DERMATOLOGIE, ET EN PARTICULIER DES ÉCAILLES DE POISSONS
Il ne peut pas entrer dans mon plan de commencer ici un traité complet de l’organisation des poissons en général; ce serait entreprendre un travail qui est devenu très-difficile depuis la publication du premier volume de la grande Ichthyologie de MM. Cuvier et Valenciennes, et qui, dans une introduction à des recherches sur les poissons fossiles, serait superflu dans plusieurs de ses parties essentielles. Cependant, malgré les nombreuses difficultés qui entravent une pareille entreprise, je tâcherai de la réaliser en publiant mon Histoire naturelle des poissons d’eau douce de l’Europe centrale, en tête de laquelle je placerai les résultats généraux de toutes mes observations anatomiques sur les poissons.
Comme le squelette, les écailles et les dents sont les seules parties que l’on trouve à l’état fossile, je dois me borner ici à donner une idée des rapports qui existent dans l’organisation entre ces différens systèmes et à faire connaitre leur conformation dans les différentes familles de la classe. Cette exposition pourra servir de guide à ceux qui, voulant connaitre les fossiles seulement, ne peuvent pas faire une étude spéciale de l’ichthyologie; elle expliquera en même temps tous les termes propres dont je me suis servi dans la description des espèces. Par-là je pourrai aussi faire connaître plus exactement les caractères qui distinguent, dans les différentes classes du règne animal, les parties détachées des systèmes organiques dont il va ètre question, afin que personne ne prenne à l'avenir une écaille, un os ou une dent de poisson pour des parties analogues d’autres animaux, comme cela a eu lieu assez souvent. J'aurai même quelquefois occasion de faire remarquer combien il est difficile de ne pas confondre ces pièces entr’elles et de ne pas prendre, par exemple, des os ou des dents pour des écailles.
La peau , dont les écailles sont une production particulière, mérite, chez tous les animaux, une attention particulière; et l’on a, malheureusement pour la zoologie, beaucoup trop négligé son étude à tous égards. Depuis les polypes et les méduses, où elle ne se détache pas encore de la masse du corps, depuis les échinodermes et les mollusques, où elle forme des têts calcaires, depuis les articulés chez lesquels elle se constitue en anneaux cornés , jusque chez les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, où elle porte des écailles lamelleuses, des plaques cornées, des plumes et des poils, dans toutes les classes elle affecte une
structure particulière et produit des parties solides différentes. L’on conçoit aisément la raison Tom. L. 9