II. PAL.f.OSlJÎCUS STBÏOtATÜS Ag
Vol. 2, Tab. loa, fig. 3 et 4-
Le premier exemplaire eomplet que j’aie x’u de cette espèce, et qui m’a fait reconnaître ses caractère.s distinctifs , se trouve au Musée de la Société Royale d’Edimbourg, n” 82. M. le D' llibbert en possède de moins parfaits, qui sont figurés dans son31émoirc, pl. 6, fig. 6, elpl. 7, fig. i, et quej’avais pris d’abord pour le P. Robisoni. Plus tard, M. le Prof. Jamesoii m’en a communiqué un second exemplaire plus entier et beaucoup plus grand. Ce qui distingue surtout cette espèce de la précédente, c’est sa forme moins élancée, scs écailles proportionnellement plus grosses, sa tète plus courte, et surtout la surface extérieure de ses écailles, qui, dans toutes, est plus ou moins sillonnée de stries et de points irréguliers.
Le P. striolalus a le tronc fusiforme; la tète, moins large que le milieu du corps, est comprise près de cinq fois dans sa longueur totale; l’orbite est petite, et les mâchoires paraissent très-fendues; cependant toute l’ossature de la tétc est tellement empâtée dans la roche, qu’il est impossible de distinguer chaque os en particulier; leur surface extérieure n’est visible nulle part. La ceinture thoracique et les pectorales ont complètement disparu, même dans l’exemplaire figuré, qui est le mieux conservé de tous. Ceux que M. llibbert a représentés et celui de M. le Prof. Jameson n’ont pas même de tète. Les nageoires, dans cette espèce, diffèrent passablement de celles du P. Robisoni. Les ventrales, un peu plus grandes, sont plus rapprochées de l’anale ; celle-ci et la dprsale ont des rayons également très-allongés dans leur bord antérieur; ceux du bord postérieur cependant sont moins courts que dans le P. Robisoni, en sorte que ces deux nageoires paraissent moins échancrées. Les articulations traiisverscs de leurs rayons sont rapprochées de manière à ce que les articles paraissent plus courts que larges. Les bifurcations de l’extrémité des rayons sont plus profondes que dans l’espèce précédente. Au bord antérieur de l’anale on voit encore quelques traces des petites écailles qui recouvrent ordinairement les nageoires. Le lobe supérieur de la caudale est très-allongé; il parait avoir été infiniment plus long que le lobe inférieur; ses rayons sont considérablement plus grêles et plus fendus que eeux des autres nageoires. Les écailles de ce poisson sont de moyenne grandeur, mais proportionnellement plus grandes que celles du P. Robisoni; toute leur surface est ornée de sillons irréguliers, qui s’étendent sous la forme de stries interrompues par des points creux; ces sillons sont sinueux; plus rapprochés et plus marqués au bord antérieur de chaque écaille, ils vont en divergeant vers son bord postérieur. Les écailles de la partie antérieure du corps paraissent un peu plus grandes que celles de la partie postérieure; elles sont toutes rhomlioïdales , équilatérales sur les flancs, et plus étroites vers le dos et vers
les bords du ventre. Celles du pédieulc de la queue, et surtout celles du prolongement de son lobe supérieur, sont beaucoup plus petites et plus allongées. Âu bord antérieur de la dorsale et de l’anale, on remarque de très-]>etits rayons eourts et serrés contre les grands rayons antérieurs de ces nageoires; il y en a de semblables au bord inférieur du lobe inférieur de la caudale, qui ne sont cependant visibles que dans l’exemplaire figuré par M. llibbert, pl. 6, fig. 6. Au bord supérieur du prolongement de la queue, il y en a de beaucoup plus grands et plus allongés; ce sont proprement des écailles qui se relèvent sur le milieu du pédicule de la queue et qui s’étendent jusqu’à son extrémité. Au milieu du dos on remarque une série impaire d’ccaillcs semblables, mais plus grandes, et qui se terminent en pointe moins allongée. Sur l’exemplaire de ma figure, on en voit distinctement une qui a été détachée du tronc, et qui a été transportée sur la partie éeliancréc de la caudale. La surface interne des écailles porte dos quilles moins saillantes et moins larges que le P. Robisoni.
lit. PaLEONISCCS ORNlTISSIMtS Ag.
Vol. 2 , 'fab. 10 a J fig. 5, 6, ^ et 8.
