‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 4)Chapitre 36 sur 58 · ET · texte numérisé non relu

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qu'avec peine des caractères particuliers et qui, quoiqu'on dise de leur délimitation, sont pourtant mal assorties, dans ces familles, dis-je, on trouve des variations nombreuses, quant à la conformation des écailles. En effet, les Labres, les Percoides, les Cyprins, les Sciénoides, les Sparoides ont des écailles tellement régulières, qu’à peine ont peut distinguer les uns des autres, les divers types génériques que ces familles embrassent, tandis qu’à l’égard des Joues cuirassées, des Teuthies et d’autres familles, on trouve à peine une loi constante au milieu des variations infinies. Il en est de même pour les genres complètement anormaux, dont l’emplacement est encore douteux; ici aussi il est rare que la structure des écailles fournisse des données positives; mais ce sont là des difficultés que des recherches ultérieuses nous permettront sans doute de surmonter.

Quoiqu'il en soit, je crois que la division de la classe des poissons que j'ai établie d’après la structure des écailles contribuera à faire ressortir toujours mieux les affinités naturelles des familles, en les grouppant d’une manière plus conforme à leur organisation que les classifications qui ont été successivement proposées jusqu'ici. Voulant consacrer à la fin de ce volume un chapitre particulier à l’examen des diverses méthodes qui ont été suivies pour classer ces animaux, je ne m'étenderai pas plus longuement ici sur les principes de ma classification; je me bornerai à rappeler que le deuxième volume est consacré tout entier à l’étude de l’ordre des Ganoiïdes, le troisième à celui des Placoides, le quatrième à celui des Cténoides et le cinquième à celui des Cycloides. Je renvoie à ces volumes pour de plus amples details sur les caractères des familles en genéral, et me bornerai ici à l’examen des écailles chez les Cycloides et chez les Cténoides.

DES CYCLOIDES.

De la famille des Labroides.

Autant cette famille parait naturelle et nettement caractérisée par ses autres caractères z00logiques, autant la conformation de ses écailles est peu variée dans les différens genres. Les écailles sont grandes, rigides, de forme trapézoïide et rarement allongées ; les deux couches dont elles sont formées sont tellement distinctes, que je ne puis mieux faire que d’en recommander l’étude à ceux qui voudront s'initier à leur structure intime. Le centre d’accroissement se trouve en général au milieu de l’écaille, ou bien il est reculé vers le bord postérieur. Il est entouré le plus souvent d’un réseau plus ou moins compliqué, de sillons, duquel partent, vers le bord, de nombreux sillons rectilignes qui sont disposés en éventail. Les lignes concentriques sont en général très-serrées et montrent sous de forts grossissemens des crénélures qui leur donnent l’aspect de rosaires. Il faut éliminer de cette famille les genres Malacanthus, Cychla et Chromys qui sont évidemment des Cténoides et dont les autres caractères zoologiques

réclament aussi une position différente.

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De la famille des Scombéroides.

Les écailles paraissent avoir beaucoup moins d'importance chez les Scombéroides que dans les autres familles des poissons Cycloides. Quelques-uns sont nus, d’autres n’ont des écailles que sur la ligne latérale ou derrière les pectorales, tandis que le reste en est dépourvu. Aussi les écailles sont-elles construites sur un plan très-simple; elles sont en général rondes ou ovales, rarement allongées et dans la plupart des cas, cachées sous une enveloppe épidermoidale trés-épaisse. Le centre d’accroissement se trouve au milieu de l’écaille et les lignes concentriques qui font toujours tout le tour de l’écaille, sont assez distantes et peu marquées. Il n'y à que quelques genres, comme les Scombres et les Caranx, où la partie postérieure de l’écaille présente un aspect différent , résultant de la direction verticale des lignes. Les sillons manquent souvent entièrement ou s’ils existent, c’est toujours en très-petit nombre. Les Gasterostées doivent sans doute prendre place dans cette famille, quoique leurs longues écailles , dépourvues de sillons et de lignes concentriques soient une anomalie; mais il se trouve des écailles fort semblables chez le Tétraptère, dont les affinités ne peuvent être méconnues. Les Capros appartiennent par la structure de leurs écailles à l’ordre des Cténoides.

‘De la famille des Esocides.

