I. CepiiAUSMs hrcLLii .àgass
Vol. a, Tab. I (J, fig. i , i, j et 5 ; et Tab. i i, fig. i , a , 3, 4 et .'ï.
Cette espèce étant celle dont je possède les exemplaires les plus complets , je crois devoir la décrire la première, afin d’avoir pour les autres un terme de comparaison plus sûr. Des têtes semblables à celles représentées dans les fig. 3 et 5 de la Tab i è, sont les porGes de ce poisson que l'on trouve le plus communément. M. Murchisou en possède un assez grand nombre d’exemplaires, trouvés dans les Cornstones du vieux grcs-rouge dans les comtés de Hereford et Brecknock, à Whitbach près de Ludlow, cl dans les environs de Ridderminster. M. le l’rof. Jameson m’en a communiqué tins tête beaucoup mieux conservée , et dont la surface est couverte d’écailles très-singulières ; cet exemplaire a été trouvé dans le vieux grès-rouge à Glammis en Ecosse (Forfarsliire). Les exemplaires les plus parfaits que j’aie vus sont ceux de la col-
Icctlon (?e M. Lycll; ils proviennent également de Glainmis. Celui de la fig. a, Tab. I Oj se présente par sa surface dorsale; on y voit la tète par sa surface supérieure, avec ses prolongcmens latéraux. Cet exemplaire est surtout instructif en ce que l’on y distingue la jonction de la tète et du tronc, la disposition des écailles sur la nuque et sur le milieu (fu dos, et les points d'insertion des deux dorsales. L’original de la fig. i, même planche, appartient aussi à M. Lyell : c’est un individu entier, divisé en deux plaques; l’une d'elles, en relief, fait voir la convexité du disque de la tète, dont la pointe latérale du côté gauche est restée sur la plaque creuse , qui est celle que j’ai fait représenter.
La tète de ce jtoisson a des dimensions considérables, proportionnellement à la petitesse du corps ; elle forme environ le tiers de la longueur totale. Son pourtour est arrondi en forme d'un croissant dont les cornes latérales seraient rapprochées , et dont la partie antérieure et moyenne serait très-saillante. En efl'et , ses prolongcmens latéraux sont moins éloignés l'un de l’autre, que leur extrémité ne l’est de la partie arrondie du museau. Le milieu de la tète, c’est-à-dire, la région où se trouvent les yeux, le crâne et surtout la crête Occipitale, est relevé, comme on le voit en profil dans la fig. 4) Tah. 1 ô; tandis que ses côtés et son bord antérieur sont considérablement dilatés et étalés horizontalement, de manière que le prolongement bicorne de la tète déborde les côtés du tronc et s’étend librement en arrière, comme on le voit lig. i, Tab. I a, où la tète ne paraît probablement s’étendre autant en dessous du tronc, que parce que l’aile gauche de son disque aura etc refoulée dans une position plus verticale qu’elle ne l’était naturellement. Les yeux, très-rapprochés l'un de l’autre, sont placés vers le milieu de l’écusson que forme la tète, un peu plus près du bout du museau que de la crête occipitale; ils paraissent avoir été dirigés directement en haut, comme dans les Uranoscopes ; du moins c’est leur position dans les exemplaires les mieux conservés et qui sont complètement étalés dans leur état naturel, fig. i , Tab. I h. Dans lu fig. 3, dont les côtés paraissent avoir etc tant soit peu resserrés, (à en juger du moins |>ar une fissure longitudinale sur le bord gauche de cette empreinte ), les yeux sont un peu inclinés sur les côtés. Entre eux, et en avant des orbites, il v a une dépression triangulaire qui me parait avoir été occupée par les fosses nasales. En arrière des orbites se trouve une autre dépression longitudinale, étroite, d|i double jïlus longue que large, et bordée par deux crêtes saillantes que je crois être les crêtes pariéto-frontales ; en sorte que cette dépression se trouverait à la jonction des frontaux. En arrière, ces crêtes se rapprochent l’une de l’autre , et s’élèvent pour former la crètc-occipitalc, qui est ti-ès-saillante, comme on le voit surtout dans les fig. 3 et 4 ; taudis que dans la fig. i , elles sont en grande partie enlevées. La partie postérieure et moyenne de la tête est coupée presque carrément, et bordée par la pre-
