‹ Recherches sur les premiers États généraux et les assemblées représentatives pendant la première moitié du quatorzième siècleChapitre 2 sur 26 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

sous ses yeux un extrait du remarquable rapport lu à l'Institut par notre savant et éminent maître M. Eugène de Rozière, inspecteur général des Archives, actuellement sénateur.

« Nous avons accordé la seconde mention honorable à M. Hervieu, ancien élève de l'Ecole des Chartes, pour ses recherches, en partie imprimées, en partie manuscrites, sur Lespremiers Etats généraux et les assemblées représentatives pendant la première moitié du quatorzième siècle. Le sujet était aussi neuf qu'intéressant, car les Etats généraux, ou pour mieux dire les Etats qui se tinrent en France depuis Philippe le Bel jusqu'à Philippe de Valois , ne nous sont connus que d'une manière très-imparfaite. Les historiens du temps et les ordonnances contemporaines ne nous donnent qu'une idée superficielle de leurs travaux, sans nous rien apprendre de leur composition et de leur organisation. M. Picot lui-même leur consacre à peine quelques pages dans sa belle histoire des Etats généraux, qui ne commence en réalité qu'aux Etats tenus sous le roi Jean. C'est donc une heureuse idée qu'a eue M. Hervieu de nous faire connaître la nature et les actes de ces assemblées, qu'on peut considérer comme le berceau de la représentation nationale. Malheureusement les forces du jeune auteur ont quelquefois trahi son zèle. M. Hervieu a puisé dans l'enseignement substantiel et sévère de l'Ecole des Charles L'exactitude du paléographe et la curiosité attentive de l'érudit. La nature l'a doué d'intelligence et de sagacité. Il

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a donc patiemment recueilli toutes les indications que pouvaient lui fournir les layettes et les registres du Trésor conservés aux Archives nationales. Il s'en est utilement servi pour augmenter les parties les plus obscures du sujet et éclairer la somme de nos informations. Il a fait plus encore : il a su dégager de l'ensemble des témoignages certains principes essentiels qu'on n'avait point aperçus avant lui : comme, par exemple, lorsqu'il a démontré que le clergé ne siégeait pas dans les Etats à titre d'ordre privilégié, mais simplement à titre de propriétaire possédant fief et justice. Mais il s'en faut qu'il ait fait preuve des mêmes qualités dans l'ordonnance et la rédaction de son mémoire,

» Après avoir exposé d'une manière un peu confuse ce qui touche au mode de convocation, d'élection et de tenue des Etats, il passe successivement en revue les diverses sessions de ces assemblées dont il a pu retrouver les traces. C'est précisément l'inverse de l'ordre qu il aurait dû suivre. Au lieu de descendre des aperçus généraux aux faits particuliers, il fallait remonter du détail aux généralités. Ce défaut de méthode ne permet que difficilement de saisir les principaux résultats de ses recherches. D'un autre côté, le style est souvent incorrect et plus d'une fois l'impropriété du langage nuit à la clarté du raisonnement.

» La franchise avec laquelle nous signalons à M. Hervieu les imperfections de son travail lui prouvera le cas que nous faisons de son esprit et Fat-

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tehtion qUe nous avons portée dans l'examen de son mémoire. La distinction honorifique que nous lui accordons ne doit pas, du reste, être considérée comme un simple témoignage d'estime ou un encouragement : elle est la récompense légitime des progrès qu'il a fait faire à l'histoire politique par le nombre de faits importants et de renseignements inédits qu'il a mis en lumière. »

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