notre travail s’est accrü chaque jour, et que M. Dinkel a dû faire un séjour de sept ans à Londres, pour dessiner tous les fossiles dont il m'importait de posséder des figures. Aussi mes porte-feuilles se sont-ils remplis au point que si je ne m’efforçais pas constamment d’abréger mon texte et de réunir le plus grand nombre possible de figures sur chacune de mes planches, je serais obligé de doubler au moins le nombre de mes livraisons pour y comprendre toutes ces nouvelles découvertes. Cependant , loin d’imiter les éditeurs d'ouvrages dont le succès est assuré, et de multiplier à l'infini le nombre de mes livraisons, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour réunir dans dix-huit livraisons une masse de matériaux à peu près double de ce que je comptais faire entrer dans douze lorsque j'en ai commencé l'impression. La vente de mes dessins originaux m'a fourni les moyens de faire un pareil sacrifice, et c’est avec plaisir que je chercheraï de cette manière à avancer des recherches qui ont fait pendant nombre d'années les délices de ma vie.

Quiconque connaît les difficultés de tout genre qu’il faut surmonter pour mettre en train la publication d’un ouvrage aussi étendu et d’une exécution aussi difficile que celui-ci, ne pourra disconvenir que c'était une entreprise gigantesque pour un simple particulier sans appui. Ce n’est même qu'au moyen de sacrifices inouïs, dans ma position, que je suis parvenu à réaliser mon projet de faire connaitre tous les poissons fossiles que je parviendrais à déterminer rigoureusement. Il esf vrai que l'appel que j'ai fait aux savans, de concourir à cette œuvre scientifique , a eu partout du retentissement, et que de toutes parts des matériaux importans m'ont été communiqués avec la plus grande bienveillance. Mais cet empressement même, à mettre à ma disposition les trésors de toutes les collections , a augmenté encore mon embarras, par lobligation qui en est résultée pour moi , de décrire et de publier tout ce qui m’a été confié. C’est sans doute pour alléger le fardeau d’une pareille obligation qui m'était en quelque sorte imposée, que lAssociation Britannique pour lavancement des Sciences , a renouvelé en 18535 le don de cent guinées qu'elle avait affecté l’année précédente aux recherches qui seraient faites en Angleterre sur les poissons fossiles. Cette somme m’ayant été adjugée par le Comité chargé d’en diriger emploi, a été employée, en partie, au transport des milliers de poissons fossiles qui ont été réunis pendant plus d’une année dans les appartemens de la Société géologique de Londres, et en partie à les faire dessiner par mes artistes. Si de pareils encouragemens sont honorables pour celui qui les reçoit, ils ne font pas moins honneur aux associations scientifiques qui comprennent aussi noblement leur mission.

Parmi les nouvelles acquisitions que j'ai faites en 1835, celles qui proviennent d’Angle-

To. I. a

ce DELRE terre occupent le premier rang. Pendant la session de l'Association Britannique pour l’avancement des Sciences, à Dublin, M. le capitaine Portlock a fait voir à l'assemblée une espèce très-remarquable de Palæoniscus du grès-bigarré , que je décrirai sous le nom de P. catopterus. C’est le premier poisson entier qui ait été découvert dans cette formation. Depuis, il a été envoyé à la Société géologique de Londres un bloc de cette même roche, de trois: pieds de long sur un et demi de large , sur l’une des faces duquel on ne voit pas moins de deux cent cinquante-deux exemplaires de cette espèce. Le Rév. M. Williams a exposé dans la même séance plusieurs fort beaux poissons du Lias de Whitby, entre autres un Pachycormus et plusieurs Dapedius Orbis très-complets. M. R. Hutton m’a donné à cette occasion des renseignemens précieux sur le Mallotus villosus fossile d'Islande. Il en possède plusieurs beaux exemplaires, rapportés par feu M. Gieseke, qui lui assura que les géodes dans lesquelles on trouve ces poissons continuent à se former sur les côtes. Maintenant donc l'identité de cette espèce avec un poisson vivant doit paraitre toute naturelle; ce n’est plus une exception à la loi générale que j'ai reconnue, savoir, que toutes les espèces fossiles non contemporaines de celles qui vivent aujourd’hui, en diffèrent spécifiquement.

A Londres , M. Lyell m'a communiqué des poissons du Lias , des dents de Pycnodontes du calcaire alpin des bords du lac de Thoune , et des vertèbres de Squales du Læss des environs de Bâle. Ces vertèbres différent bien certainement de toutes celles de la molasse que j'ai vues jusqu'ici ; et l’on ne saurait par conséquent supposer qu’elles proviennent de formations inférieures à ce dépôt limoneux. M. Lyell possède en outre un fossile extraordinaire , que je n’ai pas osé envisager comme un poisson, bien que, procédant par voie d'exclusion , les paléontologistes qui l’ont vu l’aient éloigné du règne végétal et des classes inférieures du règne animal , pour le reléguer dans le domaine de mes recherches. Il a bien quelque ressemblance éloignée avec les formes bizarres de certaines Raies; mais tout son corps semble recouvert d'écailles imbriquées. Les carriers qui l’ont découvert dans le vieux grès-rouge d’Ecosse, l'ont fait passer, en le vendant , pour un Chérubin pétrifié. Ce fossile a aussi acquis une grande célébrité par les allusions du Traité de Bridgewater de M. Kirby qui le concernent. La sagacité des naturalistes a été jusqu’en 1840 à l'épreuve au sujet de cette relique; mais à cette époque , cherchant de nouveau à en déterminer la nature, nous avons reconnu, M. Buckland et moi, que c'était une portion de la carapace d’un Crustacé colossal de l’ordre des Entomostracés. ‘

M. Greenough m'a fait voir un grand nombre de poissons fossiles de différentes localités , entre autres d’Ezzeit en Egypte, et une quantité de dents de Squales des terrains tertiaires d'Italie et de la craie d'Angleterre , dont plusieurs m'’étaient inconnues, et sur le gisement desquelles il m’a fourni des indications très-exactes. Les plus curieux de ces fossiles sont les mâchoires d’une Chimère, dont malheureusement on ne connait pas l’origine.

