I. PaL£OMSCI-S E1£CASS Sedgw
Vol. 3, pl. lo b, fig. 4 et 5.
Palæothrissum elegans, Géol. Trans. a”' Série, vol. 3, pl. 9,’Cg. i-
Sur plusieurs centaines d’exemplaires de Palæoniscus du Zcchstein d’Allemagne que j’ai examinés, je n’ai reconnu que trois espèces, qui sont le P. Freiedebenii et mes P. macropomus et magnus. Eu les comparant maintenant avec celles du calcaire magnésien d’Angleterre, je trouve que, malgré leurs nombreux rapports, les espèces de ces diSercùtcs localités ne sauraient être envisagées comme identiques. En effet, comme l’a déjà fort bien remarqué M. Sedgwick, son P. elegans est une espèce particulière, différant du P. Freieslebeni |Uir des formes plus élancées, et surtout par la plus grande uniformité des écailles sur toute la surface du corps. Le P. magnus de Mannsfcld n’existe pas non plus en Angleterre ; car l'espèce du calcaire magnésien à laquelle M. de filainville a cru pouvoir donner ce nom spécifique, et qui est la même que son Palæothrissum macrocephalum d’Angleterre, diflère également des espèces de Mannsfeld , en ce que ses écailles ont leurs bords supérieur et inférieur arqués , et en ce-que, à l’inverse du P. magnus d’Allemagne, celles des flancs sont beaucoup plus hautes et plus grandes que celles de la queue , je l’appelle P. comtus. Parmi les exemplaires de Palœoniscus du calcaire magnésien que j’ai vus en Angleterre, j’ai reconnu en outre trois espèces qu'il est très-facile de distinguer de tous leurs congénères; je les ai appelées P. glaphyrus , P. macrophtkalmus et P. longissimus. Les différentes localités ou l’on a trouvé ces poissons, sont : Middcridgc, E. Tbickley, Darlington, Clarence llailway près de Mainsforth, West-Bolden , llonghton le Spring, Witley près de Shields, et Rushyford. Elles paraissent se trouver également sur CCS différens points.
Le P. elegans est réellement, comme l’observe M. Sedgwick, l’iine des espèces les plus rares du calcaire magnésien. 11 se distingue des autres espèces de ce genre par ses formes élégantes et s<a dimensions bien proportionnées ; aussi mérite-t-il à tous
égards le nom spécifique qui lui a été donné. Sa tête égale environ un cinquième de la longueur totale du corps; mais elle est mal conservée dans l’exemplaire figuré dans cet ouvrage. La surface de tous scs os est ornée de sillons divergeant dans le sens de leur accroissement ; ces sillons sont plus larges et plus éloignes que dans le P. Freieslebeni. L’ossature de la ceinture thoracique paraît forte proportionellement ; du moins l’on voit un large scapulaire dans l’original de ma figure. La forme générale du coips est celle d’un ovale très-allongé, de telle sorte que le milieu du dos est à peine plus élevé que la nuque et le fort de la queue. Dans cet exemplaire, cette espèce paraît encore plus large qu’elle n’est réellement, jiarce que les écailles du côté gauche ont glissé le long du dos, et s’étendent visiblement au-delà de l’insertion de la dorsale. Les pectorales, les ventrales, la dorsale et l’anale sont proportionnellement petites ; les articulations transversales de la dorsale et de l’anale surtout sont très-distantes ; cependant elles ne paraissent pas l’étre, paixe que les divisions alternent d’un rayon à l’autre. L’extrémité des rayons est bifurquée jusqu’à la moitié environ de leur longueur totale. Au bord antérieur de ces nageoires, on remarque de très-petits rayons accolés aux'plus longs. La caudale a exactement la forme de celle du P. Freieslebeni; cependant le prolongement de son pédicule, qui forme son lobe supérieur, est plus étroit. Le lobe inférieur est aussi plus long que dans l'espèce susmentionnée; c’est ce qui a fait dire à M. Scdgwick que les lobes de cette nageoire étaient moins inégaux dans cette csi>èce que dans les autres. Ses rayons sont tous trèsgrèlcs, bifurques à plusieurs reprises jusque près de leur base, ce qui les fait paraître encore plus minces ; les articulations transversales des rayons du lobe supérieur sont si rapproçhées, que les articles paraissent à peine plus longs que larges; celles du lobe inférieur sont plus éloignées. Le long du bord inférieur de ce lobe il y a de très-petits rayons qui ne sont visibles à l’œil nu qu’à sa base, tandis que sur le bord supérieur du pédicule du lobe allongé, il y en a de très-grands qui sont moins inclinés, et qui reposent sur les petites écailles atténuées de cc prolongement de la queyc. Les écailles ont à peu près la même forme par tout le corps; elles sont cependant un peu plus grandes dans sa partie antérieure, mais elles n’y sont pas de beaucoup plus hautes que longues, comme on le remarque dans le P. Freieslebeni. (Ce caractère rapproche un peu le P. elegans du P. inagnns de Mannsfeld ; mais la forme générale et les proportions du corps de ces deux especes les distinguent suflisamment.) Leur surface est aussi plus lisse; on voit seulement quelques stries vers leur bord antérieur, et de petites échancrures serrées en forrnt de dentelure à leur bord postérieur. Vers le bout de la queue, ces stries et cette dentelure disparaissent de plus en plus , et manquent complètement sur les petites écailles allongées qui recouvrent le prolongement du pédicule de la queue. On aperçoit à travers les écailles de la ligne