Ce poisson m’a d’aliord été communiqué jiar M. Jameson Torrie, qui l’avait trouvé près de Burntisland en Fifesbire, dans un calcaire compaçt très-noir, appartenant, comme celui de Burdic-IIouse, à la formation liouillèrc. Dans le second envoi de fossiles de Burdie-House qui m’a été adressé par M. llibbert, j’en ai trouvé deux exemplaires. Il serait dès-lors très-intéressant de connaître exactement les rap[)orts géologiques de ces deux localités. Dans le Supplément à son Mémoire sur Burdie- IIou.se, à page i lo, M. Hibbcrt nous promet une description détaillée du calcaire de Burntisland.
Cette es]>èce se rapproche davantage du P. fiobhoni que du striolatns; non seulement elle est encore plus grêle que le P. Robisoni, mais c’est avec le P. longissimus, la plus alloiigéc du genre. Les trois exemplaires que j’en ai vus sont représentés dans les figures indiquées ci-dessus. J.a fig. G donne une idée exacte des dimensions de cc poisson, tandis que dans la fig. 5 on voit distinctement la position respective des nageoires. Dans la fig. j, ce sont les écailles qui sont le mieux conservées; on voit sur toute leur surface et sur tous les os de la tête, des stries ondulées très-mai’quées. Dans la fig. 8 on a représenté quelques écailles détachées de la partie antérieure du tronc. La tête, quoique fort allongée, égale cependant le quart de la longueur totale; sa partie antérieure va en s’aminci.ssant insensiblement jusqu’à l’extrémité des mâchoires; la gueule paraît avoir été très-fcnduc. L’orbite est aussi proportionnellement très-grande ; elle est placée au bord supérieur de la télé. La surface de tous les os de la tète est marquée de sillons irréguliers très-prononcés, et dont la direction est en
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général longitudinale. Le corps est fort grêle, plus meme que celui du P. liobiioni. Les pectorales sont plus grandes que les autres nageoires. Les ventrales occupent exactement le milieu entre les pectorales et l’anale ; celle-ci est aussi éloignée du lobe inférieur de la caudale que des ventrales. L’égalité de la distance qui sépare les nageoires du cdté inférieur du corps, donne à cette espèce un caractère particulier. La dorsale est placée entre les ventrales et l’anale; ses rayons sont plus gros, quoique plus courts, que ceux des pectorales et des ventrales. Le lobe supérieur de la caudale parait considérablement plus gros que son lobe inférieur; cependant cette nageoire n’est bien conservée dans aucun des exemplaires que j'ai vus. Les écailles de la partie antérieure du corps sont un peu plus grandes que celles de sa |>artie postérieure; les stries sinueuses de leur surface y sont aussi plus marquées.
On a trouvé cette espèce dans le calcaire de Burdie-Uouse et dans celni de Burntisland.
Jusqu’ici j’avais remarqué que les espèces de Palatoniscus du terrain houillcr avaient toutes leurs écailles complètement lisses; celles de Burdie-Uouse les ont cependant plus ou moins striées.
Les Palœoniscus du calcaire magnésien d'Angleterre sont déjà en partie très-bien connus j>ar les publications de M. le Prof. Sedgwick, qui en a donné d’excellentes figures à la suite de son Mémoire sur les relations géologiques et la structure intérieure du calcaire magnésien , etc., inséré dans les Ti-ansactions géologiques, 3 "' série, vol. 3, p. 37 . Il est maintenant démontré que le calcaire niagnésicn est l'équivalent géologique du Zeebstein d’Allemagne. Après avoir décrit la strncturc, la position et l’ordre de succession des couches de cette formation, M. Sedgwick’cn fait connaître les fossiles, sur Ic.squels il s’exprime comme suit : « Les excavations exécutées pour rétablissement du nouveau chemin de fer de Stockton ont conduit à une découverte d’im grand intérêt géologique. Dans les marnes schisteuses décrites précédemment, on a trouvé une grande quantité d’empreintes de plantes et de poissons. Malheureusement beaucoup d’exemplaires des premières ont été détruits par les ouvriers ; les seuls que j’aie vus paraissent être des fougères. Cependant on a conservé un grand nombre de bons exemplaires de poissons , parmi lesquels j’ai distingué des parties de sept espèces au moins. Le genre Paheothrissum de Blainv. est celui qui en comprend le jilus, et dont les esj>èces sont les plus communes. Ce savant naturaliste a reconnu l'identité de deux de ces espèces avec le P. magnum et le P. macrocephaltim, qui sont si communs dans les schistes de Thuringe. 11 est peut-être encore digue de remarque que, parleur état de conservation et leur |>osition , qui dénote une H. 13