Les Esocides, en général, ne montrent pas une grande constance dans les caractères de leurs écailles. Les genres Esox et Exocætus se rattachent encore plus que les autres aux Scombéroïides par des écailles simples, lisses et plus ou moins arrondies, ayant leur centre d’accroissement en arrière et entouré de lignes concentriques régulières et assez serrées. Les sillons en éventail sont en petit nombre et quelquefois, en particulier dans le genre Esox, tellement profonds qu'ils donnent lieu a de véritables échancrures, qui séparent le bord antérieur en plusieurs lobes. Ces lobes s’élargissent même quelquefois au point que leurs bords se recouvrent mutuellement. Les Orphies (Belone) se rapprochent par la structure de leurs écailles des Esoces, mais ils ont en même temps un si grand nombre de sillons qui rayonnent dans tous les sens, que l’écaille a l’air d’être composée de petits parallélipipèdes dont la largeur va en augmentant vers le bord. Le genre Hemiramphus enfin forme par la structure de ses écailles, un singulier passage à la famille des Athérines, au point qu'il est impossible d’en distinguer les écailles de celles de ces dernières.

De la famille des Athérines.

Ces petits poissons ont des écailles de grandeur moyenne, assez épaisses, de forme trapézoïde, à angles arrondis. Les ornemens de la surface sont peu marqués. Les lignes concen- . + \ . 4 re 4 Q triques sont très-distantes et accusées seulement vers le bord antérieur de l'écaille. Toute la

partie postérieure est complétement lisse. Il se trouve quelques sillons peu profonds vers le bord antérieur, dont le milieu avance quelquefois sous forme de bec, de façon que si l’on

ne fait pas attention à la position de l’écaille, l’on peut facilement se laisser induire en erreur et croire que l’on a à faire à des Cténoides.

De la famille des Gadoides.

Les écailles de cette famille sont en général très-petites et entièrement cachées dans la peau. Elles sont toujours ovales, approchant plus ou moins du cercle, et le centre d’accroissement se trouve à peu près au milieu. Les lignes concentriques font le tour de léaille tout entière et paraissent en général peu accusées et assez distantes les unes de autres. Les sillons sont en général assez rares. Pourtant il y a des genres, où ils partent du centre d’accroissement dans tous les sens et où ils sont si nombreux, que l’écaille parait composée de cellules rangées en cercle, dont la grandeur diminue vers le centre. Le genre Phycis offre une anomalie assez frappante dans ses grandes écailles ovales dépourvues de sillons, dont les lignes concentriques ne font pas le tour, mais convergent des deux côtés vers la ligne médiane.

De la famille des Murænoides.

Nous trouvons ici le même caractère d’écailles que dans la famille précédente; seulement elles sont encore plus petites et dispersées dans la peau, sans être imbriquées. La composition apparente par cellules est la même que chez le genre Gadus proprement dit.

La famille des Echénéides et les genres écaillés de la famille des Pectorales-pédiculées , montrent le même type d’écailles.

De la famille des Cyprinoides.

Il est assez intéressant de voir que les Loches qui, par leur forme allongée, se rapprochent à certains égards des Anguilliformes, montrent aussi une grande affinité dans la structure de leurs écailles ; mais cette affinité se perd de plus en plus, à mesure que les autres Cyprinoides prennent des formes plus trapues. En effet, les genres Cobitis, Phoxinus etc. ont de petites écailles à sillons très-nombreux qui rayonnent dans tous les sens, et par lesquels les lignes concentriques sont interrompues, de manière à ressembler à des cellules. Dans les autres genres, les sillons deviennent successivement moins nombreux, jusqu’à-ce qu’enfin, chez les vrais Cyprins, il n’en reste que quelques-uns sur le champ antérieur de l’écaille, tandis que les lignes concentriques font sans interruption le tour de l’écaille.

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De la famille des Clupéides.

Les écailles de cette famille constituent un type particulier. Elles sont grandes, mais très-minces et flexibles. Chez la plupart des genres, on ne distingue pas de centre d’accroissement. Les lignes concentriques, loin de faire le tour de l’écaille, ne sont parallèles qu’au bord postérieur, où elles se présentent sous la forme de lignes droites, peu accuséees et assez distantes. Les sillons sont disposés en chevrons convergens en arrière; il n'y a que les Aloses, dans les grandes écailles desquelles les lignes soient réellement concentriques et partagées par des sillons rayonnant du centre d’accroissement, situé au milieu de l’écaille.

De la famille des Salmonides.