micrc série d’écailles ; tandis que les cAtés sont fortement écliancrés, et forment le bord intérieur du prolongement latéral du disque de la tète, fîg. 3, Tab. i 6j et (ig. a, Tab I a. Le jrourtourdc ce disque est entouré d’une lame osseuse, qui, réfléchie sur ellc-mcmc, forme en même temps dessous la tète son bord inférieur et latéral. Ne pouvant pas , à cause de l’état particulier de conservation de la tète ( qui résulte probablement de sa structure), déterminer la forme et les connexions des os du crâne, je vais du moins indiquer encore ce qu’il m’a été possible de recueillir dans düTércns exemplaires sur l’aspect de ces os. Dans la fig. i , Tab, i Aj on voit en grande partie leur surface extérieure recouverte d’écailles irrégulières, de forme plus ou moins arrondie, et dont les bords, qui sont cependant plus ou moins droits, se réunissent par juxta-position, de manière à former un pavé d’écailles tont-à-fait semblable à celui qui recouvre la tète des Ostracions. Chacune de ces écailles, lig. a, est eonvexe à son centre, et présente des sillons creux, divergens vers ses l>ords, oîi ils forment une dentelure qui s’engrène d’une écaille h l’autre. La forme de ces différentes écailles varie beaucoup ; la plupart d'entr’cllcs sont arrondies, il c.st vrai, mais il y en a aussi d’anguleuses, qui alors s’appliquent contre un bord droit d’une écaille du reste arrondie ; et par-ci par-là il y en a de petites qui remplissent les intervalles entre les plus grandes. Du reste, ces écailles paraissent être osseuses, et leur surface extérieure émaillée. Au pourtour du disque elles .se confondent davantage, et leur émail présente des rides jiarallèles à son bord. Celte disposition se voit as.scz bien dans un fragment, du reste très-imparfait, de la collection de M. Murebison, qui n’a pas été figuré ; on en distingue aussi quelques traces dans l’exemplaire de M. Jameson, Tab. i A, fig. i , et dans un de ceux de M. L yell, Tab. i a, fig. 2 . Les os même de la tète avaient une structure fibreuse, que l’on reconnaît encore dans tous les exemplaires où il en est resté quelques fragmens', on voit surtout bien cette structure fibreuse à la surface interne du disque, telle qu’elle se présente dans la fig. i , Tab i a. ün la retrouve aussi Tab. t A, fig. i, là oîi les écailles sont enlevées, et même dans les exemplaires qui ne sont que de simples empreintes, comme dans la fig. 3, où elle se reconnaît encore au relief de la roche , sur lequel les sinuosités de la surface intérieure des os de la tète sont moulées. Dans la partie antérieure du disque, les fibres osseuses sont dirigées droit en avant; sur les côtés elles sont obliques, puis transverses, et enfin, dans les prolongeniens latéraiLX du croissant de la tète, elles suivent la direction de ces parties proéminentes, et semblent en général aller en divergeant dans tous les sens, depuis les côtés du crâne. Les os du crâne eux-mêmes présentent une irradiation semblable entre les crêtes pariéto-frontales , comme on le voit dans la fig. i , Tab i A. Les prolongeniens latéraux de la tête, sont du reste plus épais que scs parois osseuses, et se rétrécissent insensiblement jusqu’à former une pointe compacte et arrondie, qui s’étend plus en
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arrière que la crête occipitale, fig. 3, et qui se délaclie d’autant mieux du tronc, que l’cchancrure du bord postérieur du disque est plus évasée en s’éloignant des flancs du poisson. La différence de forme que l’on peut remarquer entre les lig. i , 3 et 5, Tab. I b, et les fig. i et a, Tab. t a, me paraît provenir seulement de l’état de conservation des exemplaires, et surtout de ce que, dans les uns, fig. i,Tab. i/i^ctTab.
