I. Plitysomus cibboscs Agass
Vol. 2 , Tab. i5, fig. 1 , 2 , 3 et 4-
Stromatcus gibbosus de Blaior. Icht. p. i8. — La meilleure figure qui ait été publiée est celle de Wyblfart, Tab. i4, fig. i, etdeMyliusTab. lo, p. 85. Il yenadcmoiDScorrectcs dansSeheuchxcr et dans Knorr et tValch. Il est également mentionné dans plusieurs autres ousvages anciens.
J’ai vu un assez grand nombre d’exemplaires de cette espèce au Musée de Munich , dans la collection de 31. le comte de 3Iunster, dans celle de 31. Réglcy , qui appartient
maintenant à M. Cartcret, dans celle de Lord Colc, et surtout au Muséum d’histoire naturelle de Paris, où M. de liumboldt a déposé la plus belle collection de poissons du Zcchstein que j’aie vue jusqu’ici. L’original de ma fig. i se trouve dans la collection de M. Carteret; il est surtout instructif à cause de l’état de conservation de ses nageoires. L’original de ma fig. 2 appartient an Musée de Munich; il a été trouvé à Kiegelsdorf en Hesse. C'est surtout d’après cet exemplaire que j’ai pu reconstruire une grande partie du squelette. Les exemplaires de M. le comte de Munster sont de Glücksbrunn ; ceux du Musée de Paris proviennent du district de Kalkberg.
M’étant déjà étendu snr les caractères 'ostéologiques de ce poisson, je me bornerai à indiquer ici les dilTérenccs spécifiques qui le distinguent de scs congénères. Sa tête est très-petite, proportionnellement à la grande hauteur de .son corps plat; son profil^ presque droit, se continue directement avec la nuque, et forme jusqu’au bord antérieur de la dorsale une ligne très-peu arquée. En avant, le museau se termine par une saillie arrondie, due sans doute à la forme de l’ethmoïdc. L’orbite est grande, proportionnellement aux dimensions de la tète : la crête occipitale est très-élevée, et sa surface finement granulée. Les pariétaux et les frontaux sont également granulés ; cependant , sur le bord des os, cette granulation se confond en stries ondulées. La bouche est petite, le maxillaire inférieur est un peu plus court qne le supérieur , et très-large vers son articulation. Un aperçoit quelques petites dents an Iwrd du maxillaire supérieur. Les pièces opcrculaires étaient de moj'ennc grandeur, pins hautes que larges, et toute leur surface extérieure, ainsi que celle des os de la face, finement striée. La ceinture thoracique est très-forte ; la surface extérieure de l'humérus est finement striée dans le sens longitudinal de l'os ; sou angle inférieur fait une saillie en arrière sur les flancs; en dessous l'on aperçoit quelques traces des rayons de la pectorale droite , fig. 2. Dans la fig. i, celle du côté gauche est entière ; sa forme est arrondie , ses rayons sont d’égale épaisseur , et ceux du milieu de la nageoire les plus longs. En avant, l’on voit encore quelques rayons de la pectorale droite. Les corps des vertèbres sont hauts, mais très-courts, les apophyses épineuses proportionnellement petites, les côtes faibles; les osselets interapophysaircs , qui s’étendent de la crête Occipitale jusqu'à la partie la pins élevée du dos, expliquent les singulières saillies que l’on voit sur la nuque de quelques espèces du genre PyenorluSj et qui sont en rap|>ort intime avec les écailles.
La forme générale de ce |>oisson est rhomboîdale; ses côtés étant presque droits, les angles du corps sont très-saillans , le milieu du dos surtout, où la ligne droite que présente l'insertion de la dorsale se confond avec le prolongement de la nuque. Le côté inférieur offre également une ligne brisée, dont la |Mirtie antérieure, légèrement arquée, s’étend de l'extrémité de la mâchoire à l'anus; tandis que la ligne d’insertion de l’anale s'élève pins directement jusqu’au pédicule de la queue, qui est très-rétréci.
T«». II. , ïï
La dorsale et l’anale ont exactement la même structure j la partie anterieure de ces deux nageoires se compose de rayons un peu plus allongés que leur extrémité ; ce qui donne à tout le corps un aspect encore plus anguleux; leur partie saillante se trouvant jilacée justement aux angles des bords du tronc , et à-peu-près également éloignée du pédicule de la queue. Cependant l’anale s’étend un peu moins en avant. Leurs rayons sont grêles, proportionnellement à la grandeur du poisson, les postérieurs surtout, qui sont encore plus fins que les antérieurs ; à leur extrémité ils sont bifurqués, mais pas très-profondément. Leurs articulations transversales s’étendent jusque vers leur base ; elles ne sont pas très-éloignécs ; cependant les articles sont un peu plus longs que larges. Les premiers rayons du bord antérieur de ces nageoires sont courts, et s’allongent insensiblement ; ce n’est qu’au 5“‘ ou 6““' qu’ils atteignent l’extrémité de la nageoire. Il n’y a pas de petits rayons accolés à leur bord antérieur. La caudale a disparu dans l'original de la lig. a ; dans celui de la lig. i , son lobe inférieur est encore assez bien conservé. C’est dans un des exemplaires du Musée de Paris ( dont je n’ai pas fait lithograpliicr le dessin ), qu’on la voit le mieux. Immédiatement en arrière de l’extrémité postérieure de la dorsale et de l'anale, le pédicule de la queue est tellement rétréci , qu’il n’excède pas le diamètre de l’orbite ; son prolongement , jusqu’à l’extrémité de la caudale s’amincit encore plus, mais très-insensiblement, et même un peu moins que ne l’indique la lig. i , dans l'original de laquelle la série extérieure des écailles du pédicule a disparu. Les rayons du lobe inférieur de cette nageoire sont très-allongés ; ce qui la fait paraître très-écliaucrée. Cependant cette espèce diffère surtout de la suivante, en ce que les lobes de sa caudale sont plus inégaux, et en particulier le lobe supérieur plus allongé et moins rapidement rétréci.
Les écailles se voient surtout bien dans la lig. t , par leur surface extérieure; dans la lig. 2 , on voit seulement l’empreinte de celles du côté gauche, et par ci par là quelques traces de leur surface intérieure. Celles du milieu des flancs, à la partie antérieure du tronc, sont beaucoup plus liantes que longues ; mais vers les bords du dos et du ventre et sur les côtés de la queue, elles deviennent insensiblement plus petites et moins disproportionnées en hauteur ; le long de l'insertion de la dorsale et de l’anale il y en a même plusieurs rangées d’étroites, semblables à celles qui se trouvent sur le pédicule de la queue ; le long de son prolongement elles sont en forme de losanges étroites, dont les angles aigus sont dirigés en avant et en arrière. La surface extérieure de toutes les écailles, lig. 3 et est ornée de stries ondulées, qui sont à-peu-près parallèles à leurs bords antérieur et i>ostérieur ; leur surface intérieure est complètement lisse ; à leur bord supérieur il }' a d’énormes onglets articulaires, semblables à ceux des Microdon et des Crrodus, et à leur bord inférieur des fossettes corrcspoiulan tes .
Cette espèce n’a encore été trouvée que dans le Zedistein d'Allcmaf;nc. Elle diffère surtout de celles du Calcaire magnésien d’Angleterre ( chez lesquelles la caudale est beaucoup plus grande et plus développée ), par la jwtilessc de sa tête, et en ce que l’anale est moins reculée, ainsi que par quelques auti'es pailicularilés de détail.