Les Salmonides ont en général des écailles très-régulières, imbriquées, dont le centre d’accroissement, situé près du milieu, est entouré de lignes concentriques assez distantes, qui font tout le tour de l’écaille. Les sillons sont très-rares ou manquent même entièrement. Tel est le caractère que nous trouvons dans les Salmonides de nos zônes tempérées et de la mer glaciale, comme aussi chez les Serrasalmes et les Myletes des tropiques. Mais il y a un autre type plus commun chez les Salmonides des tropiques, c’est d’avoir des lignes concentriques seulement dans la partie antérieure des écailles, tandis que le champ postérieure est occupé par des éminenses assez régulières qui quelquesfois même, comme dans les Anodus, s’avancent assez pour donner à l’écaille l’aspect d’une écaille de Cténoiïde. Dans ces sortes d’écailles, les sillons se trouvent en beaucoup plus grand nombre et rayonnent aussi bien dans la partie antérieure que dans la postérieure. Il y a quelques-unes de ces écailles dans lesquelles les sillons frappent par leur grande profondeur, ce qui détermine réellement des soudures. Les genres Prochilodus, Aulopus et Xiphostoma sont de véritables Cténoides avec un bord postérieur découpé en scie, comme chez les Corniger et les Holocentres. Cette analogie entre les écailles des Holocentres et celles de certains Salmones des régions tropicales est un fait d'autant plus remarquable, qu'il coïncide avec l'apparition trèsprécoce de plusieurs genres de ces deux groupes dans les terrains crétacés, antérieurement à l'existence de la plupart des autres familles de Cycloides et de Gténoides. Nous avons donc ici encore un indice de cette uniformité des types, lors de leur première apparition, qui va en se diversifiant de plus en plus, dans les époques plus récentes, à

mesure qu’un plus grand nombre de familles se détronquent des souches primitives les plus anciennes.

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DES CTÉNOIDES.

De la famille des Percoides.

La famille des Percoides se divise, aussi bien par la structure des écailles que par $es autres caractères zoologiques, en deux grands groupes, dont lun qui apparait déjà dans l’époque de la craie, n’a que peu de représentans vivans, tandis que l’autre compte un grand nombre de genres répandus dans toutes les eaux de l’époque actuelle. Les premiers, les Holocentres, qui ont plus de sept rayons branchiostègues, et dont les ventrales sont formées de plus de cinq rayons mous, ont des écailles grandes, larges, munies, au bord postérieur de dentelures, qui ne sont pas seulement sensibles au toucher, mais aussi trèsvisibles à l’œil nu. Ces dentelures forment une espèce de peigne simple et ne sont formées que par des incisions de la couche supérieure de l’écaille. Les lignes concentriques de ces écailles sont en général très-serrées et font seulement le tour de la partie antérieure de lécaille, tandis qu’elles manquent sur la partie postérieure. La couche superficielle est très-épaisse et très-nettement séparée de la couche inférieure.

Le second groupe de la famille des Percoides, qui comprend les Perches proprement dites, à deux dorsales et les Serrans, à dorsale unique, montre une assez grande uniformité dans la conformation de ses écailles. Elles sont en général rondes ou trapézoides, à angles arrondis, rarement oblongues ou ovales et très-minces. Les aspérités de la partie postérieure de l’écaille ne forment pas une simple rangée, comme chez les Holocentres, mais tout le champ postérieur de l’écaille en est hérissé. Elles sont en général si petites, qu’on les distingue à peine à lœæil nu. Le centre d’accroissement n’est pas au milieu de l’écaille, mais plus ou moins rapproché du bord postérieur, et les lignes concentriques qui, en général, sont peu -serrées, COMmencent sur une ligne verticale qui s'étend des deux côtés du centre d’accroissement. La partie antérieure des écailles est traversée par un nombre plus ou moins considérable de sillons droits qui rayonnent du centre d’accroissement, et, chez quelques genres, deyiennent même de véritables incisions, par lesquelles le bord antérieur de l’écaille est divisé en plusieurs lobes. Les genres Polynemus et Mullus qui par leurs caractères zoologiques paraissent s'éloigner des Percoides proprement dits, montrent, dans la structure de leurs écailles, les mêmes particularités que nous venons d’assigner à ces derniers, tandis que les Vives, les Uranoscopes et les Sphyrènes doivent, comme l’Enoplose, prendre place parmi les Cycloides.

De la famille des Sciènoides.

La grande régularité que les poissons de cette famille affectent en général dans leur forme extérieure, se montre aussi dans la structure de leur écailles. Celles-ci sont grandes, de forme

trapézoide, à angles postérieurs arrondis. On trouve rarement des genres à écailles parfaite- Ton. ]. 12

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