I h, les os de la tête étaient aussi complètement étalés que leurs articulations le permettaient, lorsqu’ils ont été entourés par la matière qui a formé la roebe dans laquelle ils se trouvent maintenant, tandis que dans les autres ils étaient plus resserrés ; ce qui leur a donné une forme plus étroite et moins arrondie. L’exemplaire de la fig. 5 a un aspeet très-particulier : sa surface est entièrement lisse ; mais eette différence sc conçoit en voyant qu’ici la surface extérieure des os est complètement enlevée, et qu’il n’en est resté qu’une lame inférieure, sans que l’on aperçoive sa surface interne, que nous avons vue être cannelée dans les exemplaires où elle est à découvert. Il me paraît très-probable que la cause pour laquelle on trouve le plus souvent ces tètes détachées du corps du poisson , doit être cherchée dans la grande différence qu’il y a entre leur structure et celle du tronc, et surtout dans la disproportion de leurs dimensions et de leurs formes, puisqu’il.s ont dû résister différemment à différentes pressions et aux chocs auxquels ils ont pu être exposés. Si , d’un autre côté , toutes les têtes se présentent ordinairement par leur surface extérieure, c’est que leur surface inférieure , la cavitéde la bouche , les arcs branchiaux et les sinuosités des os inférieurs du crâne, sont des points d’appui bien plus solides pour les matières qui s’y sont infiltrées, qu’une large surface légèrement convexe qui doit naturellement se détacher maintenant plus facilement de la roche, lorsqu’il s’y forme une fente.
Le tronc rappelle davantage celui des poissons qui constituent les genres déjà décrits de la famille des Lépidoïdes ; mais il en diffère surtout par ses deux dorsales , son anale très-reculée et les singulières écailles qui le recouvrent. Sa forme est celle d’un fuseau allongé, renflé à sa partie antérieure, et qui va en se rétrécissant insensiblement jusqu’au pédicule de la queue, qui est proportionnellement très-grèle, puisque son diamètre n’excJrde pas le quart de la hauteur du tronc vers la nuque. -
La première dorsale est placée sur la partie la plus élevée du dos , immédiatement en arrière de la crête occipitale. Son existence est rappelée seulement par l’empreinte de la base des rayons dont elle était formée ; h son bord antérieur on remarque deux rainures un peu plus larges que les suivantes, qui sont certainement les empreintes de deux rayons plus gros, dont le premier peut avoir été court et accolé le long du second, qui s’étendait probablement jusqu’à l’extrémité de la nageoire. 11 n’est pas possible de s'assurer s’il y avait de petits rayons imbriqués. Les autres rayons étaient très-minces, et n’ont laissé d'autres traces de leur présence que l’aspect strié du bord
(le cette partie du dos; ils s’(5tendaicnt jusqu’à son milieu. La seconde dorsale est plus distincte; son bord antt-rieur est soutenu par un très-gros rayon , dont les articulations transversales sont assez rapproclièes , et au Irord duquel on remarque de trèspetits rayons imbriqués et très-serres contre le plus gros. Le reste de la nageoire, qui parait s’étre étendue jusqu'à la partie la plus mince du pédicule de la queue, n’est rappelé que par une tache sti-iée parallèlement au rayon antérieur, et dont les stries étaient les petits rayions mous du fort de la nageoire. La position relative des deux dorsales est indiquée c.xactemcnt dans l’exemplaire de la fig. a , Tab. i a, oii l’on voit qu’en arrière de la nuque et à la partie postérieure du dos, les écailles ne se joignaient pas et laissaient cntr’elles un intervalle dans lequel les rayons de la nageoire étaient insérés. L’anale n’a pas im'nic laissé une trace aussi distincte de sa présence ; on reconnaît seulement, en comparant les deux plaques de l’exemplaire représenté dans la fig. I , Tab. 1 fl J qu’elle était placée plus en arrière que la seconde dorsale , et que même son bord antérieur correspondait au milieu de cette dorsale. Sa position est aussi indiquée par Tintcrruplion que l’on remarque dans les écailles du bord du ventre. La caudale n’avait point de gros rayon; scs lobes ne sont indiqm's que par la couleur particulière de la roche ; l’inférieur s’étend jusqu’au milieu du supérieur. Leur insertion est très-oblique ; en sorte que le prolongement du pédicule de la queue est proportionnellement très-long. Sou Imrd supérieur porte une large lisière de ravons imbriqués, très-gros proportionnellement à la taille de ce poisson , qui vont en grandissant depuis le bord jiostérieur de la seconde dorsale jusqu’au milieu du )>édicule, et qui diminuent de nouveau insensiblement justpi’à son extrémité. Ces petits rayons sont fort épais, propurtionnellciuent à leur longueur ; ils sont moins accolés contre le bord du pédicule, et moins inclinés vers son extrémité que dans la plupart des autres genres de cette famille.