mort convulsive, les exemplaires de Durham ressemblent exactement à ceux d’Allemagne. » Plus loin il ajoute : « Il parait que beaucoup de ces fossiles ont été détruits avant que l’on connût toute leur valeur. Cependant, ceux qui ont été conservés ayant été dispersés dans diverses collections, ce n’est qu’à l’obligeance et aux communications de plusieurs personnes du comté de Durham (parmi lesquelles je nommerai surtout lord Barrington, le révérend T. Âustin, le révérend S. Gamiin, MM. E. Pease etjl. T. Smitli de Darlington, et T. Randyl de Stockton) , que j’ai dû de pouvoir reconnaître les caractères distinctifs de ces fossiles. D’autres beaux exemplaires qui m’ont été communiqués par MM. Rianshard, de Londres, et U. Witham, d’Edimbourg , ont complété cette série , et m’ont mis à même de publier des ligures plus ou moins parfaites de toutes les espèces découvertes jusqu’ici. Dès le premier abord il m’a paru évident que plusieurs de ces fossiles, malgré leur état de mutilation, ressemblaient beaucoup aux célèbres poissons des schistes cuivreux d'Allemagne. Le plus grand nombre d’entr’eux appartient sans aucun doute au genre PaUsothrissum^ de l’ordre des Malacoptérygiens abdominaux, qui est caractérisé par une caudale fourchue dont tous les rayons sont articulés sur son bord inférieur, et dont le lobe supérieur, qui excède en longueur le lobe inférieur, est couvert d'écaillcs : ce genre n’a qu’une dorsale , entre l’anale et les ventrales. On peut ajouter que toutes les espèces qui offrent ces caractères paraissent avoir eu des écailles très-dures, en partie imbriquées et en partie juxta-posées, et rangées par séries obliques. Ces derniers caractères les rapprochent, en quelque sorte, de VEsox osseus de Linné. Cependant, comme il me paraissait très-difficile de préciser les caractères de ces fossiles, je soumis plusieurs des premiers exemplaires trouvés dans ces fouilles, à l’examen de M. de Blainville, qui a reconnu l'identité de deux de ces es(>èces avec celles de Mannsfeld, que précédemment il avait établies sous les noms de Palœothrissum rnagnuin et macrocephàlum. » — “
Dans le voyage que j’ai fait en Angleterre en i834 , j’ai eu occasion de visiter la plupart des collections mentionnées par M. Sedgwick, parmi lesquelles j'ai surtout distingué celle de M. Witliam, et d’examiner en outre un grand nombre d'exemplaires de ces poissons contenus dans les collections de la Société Géologique de Londres, du Musée du Service uni de l'armée et de la marine, de M. Murchison, du Musée d'Oxford, de la Société Royale d'Edimbourg, de M. le Prof. Johnston de Durham, de M. Trevelj'an, du 31usée de Newcastle sur Tyne, de celui de Witby et d'Yorck, et de Anne Siirtees de Mainsforth. Par cet examen , j'ai pu m’assurer de l’exactitude des obseiTations de M. Sedgwick, et j’ai eu plus d’une occasion d’admirer la netteté des figures qu’il a publiées, et dont j’ai retrouvé presque tous les originaux. Les espèces figurées par 31. Sedgwick sont : i” Acrolepis Sedgwickii Ag., pl. 8, fig. 3 du 3"' vol. de la a“' Série des Trans. de la Soc. Géol.; a“ Pygopterus mandi-
bulaiis Ag., ibid. pl. lo, fig. i, i et 3, et pl. ii, (indiqué dans la Géologie de Walchner sous les noms de Nemopteryx mandibularis cl Ae Sauropsis scoticus)^ 3” Platysomus striatus Ag., ibid. pl. la, fig. 3 et 4 (sous le nom A’Uropteryx striatus dans la Géol. de Walchner); 4" Platysomus macrunis ibid. pl. la, fig. i et a; 5“ Platysomus parvus Ag., ibid. i" Série, vol. 4> pl- Ann. of Philos, vol. G, p. Il 5. 11 ne me reste à ajouter que quelques observations critiques sur les espèces de Palœoniscus mentionnées par M. Sedgwick, auxquelles je joindrai la description de trois espèces nouvelles qu’il n’a point connues.