‹ Recherches sur les Poissons FossilesChapitre 18 sur 121 · II. Amblvpteris eupterygius Agass · texte numérisé non relu

II. Amblvpteris eupterygius Agass

Vol. a. Tab. 3. f. 5 et 6. — TaL. i. f. 8.

Palæothrissum cupterygium Agass. Catalog. manusc.

Au musée de Stuttgardt, il y a un petit exemplaire de cette espèce, contenu dans une boule de fer oxydé carbonaté, et qui m’a été adressé par M. le professeur J.Tgcr. C’est l’original de ma fig. 5, M. Voltz m’en a remis deux autres, dont l’un surtout, l'original de ma fig. 6. , est remarquable parce qu’il se trouve dans une argile schisteuse toute rouge; il prov'ient des environs de Saarbriick. 11 y en a aussi un exemplaire dans la collection de M. Kéglej' à Paris, et un au Muséum de Munich.

Quoique assez voisine de l’Amblypterus macropterus , cette espèce en diflère cependant par des caractères bien tranchés. Son tronc est plus allongé , moins large , le dos moins voftté, le ventre plus droit; mais le j)édiculede la queue est proportionnellement plus gros. I>a tête est plus grande, surtout plus allongée et moins distincte du tronc. Les dimensions sont en général celles d’un poisson plus grêle. La position des nageoires, et même leur forme , présente aussi quelques différences ; la dorsale est plus avancée sur le milieu du dos , elle est exactement opposée à l’cspaec qu’il y a entre l’anale et les ventrales, plus étroite à sa base, elle ne s’étend pas beaucoup au^lelà du commencement de l’anale, tandis que dans l’Amblypterus macropterus, c’est le milieu de la dorsale qui correspond au bord antérieur de l’anale. La dorsale de l’eupterygius est aussi plus petite que son a'nale , qui , par ses dimensions , ne cède en rien à celle du macropterus. Les ventrales sont un peu en avant du bord antérieur de la dorsale; les pectorales, qui sont très-grandes, dépassent l’insertion des ventrales, lorsqu’elles sont repliées en arrière; leurs rayons antérieurs sont plus gros que les suivans. Outre ces différences dans leur position relative, toutes les nageoires présentent encore celle d’être composées de rayons moins fins et moins rapprochés, mais dont les articulations transverses ne sont pas plus distinctes, ni plus distantes. Tous ces rayons sont fendus & leur extrémité à plusieurs reprises , jusqu’au tiers de leur longueur. Comme dans l’Amblypterus macropterus, on distingue à la base de la dorsale et de l’anale les osselets interapophysaires sur lesquels ces nageoires sont articulées; ils sont également dilatés à leurs deux extrémités, et plus minces au milieu.

Tous les os du crâne, dont on voit assez nettement l’impression dans la fig. 6, sont marqués comme les écailles de stries très-rapprochées , mais <livergentcs du point d’ossification de chaque os vers son bord. L’impression des dents est également visible, comme celle des larges rayons branchiostègucs antérieurs.

Les écailles , dont l’empreinte est représentée tab. i . , f. 8. , sont striées obliquement comme celles du macropterus; cependant elles eu difTcreut par leur forme. Leurs cêtés

étant tous égaux, clics sont aussi liantes que longues, tandis que celles de l’espèce avec laquelle nous les comparons, sont plus étroites, mais plus longues. On peut dire encore que dans l’Amblypteriis cupterygius, les écailles ont des dimensions plus égales sur toutes les parties du corps. Si l’on objectait que toutes les dilfcrences qui viennent d’étre indiquées peuvent provenir de l’état de conservation des empreintes , il serait diflTicilû de concevoir alors comment ces caractères se rctiouvent dans quatre exemplaires dont la position est très-dilTérente.

Cette espèce se trouve, avec l’Amblyptei-us macropterus, dans le terrain bouillcr de Saarbriick et de Lebach; mais elle paraît y être très-rare.

ni. AmBLÏPTF.«CS LATIS Agass.

Vol. a. Tab. 4- 1^- 2 . 3. 4- 5 et t).

l'alæothrissum latum Agass. Catalog. manuscr.

Il y a , au Musée de Strasbourg, deux plaques correspondantes de cette espèce, qui m’ont été confiées par M. Voltz. Ce sont les originaux de mes figures. Leur état de conservation est si parfait, qu’elles ne laissent rien à désirer, excepté quelques détails sur les os du crâne. Elles proviennent du terrain houillerdes environs de Saarbriick. Au Musée de Paris, on en voit aussi une plaque , provenant des houilles de Lebach, dans le duché de Saarbriick.