Les écailles ont une conformation si particulière, qu’on ne retrouve rien de semblable dans aucun autre genre; les CalUchtlijs .seulement ont aussi sur les flancs des séries de lames écailleuses très-élevées; mais dans le genre Ci'phalaspis il n’y a de chaque côté qu’un rangée de plaques hautes et étroites, insérées transversalement sur le milieu des flancs; tandis que, au bord du dos et au bord du ventre, il y a des séries de petites écailles disposées obliquement aux extrémités de celles des flancs. Sur le pédicule de la queue et sur sou prolongement, les écailles ont toutes la même forme; elles sont rhomboïdales et de plus en plus |>ctitcs. Celles du milieu des flancs, Tab. i a, fig., 3, sont si hautes, que leur largeur excède huit à dix fois leur longueur, et qu’elles occupent plus de la moitié de la hauteur totale du poisson, dans sa partie antérieure du moins. Vers le milieu du tronc elles sont moins hautes , et eu dessous de la seconde dorsale elles finissent par se confondre avec les petites écailles des bords du dos et du ventre;
en sorte que les cités de la queue et de son prolongement ne présentent plus cette disproportion frappante qu’il y a en avant entre les écailles des flancs et celles du dos et du ventre. Le bord postérieur de ces hautes plaques est droit, perpendiculaire au diamètre longitudinal du poisson, tandis que le bord supérieur est taillé en biseau; son angle postérieur est beaucoup plus élevé que l’angle antérieur. Au bord inférieur, qui est parallèle au supérieur, l’obliquité des angles est inverse. La surface extérieure de ces écailles est ornée de rides ondulées et disposées dans le sens de leur plus grand diamètre. Il y a 26 à 3u de ces plaques sur les flancs. Les séries d'écaillcs du bord du dos sont placées obliquement à l’extrémité des hautes écailles des flancs, et sc dirigent du haut en bas et d’avant en arrière; en sorte que l’ouverture de l'angle obtus qu’elles forment ensemble est tournée vers la tête, et son sommet vers la queue. Dans la flg. 3 , Tab. i a, ou voit d'en haut la dis|K>sition de ces séries et leur jonction avec les plaques des flancs; chacune d’elles se compose de plusieurs écailles, aussi longues, daus la partie antérieure du dos, que les lisières des flancs sont larges, mais qui deviennent plus petites à mesure que celles-ci, diminuant de hauteur, se confondent davantage avec les écailles des bords. Dans chacune de ces séries il parait y avoir quatre à cinq écailles, ûg. 4- Au bord du ventre, les écailles sont dirigées obliquement en arrière, à l’extrémité des grandes lames transversales. Ces séries sont beaucoup plus étroites que celles du dos, et ne paraissent formées que de deux écailles. Vers le milieu de la seconde dorsale, tontes les écailles ont à-peu-près la même grandeur; celles des flancs seulement sont encore un {>eu plus hautes que longues; mais vers l’extrémité de la queue, elles deviennent de plus en plus équilatérales, et finissent jiar être, sur le prolongement du pédicule, des losanges, fig. 5, dont les angles aigus sont dons le sens longitudinal du poisson. Toutes ces petites écailles {laraissent lisses.
L’analogie qu’il y a dans la structure des écailles entre les Callichthys et les Céplialaspis, me paraît confirmer la position que j’ai assignée aux Goniodontes et aux Siluroides dans l’ordre des Ganoïdes, après les Acipenser.