‹ Recherches sur les premiers États généraux et les assemblées représentatives pendant la première moitié du quatorzième siècleChapitre 9 sur 26 · I OU RECHERCHES · texte numérisé non relu

I OU RECHERCHES

dura plusieurs mois; mais dès l'abord, la proposition tendant à la destruction de l'Ordre des Templiers fut rejetée. Philippe comprit qu'agir promptement était le meilleur, et il convoqua, par lettres du 30 décembre, adressées aux baillis, les maires, échevins, jurés et autres magistrats des villes de France, à une grande assemblée qui devait se tenir à Lyon, le 10 février suivant. Nous avons la lettre (1) qu'il adressa à ce sujet au bailli de Bourges ; il y retrace tous les crimes imputés aux Templiers , et les dépeint comme d'autant plus détestables , qu'ils se cachent sous les dehors de la religion ; il leur reproche d'être hérétiques , de nier intérieurement ce qu'ils professent à l'extérieur, de blasphémer , de ne pas croire au Christ et de cracher sur le crucifix ; il ajoute qu'il est temps que la lumière se fasse sur cet Ordre , qui a trompé ses ancêtres , et qu'un concile général extirpe jusqu'à la racine ce mal pernicieux; qu'alors débarrassés de cette engeance, on pourra entreprendre une expédition en terre sainte ; en conséquence, il enjoint aux baillis de prescrire en son nom aux maires et aux autres officiers de se rendre à l'assemblée de Lyon, où il se propose d'être en personne, pour informer l'affaire du Christ et la conduire de telle façon que le roi et le royaume méritent à juste titre le nom de défenseurs de l'Eglise. Comme on le voit , cette lettre est toute pleine de sentiments religieux. Philippe avait déjà usé de cet expédient dans ses lettres de convocation aux Etats de 1308 2), pour faire croire que l'intérêt de l'Eglise

(1) Mémoriaux. P. 2'290 , f° 17.

(2).l. 414 et 415.

lui inspirait seul sa conduite à l'égard des Templiers.

Les ville- du Midi reçurent aussi des lettres de convocation ; on peut citer parmi elles : Narbonne, Montpellier et Nîmes 1).

On ne voit pas que des membres de la noblesse ou du clergé aient été convoqués à cette assemblée, mais c'est fort probable. Ce qui estdouteux c'estque cette réunion se soit effectuée, car, comme l'a fait très-judicieusement remarquer M. Boutaric, Pi ilippe le Bel n'était pas à Lyon , le 10 février, jour indiqué pour sa tenue "2). Quoi qu'il en soit de cette assemblée, il demeure hors de doute que le pape acquiesça aux désirs si hautement exprimés par le roi de France : l'Ordre du Temple fut anéanti.

Personne n'ignore que Philippe le Bel usa de tous les moyens pour se procurer de l'argent, et que quand il n'en trouva pas assez dans l'imposition de subsides on de mallôtes , il n'hésita pas à faire frapper de la fausse-monnaie , en affaiblissant le titre et le poids légal. Ces faits sont trop connus, depuis la publication d'un excellent ouvrage relatifau gouvernement de Philippe le Bel 3), pour qu'il nous soit permis d'entrer dans quelques détails à cel égard; mais nous devons rechercher si ces démonétisations ne donnèrent pas lieu à des réunions d'assemblées représentatives. Or, c'esl ce qui arriva précisément en l'année 1313. Le roi, dans une assemblée tenue à Paris au mois t\ijuin (i , et qui .fut composée du grand conseil, des maîtres <\*>> mon ' el de grant planté de bonnes

(1) Dom Vaissète, t. IV p. 152.

bliothèque de l'Ecole des chartes, •>' série, tome l". (3) E. Boutaric, in France sous Philippe le /<</. ! I ►rdonnances, t. I , p 518 il 519.

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