La collection de la Société Géologique de Londres contient beaucoup d’ichthyolithes que je n'avais pas vus précédemment. Pour les réunir tous sous mes yeux , M. Lonsdale a eu l’obli-

— 2 — geance de fouiller les immenses magasins de la Société. Les plus nouveaux sont de très-grands poissons de Malte, de la famille des Scombéroïdes (donnés par M. Collings) , une grande màchoire de Chimère de la craie de Cambridge, et un poisson du gault (donnés par le Rév. M. Hailstone), de très-beaux poissons d'Aix, parmi lesquels se trouve un genre nouveau (donnés par M. Bentham), des poissons de Sheppy ( donnés par M. Nicholson) , un Pholidophorus inédit ( donné par M. Fitton ), une belle collection d’ichthyolithes de Solenhofen (donnée par M. Hailand), et les fossiles de Caribary Cliff (donnés par M. Colebrooke), qui sont mentionnés dans le premier volume de la seconde série des Transactions de la Société, p. 135.

M. Kœnig m'a fait voir un grand nombre de poissons fossiles du Musée britannique , qui étaient restés enfouis jusqu'alors , entre autres plusieurs espèces de Sheppy constituant des genres nouveaux , un bec de Pristis très-bien conservé , et une fort belle collection de poissons du Liban envoyés par Lady Stanhope.

Le Musée du Collége des Chirurgiens contient aussi une assez grande quantité de poissons fossiles , que j'ai eu le plaisir d’examiner avec M. Rich. Owen , et parmi lesquels j’ai reconnu plusieurs espèces nouvelles de Sheppy et des terrains oolitiques d’Angleterre.

Dans la collection de la Société Zoologique de Londres, j'ai vu pour la première fois le Polypterus-dü Sénégal , et quelques poissons curieux qui constituent de nouveaux genres. Le Polypterus m'intéressait surtout comme lun des représentans actuels de cette grande famille des époques géologiques anciennes, que j'ai désignée sous le nom de Sauroïdes.

Le marquis de Northampton a bien voulu soumettre à mon examen une série très-considérable d’ichthyolithes de Monte-Bolca et de Torre d’Orlando.

Lord Cole et sir Phil. Egerton ont-de rechef réuni dans leurs collections un grand nombre de poissons fossiles nouveaux, entre autres des séries très-complètes de toutes les ‘espèces de Pholidophores de Lyme-Regis, et même un genre nouveau de cette localité, ainsi que des exemplaires de plusieurs espèces déjà connues, qui en rectifient et en complètent les caractères. Sir Phil. Egerton , en particulier , a découvert dans la houille du comté de Stafford plusieurs espèces et même quelques genres qui sont nouveaux pour cette formation.

M. Murchison a reçu de M. Garner de Stoke des exemplaires de ces mêmes espèces , trouvés dans le nord de ce comté. Il a lui-même découvert dans le prolongement méridional de ce vaste dépôt de houille , au nord de Wolverhampton , de nombreux fragmens de Megalichthys et de Diplodus, et, à Le-Botwood, dans un calcaire d’eau douce du terrain houiller de Shrewsbury (qu’il envisage comme l'étage le plus récent de la formation houillère du centre

de l'Angleterre), une espèce nouvelle de Ctenodus. — M°"° Murchison m'a communiqué de nouveaux poissons du grès-vert et de la craie d'Angleterre. — M. Stokes m'a encore remis des mâchoires de plusieurs espèces nouvelles de Myliobates de Sheppy. —M. John Murray

fils a réuni une très-jolie collection de poissons d'Aix, parmi lesquels j'ai reconnu une nouvelle espèce d’Anguille. — M. le docteur Somerville en possède: aussi plusieurs de Monte- Bolca et de Torre d’Orlando, et M. Benjamin Phillips quelques-uns du Liban et de Lyme-

Regis. — M. Bowerbank a une belle collection de poissons de Sheppy.—M. Bright m'a communiqué de ces mêmes poissons de Sheppy, et d’autres de la craie de Kent. —M. Goodhall m'a fait voir un bel Ichthyodorulithe de l'argile d'Oxford.

M. Ed. Charlesworth, qui a étudié tout particulièrement le Crag d'Angleterre , m'a communiqué une très-belle collection des poissons fossiles de ce terrain ; ils diffèrent tous de ceux qui habitent la mer du Nord.—M. Buxton, de Sheringham , m'a adressé une série également très-considérable de poissons de cette formation ; et M. Woodward, de Norwich, m'en a transmis de tout semblables, accompagnés des dessins qu’il en a fait faire.

À Cambridge, M. le prof. Sedgwick m'a fait voir la belle collection de fossiles du Collége de la Trinité, où se trouvent aussi déposées toutes les collections géologiques que ce savant a recueillies dans ses voyages. Parmi les poissons, j'ai remarqué de nombreux ichthyolithes de Barrow sur la Soar, et un Caturus de Solenhofen, qui est sans contredit le plus grand et le plus beau poisson fossile que l’on possède de cette localité; il est presque entier et a plus de sept pieds de longueur. Une des parties les plus intéressantes de ce Musée est l’ancienne collection de Woodward, qui renferme un grand nombre d’Ichthyolithes, de Glossopètres et de Buffonites, et en particulier tous les originaux des fossiles figurés dans l'ouvrage d’Augustin Scilla sur les corps marins pétrifiés, que Woodward avait achetés du savant italien. Cette collection est d’autant plus précieuse, qu'elle servira à vérifier et à déterminer exactement toutes les figures de Scilla, dont plusieurs seraient indéterminables sans les originaux ; je citerai entre autres la fig. 1 de la pl. XIT, qui représente un superbe fragment d’une espèce très-remarquable de Phoque, qui n’a point encore été décrite et qui diffère notablement de tous les Phoques vivans. J’ai décrit ce fossile sous le nom de Phocodon. — Lord Ch. Harvey m'a communiqué de très-belles dents et des vertèbres de Squales de la craie de Cambridge. Il possède aussi des dents et des vertèbres d’une nouvelle espèce d’Ichthyosaure de cette même formation. — Par les soins de M. le prof. Sedgwick, j'ai obtenu du Musée de Sunderland l'envoi d’un exemplaire très-complet d’un Platysomus du calcaire magnésien de Durham.