Ces exemplaires sont renfermés dans des boules marneuses de fer oxydé carbonaté.

L’Amblyptenis latus ressemble beaucoup au macropterus par sa forme, et par les proportions relatives de ses parties. C’est un gros poisson trapu, court, très-large dans la partie antérieure du tronc , rétréci sur le pédicule de la queue , qui est proportionnellement plus mince que dans les autres espèces du genre.

La tête est aussi plus courte et plus étroite, à cause de la chute rapide de son profil. Les os sont plus lisses ; on y voit bien aussi quelques stries , mais outre qu’elles sont moins marquées , elles proviennent des lames d’accroissement des os, et sont par conséquent concentriques les unes aux autres ; tandis que dans l’Amblypterus cupterygius, ce sontics rayons d’ossification divergensles uns des autres, qui sont plus saillans. Les os supérieurs de la ceinture thoracique, le suprascapulairc et le scapulaire sont trèslarges ; il en est de même de l'humérus qui forme une faible saillie arrondie au-dessus de l’insertion des pectorales. L’opercule, en revanche, est étroit, mais le suboperculc est très-haut. L’os maxillaire inférieur, sur le bord supérieur duquel on voit quelques traces des dents, est plus étioit que dans les autres espèces; tandis que les rayons branehiostègues sont plus longs et plus larges.

On voit distinctement le point d'insertion des pectorales, au bas de l'angle inférieur de l’humérus, sans qu'il soit cependant possible d’en compter les rayons. Ce qu'il v a

(le certain, c'est qu’ils sont plus minces que ceux des autres nageoires, et notamment plus fins et à articulations plus rapprochties (pic ceux de l’anale et de la dorsale j ces pectorales paraissent n’avoir pas atteint tout-à-fait l'insertion des ventrales ense repliant eu arrière. Celles-ci ont une base très-lai'ge , et comme toutes les autres nageoires elle sont formées de rayons moins grêles que ceux des Amblypterus maïu'optcrus et cupterygius ^ mais leurs articulations transverscs sont beaucoup plus rapprochées, et les divisions longitudinales de leurs extrémités moins nombreuses que celles de l’eupterygius. Un autre caractère frapjiant, c’est que tous les rayons sont plus distincts et évidemment osseux , tandis que ceux des espèces citées se fondent en quelque sorte dans la membrane qui les lie. L’anale et la dorsale ont exactement la même forme et la même grandeur ; le milieu de cette dernière correspond exactement au bord antérieur de la première. En avant de chacune d'elles , il y a quelques grosses écailles impaires, échancrées à leur bord jmstérieur, et accolées contre la base des nageoires. Sur le point d’insertion des ventrales il y a une longue écaille lancéolée , comme on en voit chez quelques genres de la famille des dupes, des Cyprins et surtout des Salmones. Le lobe inférieur de la caudale est plus étroit, et formé de moins de rayons que dans les autres Amblypterus. Les petits rayons en \ , accolés sur le bord antérieur de toutes les nageoires, le long de leur rayon externe, sont visibles à l’oeil nu.

Les écailles fournissent encore un caractère important de cette espèce. Les fig. 4 et 5 représentent celles des flancs, la fig. 6 celles du lobe de la caudale. Elles sont toutes parfaitement lisses, et beaucoup plus grandes (pie celles des autres espèces j c’est à peine si l’on distingue, sur le bord, les lignes concentriques des dernières lames d’accroissement. Cependant elles diflêrcnt considérablement de grandeur entr’elles, suivant la place qu’elles occupent sur le corps : celles du dos et de la queue sont plus petites , celles qui s’étendent sur le lobe supérieur de la caudale sont , en outre , en forme de losange plus allongé ; mais celles (pii recouvrent les parois de la cavité abdominale, et (pii sont aussi hautes que larges, sont de beaucoup les plus grandes. Les séries d’écailles vont donc en s’élargissant du dos vers la partie inférieure de l’abdomen. La ligne latérale s’étend dans toute sa longueur, à peu près sur le milieu du corps. L’ Amblypterus lateralis a au.ssi de grandes écailles lisses; mais il siillit, pour distinguer cette espèce , de faire remarcpier (ju’clles sont presque égales sur toutes les |iarties du corps, et un peu moins hautes que longues.

I.c caractère des grandes écailles lisses rapproche ces deux espèces d’ Amblypterus de celles du genre Palieoniscus , que l’on trouve dans le schiste marno-bitumineux de la montagne de Muse près d’Autun.

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