latérale les petits tubes qui se prolongent dans le milieu de leur épaisseur , de leur bord antérieur à leur bord postérieur, o!i ils s’ouvrent entre les dentelures de ce dernier. La fig. 4 représente quelques écailles de ce poisson, prises autoiu' de la Ugne latérale en avant et au-dessus des ventrales. Il est à remarquer que les bords supérieur et inférieur de ces écailles, surtout de celles de la queue, sont aussi droits que leur bord postérieur, tandis que dans le P. cotntus ils sont sensiblement arques. Comme dans toutes les espèces du genre, on remarque sur le milieu du dos une série d’écailles impaires, dont le bord postérieur est arrondi ; celles qui avoisinent le bord antérieur des nageoires sont plus grandes que les autres; cependant elles le sont moins que dans le P. Freieslebeni , et leur surface est marquée de moins de stries. M. Scdgvvick a déjà fait la remarque qu’une |>artie de ces écailles sont imbriquées , tandis que les autres sont juxta-posées ; cela est vrai, en tant que le bord postérieur d’une série antérieure d’écailles repose davantage sur le bord antérieur d'une série suivante dans toute la région antérieure du corps, et que, dans sa région postérieure, les séries d’écailles qui se touchent ne reposent les unes sur les autres que par des bords obliques, sans se recouvrir partiellement les unes les autres. Les bords supérieurs des écailles antérieures du corps sont en outre munis d'un petit onglet articulaire qui s’engrène dans une fossette du bord inférieur de l’écaille voisine. Du reste leur surface intérieure est lisse, et les onglets articulaires forment sur leur milieu des quilles à peine' perceptibles, tant elles sont déprimées.
Celte espece n’a encore été observée que dans le Calcaire magnésien d’Angleterre.
' U. PaLÆO.MKUS COMTU3 Agass.
Vol. a, tab. 10 b, fig. t , a et 3.
Palæotlirissum magnum, Géol. Trans. a”' Série, vol. 3, pl. 8, fig. i et a. — Palæotbrissum macrocephalum , Géol. Trans. a"*' Série, vol. 3, pl. 9, fig. a.
Malgré la grande imperfection de l’exemplaire dont je donne ici une figure, je l’ai préféré à maint autre dont les contours, quoique plus parfaits, donneraient une idée moins exacte des caractères distinctifs de cette espece. Les allures du genre Palœoniscus sont maintenant assez connues pour que l’on puisse se représenter exactement une espèce de ce genre dont on ne voit qu’une partie du corps. J’ai cejiendant examine un grand nombre d’exemplaires de ce jioisson , qui est le plus commun de tous ceux que l’on trouve dans le Calcaire magnésien. Son corps est proportionnellement aussi large que celui du P. magnus de Mannsfeld. Sa tête égale le quart de sa longueur totale ; tous ses os ont leur surface marquée de points disposés en séries irrégulières. Les pectorales sont de moyenne grandeur, proportionnellement plus grandes
que les ventrales, l’anale et la dorsale; la caudale est grande, niais scs rayons sont moins grêles et moins bifurques que ceux du P. elegems; leurs articulations transversales sont aussi plus éloignées, tandis que celles de la dorsale et de l’anale le sont moins. Les écailles varient considérablement de grandeur et de forme, suivant la place qu’elles occupent; celles des flancs sont les plus grandes , elles sont plus hautes que longues, et toute leur surface est ornée de sillons et de points très-serrés, à pen près parallèles entre eux , et qui se terminent au bord postérieur par une dentelure assez, fine.. Leur bord supérieur est concave, et leur bord inférieur convexe; vers le milieu du corps ces bords sont h pen près droits, tandis que dans sa partie postérieure, où les écailles sont beaucoup plus petites et aussi longues que hautes, leur bord supérieur est convexe, et se prolonge dans le bord postérieur; en sorte que l’angle supérieur et postérieur de ces écailles est sensiblement arrondi ; leur bord inférieur est concave. La surface de ces écailles n’est plus sillonnée que de quelques stries irrégulières, et la dentelure du bord postérieur à peine distincte. Les écailles du prolongement du pédicule de la queue sont très-petites, et d’autant plus allongées qu’elles approchent davantage de son extrémité. Les tuhes qui traversent les écailles de la ligne latérale ne se trouvent pas exactement au milieu de ces écailles , comme dans le P. elegans; ils sont plus rapprochés de leur bord supérieur, et obliques aux écailles dans la partie postérieure du corps, tandis que dans le P. elegans ^ ils sont parallèles à leurs bords supérieur et inférieur. Les onglets articulaires qui unissent les écailles sont plus allongés et plus grands que dans l’espèce précédente, et les quilles qu’ils forment à leur surface intérieure sont plus marquées.