M. le prof. Jameson m'a envoyé un grand nombre de fragmens de quelques espéces nouvelles du calcaire de Burdie-House. M. Robinson m'a aussi communiqué tout ce que la Société Royale d'Edimbourg a acquis de nouveau de cette localité, et entre autres une immense plaque qui prouve que les écailles arrondies figurées par M. le docteur Hibbert ne sont point, comme je l'avais pensé, les écailles dorsales impaires du Megalichthys, mais qu’elles appartiennent à un poisson qui en diffère génériquement et que je décrirai sous le nom de Holoptychius. Je dois aussi des fragmens très-instructifs de ce poisson à M. Hibbert, qui a bien voulu m'envoyer aussi tout ce qu’il a pu se procurer de nouveau de Burdie-House , entre autres les belles mâchoires qu'il a figurées et décrites à la fin de son mémoire sur cette formation.

M. Mantell a encore enrichi sa belle collection de plusieurs espèces nouvelles , entre autres d’un Gyrodus de Tilgate et d’un nouveau genre de la famille des Pyenodontes , provenant de

LRU A la craie des Southdowns , et que j'ai nommé Acrotemnus. M. Weekes m'a aussi communiqué un nouveau Gyrodus de la craie du comté de Kent.

Miss E. Philpot a de nouveau rassemblé un assez grand nombre de poissons du Lyas de Lyme-Regis, qui diffèrent en partie de ceux que lon connaissait déjà de cette formation ; il s'est même trouvé dans le nombre plusieurs types de genres absolument nouveaux ou inconnus jusqu'ici dans le Lias. J'ai recu en outre, par les soins de lord Cole , deux espèces nouvelles de cette formation, découvertes par M. Marder.

M. le professeur Silliman m'a envoyé différentes dents de Squales fossiles des Etats-Unis. A la même époque, j'ai reçu de M. le comte de Sternberg, un rouleau considérable de beaux dessins, représentant toutes les espèces de poissons fossiles du Musée de Prague, que j'avais désignées comme les plus intéressantes de cette collection.

M. le docteur Buckland a fait une découverte du plus grand intérêt pour l'Icththyologie en reconnaissant que plusieurs fragmens d’os fossiles, rapportés successivement à divers reptiles , étaient des mâchoires de Chimères. Il a lu à la Société Géologique de Londres, dans sa séance du 4 novembre 1835, un mémoire sur ces fossiles, parmi lesquels il a distingué quatre espèces, dont deux proviennent des couches supérieures de la formation jurassique, et les deux autres des terrains crétacés. Depuis , j'en ai vu encore deux autres espèces dans les collections de la Société Géologique et de M. Greenough. Dans cette même séance, J'ai communiqué les résultats de mes recherches sur les Ichthyolithes provenant des couches qui constituent le sol de l'Angleterre. Leur nombre s’élève à quatre cents espèces, dont la moitié environ parait jusqu'ici appartenir exclusivement à l’Angleterre. Cependant , d’après la masse énorme de fragmens indéterminables que j'ai vus, je me suis convaineu qu'il y aurait encore des découvertes importantes à faire dans le système silurien , dans le terrain houiller, dans le Crag, et surtout dans argile de Sheppy, qui n’est pas moins riche en poissons fossiles que les schistes de Monte-Bolca. Je ne doute pas que quelqu'un qui s’établirait pour quelque temps à Sheppy, ne parvint à réunir une centaine d'espèces de cette localité.

M. Elie de Beaumont a de nouveau rassemblé de très-beaux poissons fossiles du caleaire grossier des environs de Paris, qui appartiennent aux familles des Scombéroïdes, des Chétodontes et des Perches.

M. Valenciennes m'en a communiqué de très-curieux , de Ménat, qui deviendront le type d’un nouveau genre, ainsi que d’autres d'Oran , et des dents de Pycnodontes de l'argile de Kimmeridge de Thieffram , département de l’Aube.

En Allemagne , M. le professeur Braun, de Baireuth , m'a communiqué de la part de M. le président d’Andrian le dessin d’une mâchoire supérieure de Placodus, qui se trouve déposée dans la collection du cercle de Baireuth , fondée par M. d’Andrian, et qu'ont surtout enrichie les dons de M. le comte de Münster. Cette mâchoire est très-intéressante, en ce qu'elle complète les caractères de ce singulier genre, et le rend plus extraordinaire encore qu’il ne paraissait d’abord. En avant des dents molaires , qui ont été décrites par M. le comte de

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Münster , et d’après lesquelles j'ai établi ce genre , se trouvent six dents coniques séparées des molaires par un intervalle assez considérable ; quatre de ces dents ressemblent à des ineisives, et les deux externes, un peu plus grandes, à des canines. Ce sont ces mêmes dents que l’on avait déjà trouvées détachées, et que j'avais cru pouvoir rapporter aux os pharyngiens de quelque grand poisson inconnu. M. Braun m'a envoyé en outre un dessin d’une série de sept dents d’un Acrodus du Muschelkalk, rangées encore dans leur position naturelle, comme on les voit sur la belle plaque d’Acrodus nobilis du Musée de Bristol.

M. le professeur Walchner m'a envoyé tout récemment des dents de Squales du grès-vert des Alpes qu'il a recueillies dans le canton d’Appenzell, et un exemplaire d’Ichthyolithe du Lias de Gothland.

M. Kaup m'a communiqué un très-grand nombre de dents de Squales de différentes localités bien déterminées, parmi lesquelles il s’est trouvé plusieurs espèces nouvelles ; il m'a aussi fait voir plusieurs beaux exemplaires de poissons de Monte-Bolca et d’autres formations , qui font partie de la collection du Musée de’ Darmstadt.

