‹ Recherches sur les propriétés physiques, chimiques et médicinales, des eaux minérales de Bagnères de BigorreChapitre 81 sur 103 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Causes des obstructions.

Des observations multipliées ont appris qu'on devait comprendre parmi les causes les mieux rccounues des obstructions du foie les affections catarrhales, vénériennes, scropuleuses , scorbutiques , rhumatismales , arthritiques , varioliques , herpétiques , psoriques , les excrétions supprimées, ainsi que celles qui sont trop considérables , les inflammations , les compressions trop fortes , les fièvres diverses et les affections morales. Ces dernières causes sont une de celles qui sont les plus fréquentes des maladies du foie. On peut encore ajouter que les mauvaises nourritures et les affections somnolentes et convulsives y exercent aussi une influence.

Si nous avons cru devoir faire rémunération de tout ce qui donne naissance aux divers dérangemens, aux diverses altérations des organes qui sont renfermés dans la cavité abdominale , c est non-seulement pour prouver que le mot d'obstruction n'est qu'une expression générique qui demande à être appréciée, analysée, pour recevoir ses applications , mais encore pour déclarer que, parmi les lésions des viscères , toutes ne sont pas également susceptibles d'être traitées par les eaux minérales de Bagnères, comme on le verra bientôt.

INous ne dirons rien sur la manière dont toutes les causes si multipliées agissent en particulier sur le foie pour produire des obstructions, cette action nous étant entièrement inconnue ; nous ferons seulement remarquer que leurs effets sont cependant variables, soit relativement à la nature des obstructions, soit relativement à la différence des sujets malades. Tantôt elles agissent sur les solides, tantôt sur les fluides, quelquefois sur les deux à-la-fois. Elles produisent toujours des effets divers, simples ou compliqués , subitement ou lentement , et dont on ne peut donner que des explications vagues, et plutôt au détriment qu'à l'avantage de l'art de guérir.

Nous ne craindrons pas de dire encore ici

que nous ne croyons pas que le système des solidistes soit mieux fondé que celui des humoristes. Peut-être faudrait-il quelquefois les réunir pour mieux se rapprocher de la nature. Mais toutes ces manières d'expliquer des phénomènes inappréciables par nos sens ne peuvent, sous aucun rapport, nous éclairer sur les traitemens qu'il faut prescrire. Eh ! n'est-ce pas d'après la pleine conviction de l'insuffisance et de l'inutilité des théories, que, de tous temps, les bons et judicieux praticiens les ont rejetées pour ne se laisser diriger que par la seule observation !

Tout ce que l'on sait de plus positif à l'égard des embarras, des engorgemens , des obstructions du foie, c'est qu'il en est qui sont formés par le sang, d'autres par la bile, d'autres par la lymphe ou par quelqu'un des principes qui la constituent, par l'albumine, parla gélatine, par la partie muqueuse. On sait aussi qu'il y a des engorgemens et des obstructions formés par la réunion de plusieurs de ces humeurs. Ces divers aperçus nous ont paru très-essentiels pour diriger le traitement des eaux minérales, comme ils le sont aussi pour l'art de guérir.

Après avoir présenté quelques considérations générales sur les causes des engorgemens du foie, avec augmentation plus ou moins grande

de son volume, de quelque manière qu'elles aient été formées, avant de citer quelques observations d'engorgemens qui ont été guéris par les eaux de Bagnères , pour achever de donner un aperçu sur l'histoire des obstructions, nous allons encore présenter une idée générale de leurs symptômes , de leur pronostic et de leur traitement.

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