A ces caractères, il sera toujours facile de reconnaître cette espèce, qui, par ses traits saillans et sa fréquence dans les localités indiquées , doit être envisagée comme une espèce caractéristique. ,
lit. l’.VI..r.omSCU5 GLAPnVBBS Ag.iss.
Vol. 2, tab. 10 Cj fig. I et a.
Cette petite espèce n’a point encore été figurée ; cependant j’en avais déjà vu un dc.ssin dans le portefeuille de Cuvier : c’est l’espèce que j’ai citée à la page ai du volume de cet ouvrage. L’original de ma figure se trouve au Musée d’York ; il m’a été communiqué par M. le Prof. Phillips.
Les traits les plus caractéristiques de ce |>oisson sont ses grandes écailles et la brièveté de son corps. Sa forme extérieure est à peu près celle du P. Voltzii ou du P. fultus; mais il diffère des deux par la grosse dentelure du bord postérieur de ses écailles. Cette espèce a la tète proportioiuiellemcnt très-petite, égalant à peine la cin-
quicme partie de sa longueur totale, et beaucoup moins large que le tronc; quoiqu’elle soit très-mal conservée dans l’original de ma figure, on peut s’assurer cependant qu’elle est entière , car on distingue rextremité des mâchoires qui forme une bouche très-petite. On aperçoit en dessus l’orbite, qui est proportionnellement beauconp plus grande. Les pièces opercidaires sont aussi fort petites. En dessous et en arrière de la mâchoire inférieure, ou distingue des traces de sept rayons branchiostègnes. Les pectorales ont entièrement disparu ; mais on voit distinctement l’insertion des autres nageoires. La dorsale occupe le milieu du dos ; son bord antérieur se trouve cependant un peu en arrière des ventrales. Les rayons de tontes les nageoires sont moins rapprochés les uns des autres que dans les antres espèces du calcaire magnésien ; et par ce caractère, cette espèce se rapproche davantage de celles d’Autun, comme elle leur ressemble aussi beaucoup par sa forme trapue. Tons les rayons sont très-fendus, mais leurs bifurcations sont moins nombreuses que dans la plupart des autres espèces du genre. Au bord anterieur des nageoires, on distingue facilement les petits rayons, qui sont accolés contre les plus grands ; ils diffèrent de ceux des autres espèces en ce qu’ils sont, plus allongés et moins serrés contre le bord des nageoires. Les écailles (fig. a) sont proportionnellement très-grandes sur toute la surface du corps ; celles des côtés de la queue seulement sont un peu plus petites ; leur surface extérieure est complètement lisse ; tous leurs bords sont droits ; au bord postérieur, on distingue une dentelure très-marquée, dont les pointes, très-distinctes les unes des autres, sont proportionnellement très-allongées. Toutes les écailles sont fort minces; on distingue à leur surface intérieure de gros onglets articulaires qui s’engrènent dans de larges fossettes triangulaires; d’une écaille à l’autre on voit s’étendre une quille très-étroite, mais très-marquée. La ligne latérale s’étend directement de l’angle supérieur de l’opercule à l’extrémité de la queue.
Cette espèce provient du calcaire magnésien d’Angleterre.