M. d’Alberti m'a fait un très-bel envoi supplémentaire des débris de poissons qu'il a trouvés dans la formation triasique du Wurtemberg : il y a plusieurs de ces espèces qui sont nouvelles et de nombreuses pièces qui complétent les caractères de celles qui sont déjà connues.

En Suisse , j’ai aussi obtenu des envois de plusieurs espèces nouvelles. M. Arnold Escher de la Linth m’a remis une masse de dents de la molasse du canton de Zurich et du grès-vert des Alpes; M. le professeur Studer m'a également communiqué tout ce que le Musée de Berne a acquis de nouveau en fait de poissons fossiles. Chez M. Hugi, j'ai vu derechef plusieurs espèces nouvelles pour le Jura, entre autres de très-beaux Asteracanthus , des Psammodus, des Periodus, des Lepidotus , et des dents qui appartiennent évidemment au Megalosaurus. Le plus curieux de ces fossiles est à mes yeux une plaque dentaire du genre Diodon, que M. Hugi prétend provenir de la formation jurassique; mais j'ai tout lieu de croire que ce genre ne se trouve que dans les terrains tertiaires.

M. Thurmann m’a envoyé tous les fragmens de poissons fossiles qu'il a recueillis dans les couches jurassiques des environs de Porrentruy; ils sont pour la plupart identiques avec les nouvelles espèces que j'ai vues en Angleterre.

M. Aug. de Montmollin a acquis de beaux exemplaires de divers Pycnodontes du Jura neuchâtelois, plus complets que ceux que nous possédions déjà.

Enfin, le Musée de Neuchâtel a fait l’acquisition d’une magnifique collection de poissons fossiles de Glaris, qui comprend plusieurs espèces nouvelles et même des genres encore inédits.

La formation du Muschelkalk, que je croyais d’abord très-pauvre en poissons, s'enrichit tous les jours de nouvelles découvertes. M. d’Alberti, à qui je devais déjà mainte espèce inconnue des géologues, m’en a encore adressé en 1836 plusieurs du Muschelkalk du Wurtemberg, qui ne se trouvent dans aucune des nombreuses collections de fossiles de ce terrain

ss

que j'ai examinées depuis quelques années. Cependant c’est au zèle de M. Mougeot que j'ai dû les additions etles communications les plus importantes sur les poissons du Muschelkalk. Je viens de recevoir par ses soins tout ce que sa collection et celles de M. Hogard, d'Epinal , et de M. Perrin , de Lunéville, contiennent de plus intéressant en fait de poissons. Il s’est derechef trouvé plusieurs espèces nouvelles parmi le grand nombre de pièces dont se compose cette magnifique série, ce qui m'a mis en état de compléter la description de plusieurs espèces déjà connues en partie, et de déterminer avec plus de précision la nature de quelques fossiles encore très-douteux. M. Hogard, à qui je devais déjà de nombreux dessins de ces débris, a eu l'attention de joindre à cet envoi des figures très-exactes de tous ceux que contiennent les trois collections mentionnées ; et M. Mougeot m'a donné sur leur gisement tous les renseignemens qui m’étaient nécessaires pour en compléter l'histoire.

M. le comte de Münster m'a encore adressé une suite de notes très-importantes sur les poissons fossiles qu’il a observés depuis l’année dernière, accompagnées de croquis très-nets. Ces notes contiennent des indications précises sur le gisement de plusieurs espèces de dents de Squales figurées dans mes planches, mais dont j'ignorais en partie l’origine. J'ai pu ainsi compléter mes descriptions de ces fossiles, avant de les livrer à l'impression. Ce n’est pas sans intention que j'avais fait lithographier avant l'impression du texte plusieurs planches de dents , exactement déterminées sous le rapport zoologique, mais sur la position géologique desquelles je manquais de renseignemens suffisans. Par ses observations, M. de Münster à comblé en grande partie ces lacunes ; il m’a en même temps indiqué beaucoup de localités nouvelles pour un grand nombre d'espèces. Ces notes contiennent en outre des observations critiques sur quelques espèces déjà décrites, et la description détaillée d’une vingtaine d'espèces entièrement nouvelles, parmi lesquelles un Squale presque entier des schistes de Kelheim, qui constitue un genre nouveau auquel M. de Münster propose de donner le nom d’Ællopos. J'ai intercalé ces précieux documens dans le texte de mon ouvrage, au fur et à mesure que les livraisons ont paru.

Dans le Jabrbuch de Leonhard et Bronn, 1854, page 558, M. le comte de Münster est revenu sur l'opinion que j'avais émise relativement aux Lombricaires , dans lesquels je ne vois que des intestins de poissons, et a fait des réserves pour certaines espèces rapportées à ce genre, qui lui paraissent ne pouvoir rentrer dans cette catégorie. Ces restrictions me paraissent cependant être les mêmes que celles que j'avais déjà faites aussi (Jahrbuch 1853. p. 676) ; ensorte que, loin de différer d'opinion, comme il pourrait le sembler, je crois que nous sommes parfaitement d'accord.

Sir Phil. Egerton m’a annoncé la découverte qu’il a faite de quelques nouveaux poissons fossiles de la craie et du Lias. M. Voltz m’a aussi communiqué quelques espèces qu’il a recueillies dans le midi de la France.

Pendant le cours des années 1857, 1838 et 1859, j'ai continué à recevoir des rensei-

ms FOUR gnemens précieux pour l’histoire des poissons fossiles, qui ont encore étendu le champ de mes recherches.

La majeure partie des poissons fossiles que j'avais observés en Angleterre ont été dessinés ; ceux de la collection du comte de Münster l'ont été également, grâce à l’obligeance avec laquelle ce savant a bien voulu surveiller et diriger l'artiste qui les a peints. J'ai pu dès-lors achever certaines parties de mon texte et cesser de morceler son impression. En continuant ma publication sur ce pied , j'espère parvenir à embrasser dans le cadre que je me suis proposé de remplir, l’ensemble des connaissances qu’il est possible d'acquérir maintenant sur les poissons fossiles en général. Heureux que je suis d’avoir ouvert une carrière nouvelle aux recherches paléontologiques , je n’espère pas moins laisser à mes successeurs une riche mine à exploiter. Différentes publications qui ont été faites récemmment , me donnent l’agréable certitude que bientôt les travaux particuliers sur les poissons fossiles vont se multiplier, et qu’un contrôle toujours précieux à l’avancement de la science va s'établir sur le terrain où j'ai poussé ces recherches. Parmi ces publications, je signalerai comme les plus intéressantes un Catalogue des poissons fossiles contenus dans les collections de lord Cole et de sir Phil. Egerton, publié par ce dernier et qui contient les noms de 195 espèces , avec des indications très-pré- . cises sur les formations d’où elles proviennent et des renvois aux planches qui ont été publiées. Il a paru dès-lors une nouvelle édition de ce catalogue , considérablement enrichie et augmentée. M. le D' Buckland a rédigé un Mémoire sur plusieurs genres nouveaux de poissons fossiles très-extraordinaires, découverts dans le sable de Bagshot, et inséré par extraits dans les Proceedings de la Société géologique de Londres pour 1838. M. John. H. Redfield a également publié un Mémoire sur les poissons fossiles du Connecticut et du Massa- . chussetts. Pour avoir moins de publicité , les travaux de M. le comte de Münster n’en ont pas moins d'importance ; depuis plusieurs années il a découvert un grand nombre d’espèces nouvelles dont il m'a toujours transmis des dessins accompagnés de descriptions plus ou moins détaillées et très-bien faites. M. le D' Mougeot en a fait autant à plusieurs reprises , et tout récemment encore il m'a transmis une espèce nouvelle d’'Hybodus du Muschelkalk de Lunéville. M. le D' Buckland m’a envoyé le dessin d’une superbe mâchoire inférieure de son Chimæra Townsendii, et d’une dent nouvelle de la houille de Coalbrookdale ; lord Cole m'a remis un dessin et un plâtre d’une immense dent du Psammodus porosus du calcaire carbonifère d’Eastry, comté de Sligo en-Irlande. ainsi qu’un squelette presque entier de la craie, et différens Cestraciontes et Hybodontes du calcaire carbonifère d'Irlande. M. Murchison m'a aussi envoyé des dessins de plusieurs poissons de la baie d’Ethie près de Cromarty : ce sont les mêmes espèces que celles de Gamrie. Au passage par Neuchâtel d’un envoi considérable de poissons fossiles d’OEningen destinés à lord Cole, j'ai eu occasion de recueillir des renseignemens nouveaux sur plusieurs espèces que je connaissais déjà. Puis j’ai dû à M. le professeur Walchner la communication de plusieurs dents du grès-vert des Alpes de St-Gall et d’Appenzell, parmi lesquelles il s’est trouvé de nouveau une espèce nouvelle du genre

ne Carcharias. M. le professeur Zippe m'a communiqué un dessin d’un Palæoniseus de Braunau, et M. Küchlin un poisson nouveau du calcaire d’eau douce de Lürrach, dans le grand duché de Bade. M. le professeur Pusch m'a envoyé une espèce nouvelle de Pologne. M. Rümer m'a transmis des dessins très-détaillés de deux espèces trouvées dans les environs d'Hildesheim et qui sont identiques avec celles de Purbeck ; c’est le Lepidotus minor et le Microdon radiatus. J'ai aussi reçu du Musée de Strasbourg , par les soins de M. de Billy, un envoi considérable de poissons fossiles d'Oran et d’Aix en Provence, et de M. C. Nicolet, de la Chauxde-Fonds , de nombreuses dents et des os de plusieurs poissons de la molasse et des fragmens de mâchoires avec des dents des terrains néocomiens et jurassiques.

M. Stutchbury, de Bristol, m'a fait un très-belenvoi de dessins d'espèces nouvelles de la collection de M. Johnson et du Musée de Bristol. M. Redfield m'a communiqué divers poissons fossiles des: Etats-Unis, sur lesquels il a publié une notice très-intéressante. Pendant mon séjour à Paris au printemps de 1858, M. Desflayes m'a remis un poisson nouveau du Liban, et M. Michelin plusieurs espèces nouvelles de différentes localités. M. Michelotti n’a adressé de Turin divers poissons de Monte-Bolca. Lors de la réunion des naturalistes allemands à Fribourg, en 1838, M. le comte de Mandelslohe m'a donné un fragment très-bien conservé de la mâchoire d’un poisson très-rare du Lias de Wurtemberg. M. Audouin a déposé au Muséum de Paris une belle collection de poissons fossiles des schistes d’Autun. M. le capitaine Ibbetson m’a donné plusieurs dents de la molasse de Thunstett, parmi lesquelles il se trouve une espèce nouvelle de Pycnodonte.

M. Wilh. Schimper m'a envoyé de Mulhouse un très-beau poisson de la molasse du département du Haut-Rhin, qui constitue un genre nouveau.

M. Hull m'a aussi communiqué plusieurs très-beaux poissons de Glaris, parmi lesquels il s’est trouvé une espèce nouvelle. J'en ai également dû plusieurs très-remarquables de la même localité à M. A. Escher, qui a même découvert dans ces schistes si remarquables un oiseau de la taille d’une petite hirondelle. Ce fossile appartient maintenant au Musée de Zurich. Au Musée de Genève, j'ai encore vu plusieurs poissons intéressans de Glaris , de Monte-Bolca, d’OEningen et de Mansfeld. Enfin en visitant la Perte-du-Rhône, j'y ai trouvé moi-même plusieurs dents de Lamna du grès-vert.

Ayant appris qu'il s'était formé en Angleterre plusieurs collections de poissons fossiles que je n'avais pas vues, et que les découvertes s'étaient considérablement accrues dans ce domaine depuis que j'avais visité pour la dernière fois les Iles Britanniques, en 1855, je résolus d’y retourner en 1840, afin de pouvoir examiner ces nouvelles richesses avant de terminer mon ouvrage. Je me proposais en même temps de rechercher en Ecosse des traces de glaciers que je supposais y avoir existé, d’après certains faits que j'avais recueillis depuis quelques années sur ce sujet dans nos Alpes. À tous égards j'ai eu à me féliciter des résultats de ce voyage, car non seulement j'ai appris à connaitre un grand nombre d'espèces de poissons fossiles entièrement nouvelles pour moi, mais encore j'ai dû à la générosité de lord

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Francis Egerton de pouvoir poursuivre ces recherches sans entraves. Les dessins innombrables que j'avais été obligé de faire faire depuis que je m'occupe de poissons fossiles m'’avaient entrainé à des dépenses qui surpassaient de beaucoup mes ressources et qui me faisaient vivement désirer de me décharger d’un fardeau aussi onéreux. Loïd Francis, avec son empressement habituel à protéger tout ce qui lui parait utile, me proposa de faire l’acquisition de ma collection. Les conditions avantageuses qu’il m’a accordées en me remettant immédiatement le prix de mes dessins, tout en les laissant à ma disposition aussi longtemps qu'ils me seront nécessaires pour achever cette publication, m'ont permis d'étendre considérablement mes dernières livraisons , sans charger les souscripteurs du surcroît des dépenses que j'ai été appelé à faire pour cela. La quatorzième livraison contient déjà les matériaux de deux livraisons , et cependant elle a été livrée aux souscripteurs au même prix que les précédentes. J'en ai agi de même pour les quinzième et seizième livraisons , et je compte étendre encore davantage les deux dernières, par lesquelles je me propose de terminer pour le moment cet ouvrage. C’est à la libéralité de lord Francis Egerton que le public scientifique sera redevable de cet avantage; je ne réclame pour moi d’autre.mérite que celui d’avoir fait un pareil usage des facilités qui m'ont été accordées.

Lord Enniskillen, ci-devant lord Cole, et sir Philipp Egerton ont continué à soutenir mes efforts de leur bienveillant appui. Non seulement ils ont mis à ma disposition, comme autrefois, toutes les richesses qu'ils ont acquises depuis que j'avais visité pour la dernière fois leurs musées, mais encore ils ont fait dessiner à leurs frais tous les objets que j'ai désignés comme nouveaux dans leurs collections. Déjà la plus grande partie de ces dessins sont entre mes mains. Le nombre des espèces nouvelles dont ils ont enrichi la science est vraiment étonnant.

Lady Gordon Cumming a puissamment contribué à étendre le cercle de nos connaissances sur les poissons fossiles d’une formation réputée jusqu'ici très-pauvre en débris organiques. Dans une carrière qu’elle a fait exploiter à dessein, dans le terrain dévonien (Old Red) du nord de l’Ecosse, elle a découvert un nombre prodigieux de poissons fossiles , formant une faune ichthyologique nouvelle, inconnue jusqu'alors. Mais elle ne s’est pas bornée à collecter ces précieux débris ; aidée de sa fille , lady Seymour, elle les à peints avec une vérité et une précision de détails qui exciteraient la jalousie des peintres d'histoire naturelle les plus habiles. Lady Gordon a daigné mettre tous ces précieux matériaux à ma disposition, ensorte que j'ai pu les réunir au rapport que l'Association britannique pour l’avancement des sciences m'a demandé sur les poissons de cette formation. Il semble que de toute part le terrain dévonien acquiert une nouvelle importance. M. Hugh Miller a fait connaitre en détail, dans un joli volume intitulé «the Old Red sandstone, » toutes les richesses que ce terrain renferme dans les environs de Cromarty. Le premier il a découvert ces fossiles de forme bizarre, à caractères hétérogènes , que l’on a voulu ranger tantôt parmi les Tortues, tantôt parmi les Crustacés, et que quelques naturalistes ont même pris pour de grands Coléoptères aquatiques , et dont

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je crois avoir reconnu la véritable nature , en les rangeant parmi les poissons , où ils forment un genre à part, que j'ai désigné sous le nom de Pterichthys. Antérieurement, M. le docteur Fleming avait déjà publié la description de quelques écailles de poissons provenant du vieux grès rouge. C’est sans contredit au célèbre professeur d’Aberdeen qu'est due la première découverte de poissons fossiles dans le terrain dévonien. Je lui dois en particulier la communication de plusieurs beaux poissons fossiles de cette formation. M. le docteur Malcolmson , de son côté, a considérablement étendu nos connaissances sur cette faune ichthyologique , en recueillant pour l'illustrer une foule de documens qu'il a publiés dans un mémoire inséré dans les Transactions de la Société géologique de Londres. M. le professeur Jameson à ajouté à tous ces précieux renseignemens une collection considérable de poissons fossiles de l'étage supérieur de cette formation , recueillis par M. Anderson dans le Fifeshire et parmi lesquels se sont trouvées plusieurs espèces nouvelles. Le gisement de ces fossiles est décrit avec détail dans un mémoire de M. Anderson sur la géologie de Fifeshire. L'auteur a même déjà figuré quelques-unes de ces espèces dans son mémoire. M. le docteur Traill a augmenté le nombre des espèces propres à l'étage inférieur de cette formation , par l'acquisition qu'il a faite dé plusieurs types nouveaux des iles d’Orkney. J'ai également dù à M. Strickland quelques espèces provenant de ces mêmes localités. M. Alexandre Robertson m'a adressé un cahier de dessins supérieurement exécutés , représentant des poissons fossiles du vieux grès rouge des environs d’Elgin , qui se trouvent dans sa collection et dans celles de MM. Duff, Martin et Lawson , et au Musée d’Elgin. M. le Révérend Gordon m'a aussi communiqué quelques espèces des environs d’Elgin. Enfin j'en dois aussi plusieurs espèces à M. Webster de Balrodery. Parmi ses échantillons j’en ai trouvé plusieurs d’un grand intérêt, parce qu'ils m'ont fait connaître qne le genre Pterygotus que j'avais établi , il y a plusieurs années, sur des fragmens très-imparfaits, n'appartient point à la classe des poissons, mais bien à celle des Crustacés. Une pareille erreur semble à peine possible , et cependant elle paraîtra excusable lorsque je ferai connaître les caractères de ce curieux fossile, dont un botaniste célèbre n’avait pas hésité à ranger certaines parties parmi les Algues. Les Séraphins fossiles des carrières de Forfarshire, que M. Lyell avait soumis à la section de Géologie de Association britannique réunie à Edimbourg en 1854, sont de ces mêmes Crustacés gigantesques du terrain dévonien. Ils offrent des rapports éloignés avec les Entomostracés gigantesques du terrain houiller , décrits sous les noms d’Eidotea et d’Eurypterus. La Société d'agriculture d’Ecosse possède également plusieurs poissons fossiles intéressans du terrain dévonien. Les beaux travaux géologiques de MM. Murchison et de Verneuil, en Russie, ont considérablement étendu les limites géographiques de la formation de l’Old Red. L'examen que j'ai fait des poissons fossiles rapportés de ces contrées lointaines par M. Murchison et qu’il a bien voulu soumettre à mon examen, m'ont conduit à ce résultat inattendu , que la plupart des espèces de Russie sont parfatiement identiques avec celles d’Ecosse. Je crois qu’une bonne partie des ossemens fossiles figurés par M. Kutorga sont des débris de ces poissons. Il résulte de tout ceci que FO!d Red Sandstone rivalise en richesses

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ichthyologiques avec les formations qui ont passé jusqu'ici pour fournir le plus grand nombre de poissons fossiles.

La formation houillère est devenue une mine de plus en plus fertile. M. le capitaine Jones a, à lui seul, découvert plus de quarante espèces nouvelles de dents ou de rayons de poissons fossiles du calcaire carbonifère d'Irlande, qu’il m'a toutes communiquées ; tandis que M. Alexandre Robertson m'a fait part d’une magnifique collection d’espèces du calcaire de Burdie-House , à l’aide desquelles les renseignemens que j'avais obtenus jusqu'ici sur ces poissons ont été considérablement étendus. La collection de la Société Royale d'Edimbourg a aussi acquis plusieurs pièces précieuses de cette formation, grâce aux soins persévérans de son secrétaire perpétuel , Sir John Robison. Lord Greenock m'a communiqué plusieurs beaux poissons de cette même formation, entre autres une mâchoire très-bien conservée de FHoloptychius Hibberti, appartenant à M. Witham. J’en ai dü d’autres non moins intéressans à l'obligeance de M. Goodsir. À Glascow, M. Rankine m'a communiqué un nombre si considérable d'espèces nouvelles de la houille des environs de cette ville, qu’en les examinant il me semblait que j'abordais une formation nouvelle. Sa magnifique collection , qui fut exposée au Musée de l'Université, par les soins de M. le docteur Scouler, lors de la réunion de lAssociation britannique pour l’avancement des sciences, jointe à celle de M. le capitaine Jones , laisse entrevoir des découvertes plus intéressantes encore, lorsqu'on possédera des exemplaires plus ou moins parfaits de tant d'espèces dont il n’existe que de minimes fragmens dans les collections. M. le capitaine Portlock a réuni dans le Musée du cadastre à Dublin une collection considérable de fossiles, parmi lesquels j’ai surtout remarqué des espèces fort intéressantes de poissons, du terrain houiller, que M: Portlock a bien voulu me confier. Les collections de Manchester m'ont également offert de précieux matériaux pour l’histoire de poissons fossiles de la houille. Par leur diversité ces espèces le cèdent à peine à celles des terrains tertiaires. La collection de M. Bowman, celle de la Société géologique, celle de la Société d'histoire naturelle, celle de M. Mellor, et surtout celle de M. Binney, n’ont offert le plus d'espèces nouvelles. M. Williamson m'a de nouveau communiqué plusieurs espèces nouvelles de la houille de Leeds. Plus j'avance dans mes Recherches sur les poissons fossiles et plus je sens que ce que j'ai pu faire jusqu’à présent dans ce domaine de la science n’est qu’un aperçu bien incomplet, qui, dans peu d'années, apparaîtra à peine comme une ébauche vague, du vaste sujet que j'avais d’abord cru pouvoir embrasser dans son ensemble.

Les nouvelles acquisitions que j'ai faites en espèces des terrains jurassiques , proviennent exclusivement des magnifiques collections de Lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton. Lord Enniskillen , dans un voyage qu'il a fait sur le continent en 1841, a encore ajouté aux obligations que je lui avais déjà, en me confiant de nombreuses espèces nouvelles qu’il a acquises en Allemagne et en Suisse, et en me faisant part de ses remarques critiques sur les espèces des collections qu'il a examinées. M. Strickland m'a aussi communiqué une jolie petite espèce nouvelle de Pholidophorus du lias de Worcester.

La formation crétacée ne s’est pas enrichie dans la même proportion ; cependant je dois à M. Bowman la communication d’une collection considérable d'espèces de différens genres et de très-nombreux individus, qui lui a été adressée du nord du Brésil par M. Gardner. L'assemblage de Cycloïdes et de Cténoïdes de genres éteints que l’on trouve dans cette localité , réunis à des genres de Ganoïdes , ne me permet pas de douter que le terrain d’où proviennent ces poissons n’appartienne à la formation crétacée. La description que M. Bowman a donnée du gisement de ces fossiles confirme cette supposition. M. le marquis de Northampton m'a aussi communiqué plusieurs échantillons très-bien conservés de cette même localité. M. Bowerbank m'a de plus fait connaître plusieurs espèces nouvelles de la craie et du grès vert d'Angleterre. J'en ai également vu de très-beaux de la craie des environs de Worthing , chez M. Dixon, qui est sur le point de publier de très-belles planches de ces fossiles.

Pour les terrains tertiaires c’est surtout la collection de l’argile de Londres de M. Bower-

bank qui mérite particulièrement de fixer l'attention des paléontologistes , car elle est unique . dans son genre. Les poissons en particulier mériteraient un travail monographique pour être décrits d’une manière convenable. En réunissant ceux des collections de lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton, il faudrait y consacrer un travail de plusieurs années ; car‘pour les déterminer rigoureusement, il serait indispensable d'étudier, pièce à pièce, tous les os de leur charpente et d'examiner leurs dents avec les détails minutieux qui ont fait faire à M. Owen de si belles découvertes paléontologiques. M. Wood m'a fait part de plusieurs espèces curieuses du crag ; M. Hamilton m'a également fait voir celles de la Société géologique de Dublin ; mais c'est particulièrement à M. le marquis de Northampton que je suis redevable de la communication des espèces tertiaires les plus récentes , provenant des environs de Palerme, et qui étaient entièrement nouvelles pour moi.

La collection de la Société géologique de Londres a continué à s'enrichir de poissons fossiles de toutes les formations, et grâce à l’activité infatigable de M. Lonsdale, ils sont maintenant rangés méthodiquement comme tous les autres fossiles de cette riche collection , ensorte que j'ai pu les examiner dans leur ensemble.

C’est ici le lieu de mentionner les travaux de M. Owen sur les poissons fossiles. Dans son Odontographie, il a établi plusieurs genres nouveaux, parfaitement bien caractérisés d’après la structure de leurs dents. M. Fischer de Waldheim a aussi publié plusieurs notices sur les poissons fossiles, qui ne me sont pas encore parvenues, bien qu’elles me soient dédiées et qu’elles aient paru depuis plusieurs années.

Les communications les plus récentes qui m'ont été adressées concernent principalement les poissons du vieux grès rouge. J'en ai déjà fait une mention détaillée dans le rapport sur les poissons fossiles de cette formation que j'ai adressé, en 1842, à l’Association britannique pour l’avancement des sciences lors de sa réunion à Manchester. Je me bornerai à rappeler ici que les découvertes les plus importantes qui ont été faites dans ce domaine, sont dues à MM. Pander, Asmus, Murchison et de Verneuil qui ont considérablement augmenté le nombre

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des espèces que j'avais étudiées en Ecosse en 1840. Tout récemment M. le comte de Kayserling m'en a aussi adressé quelques pièces intéressantes. J'ai également appris à connaitre par M. Bronn des fragmens authentiques des genres Bothryolepis et Asterolepis de M. Eichwald, dont je n’ai pas encore pu me procurer le mémoire. L’inspection de ces pièces m'a convaineu que ces prétendues écailles sont des os de la tète de mes genres Glyptosteus et Chelonichthys. M. Parrot, qui s’est aussi occupé de ces ossemens , a fait voir que plusieurs espèces de Monticulaires de Lamarck (Hydnophores Fischer), loin d’être des polypiers, étaient des os de poissons. Ce sont des os de mes Chelonichthys. S

J'ai recu en outre divers envois de différentes localités renfermant des espèces que je ne connaissais pas encore. M. le D' Reuss de Billin m’a envoyé un fragment de mâchoire et quelques dents très-curieuses de la formation crétacée ; M. Pilla, plusieurs très-beaux poissons des Apennins , de Pietra-Roja et de Torre d’Orlando, qui se rapprochent de ceux de Solenhofen ; M. Sismonda, deux poissons du terrain tertiaire supérieur du Piémont; M. Bouchard , un nombre assez considérable de dents et d’écailles des environs de Boulogne-sur-Mer ; M. le professeur Zeuschner, plusieurs dents et quelques empreintes du calcaire jurassique des environs de Cratovie et de la chaine du Tatra; M. Eschricht des géodes du Mallotus villosus d'Islande avec des exemplaires de ce poisson conservés dans de la liqueur ; M. Krantz une collection de dents du calcaire carbonifère d'Irlande ; MM. Omalius d’Halloy et Dumont, des empreintes d’écailles des terrains houillers et de transition de Belgique ; M. Hœninghaus, d’autres empreintes de ces mêmes terrains des provinces Rhénanes et des poissons entiers du terrain tertiaire de Mombach; M. Moricand , plusieurs beaux poissons du Liban ; M. de Hagenow, des écailles et des vertèbres de poissons de la craie de Poméranie; M. le comte de Mandelslohe, de très-beaux poissons du Lias de Wurtemberë ; enfin au moment de mettre cette feuille sous presse, je reçois de M. Elie de Beaumont une collection très-intéressante de poissons fossiles du Brésil.

Lord Enniskillen et sir Philipp Egerton ont continué à me communiquer des dessins de toutes les espèces nouvelles dont ils ont enrichi leurs collections et des renseignemens circonstanciés sur leurs caractères et leur gisement. Sir Philipp surtout m'a fait part d’un travail monographique sur les Chimères fossiles, dont la publication jettera un jour nouveau sur cette famille encore si peu connue. Il m'a fait espérer des renseignemens semblables sur les autres poissons fossiles de sa collection , qui ne sont pas encore compris dans mes livraisons. On appréciera l'importance de pareilles communications , lorsqu’on saura que j'ai souvent dû prendre mes notes, pour ainsi dire, en courant, dans les nombreuses collections que j'ai examinées , et que jai rarement pu revenir sur ce premier examen , ne possédant pas moi-même de collection de poissons fossiles. |

Je terminerai cette énumération par une réflexion générale. Sur le point de publier prochainement la dernière livraison , que j’ai annoncée, de mes Recherches, et de clore ainsi temporairement cet ouvrage, je me sens oppressé par la masse des matériaux qui restent entre

mes mains et qu'il m'a été impossible d'élaborer jusqu’à présent comme je l'aurais voulu. J’espère ne pas trop présumer de l’intérêt que portent à la science ceux qui ont bien voulu me les confier, en pensant qu'ils voudront bien les laisser encore à ma disposition jusqu'à ce que j'en aie achevé la description. On comprendra peut-être Fembarras dans lequel je me trouve , à cet égard, lorsque je dirai, que tout en publiant les dernières livraisons de cet ouvrage, j'ai rassemblé des matériaux pour une dizaine de livraisons supplémentaires que j'aurais voulu pouvoir fondre dans le corps de mon livre, mais dont abondance des matières me force d’ajourner indéfiniment la publication.

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