CHAPITRE XIV
Phthisie hépatique, suite des affections catarrhales, des affections éruptives s scorbutiques et morales.
Peu de médecins ignorent que certaines phthisies pulmonaires sont traitées avec beaucoup de succès à la faveur des eaux thermales du Mont d'Or. L'excellent et savant ouvrage de
notre confrère Bertrand, inspecteur des eaux minérales de cette contrée , ne laisse aucun doute sur cette importante vérité de thérapeutique. Nous osons assurer qu'il en est de même delà phthisie hépatique qui , dans son principe, c'est-à-dire lorsque le foie n'est pas encore fortement altéré, peut aussi être guérie par les eaux thermales de Bagnères dans des circonstances données. Quelques réflexions suffiront pour mettre cette dernière vérité dans une évidence incontestable.
Des observations nombreuses cliniques et anatomiques attestant l'existence de cette maladie , on n'ignore pas non plus qu'elle est une suite très-fréquente des mêmes causes qui occasionent la phthisie pulmonaire. Il existe néanmoins des causes moins nombreuses qui sont particulières au foie, et qui donnent naissance à la maladie dont il s'agit.
Si nous pensons devoir exposer en peu de mots un certain nombre des causes communes qui peuvent donner naissance aux deux phthisies pulmonaire et hépatique, c'est pour offrir encore la preuve que nous sommes loin de croire que les eaux de Bagnères sont encore efficaces pour guérir toutes les variétés de phthisie hépatique, puisque, au contraire, nous restreignons leur efficacité, jusques à ce
jour, à un très-petit nombre d'espèces, comme nous allons l'exposer.
Parmi les causes qui sont communes aux deux maladies, on comprend la pléthore sanguine, lesafïections éruptives, scrophuleuses , vénériennes, scorbutiques, les fièvres, les excrétions supprimées, les convulsions, les contusions, etc. On sait encore que les deux phthisies sont aussi la suite des couches , comme aussi elles la précèdent. Les affections de l'âme ne jouent pas ici le rôle le moins fréquent.
Si le foie est , toutefois , beaucoup moins souvent affecté par ces causes que les poumons, c'est sans doute parce qu'il est d'une texture plus forte, qu'il ne reçoit pasautantde sang, qu'il n'est pas soumis aux impressions immédiates de l'air plus ou moins chargé d'élémens nuisibles, et parce qu'il jouit d'un plus grand repos que les poumons. On sait d'ailleurs que ces derniers sont plus immédiatement affectés par les maladies graves du cœur, et par cela même par celles du foie.
Quant aux causes plus particulières de la phthisic hépatique fondées sur l'observation , nous admettrons les maladies de la rate, de l'estomac, du canal alimentaire , du pancréas, celles du mésentère , etc. Enfin nous devons y joindre les affections du cœur, celles de ses
4^5 gros vaisseaux , celles des poumons qui ont tant d'influence sur le foie ; de plus, les maladies qui proviennent de la bile trop abondante fermentée ou diversement altérée, etc. Hé bien, de cette nombreuse variété d'espèces de phlhisies hépatiques, nous bornons les vertus de nos eaux de Bagnères à celles qui sont produites par les affections catarrhales , éruptives, scorbutiques, et morales.
Il en est de la phthisie hépatique comme de la phthisie pulmonaire; l'une et l'autre ne peuvent êlre curables que dans leurs commencemens. S'il y a peu d'espérance à concevoir, même dans les cas les plus simples, lorsque la maladie est avancée , s'il en est d'incurables , telles sont celles d'origine chez les personnes dont l'habitude du corps est exténuée, celle qui est réunie au carreau, au rachitisme, au mœlena et autres complications, il en est aussi que les connaissances acquises, que l'expérience nous prouvent susceptibles d'être guéries par des méthodes connues, comme elles peuvent l'être aussi , avec avantage, par les eaux minérales de Bagnères et par celles de France qui possèdent des propriétés analogues.
Pour confirmer cette dernière vérité , nous nous faisons un devoir de la sanctionner par quelques observations de cures heureuses.
1". Observation. — Madame de M*** était douée d'une bonne constitution. Sa santé n'avait jamais été troublée que par quelques catarrhes pulmonaires qui finissaient par céder à quelques précautions curatives. Parvenue à l'âge où les règles commencent à diminuer, la disposition au catarrhe devint plus fréquente; la malade maigrit sensiblement. Elle éprouva de la gêne, de la tension dans la région épigastrique, la douleur s'y fit sentir. La respiration devint pénible; la toux, souvent opiniâtre, souvent violente, était parfois suivie d'hémoptisie. La fièvre , qui devint continue , était tous les soirs accompagnée de redoublemens. Des sueurs plus ou moins aboudantes fatiguaient tous les matins la malade. Ses yeux et son teint devinrent jaunes, l'appétit se perdit presque totalement. Divers traitemens ayant été employés sans succès, madame de M*** fut envoyée à Bagnères.
A son arrivée, elle nous déclara qu'elle était depuis deux ans dans l'état où nous la trouvâmes, état qui était semblable à celui que nous venons de décrire. Le voyage nous parut l'avoir fatiguée beaucoup; le dévoiement survenu dans cet intervalle l'avait forcée, plusieurs fois, à prolonger son séjour dans les auberges.
Après quelques jours de repos cl d'examen ,
nous lûmes convaincu que les poumons étaient malades moins que le foir. 11 nous fut bien facile de nous assurer que ce dernier viscère était même assez fortement affecté. En effet , la région hépatique était tuméfiée et fort douloureuse. La diarrhée continuait.
Nous prescrivîmes une nourriture légère, des crèmes de riz, des potages au vermicel, et pour boisson l'eau ferrugineuse d'Angoulême. Le dévoiement se calma au bout du sixième jour. Encouragé par ce premier succès , nous persistâmes dans ce traitement durant une douzaine de jours. Pendant cet espace de temps la toux parut diminuer. L'insomnie qui avait long -temps tourmenté la malade cessa peu-à-peu, les sueurs nocturnes devinrent moindres*, l'appétit, quoique capricieux, se maintenait. La malade désirant prendre de l'exercice, nous lui permîmes celui du cheval. Le quinzième jour nous crûmes pouvoir essayer de lui faire prendre, le matin à jeun, trois verres d'eau de Salut, qui produisirent trois selles assez copieuses, dans lesquelles la bile était abondante. Le lendemain , l'eau d'Angoulême, à la dose de deux verres , le malin à jeun , et environ quatre verres dans les repas, fut continuée pendant un mois. Les règles ayant paru sans irrégularité , tout traitement fut suspendu durant six jours. La malade parut mieux. La ten-
sion et la douleur de l'épigastre se faisaient déjà moins sentir. Plus d'hémoptysie. L'expectoration muqueuse devenait de jour en jour moins abondante , la toux moins fréquente. Alors seulement nous lui fîmes prendre un bain tempéré par semaine. La malade s'en trouvait beaucoup soulagée; son teint s'éclaircissait à vue d'œil; la maigreur diminuait à mesure que la malade se nourrissait davantage. Enfin, après trois mois de médication , nous eûmes l'avantage de voir madame de M. parfaitement rétablie. Elle quitta Bagnères en se promettant d'y revenir la saison suivante, ce qu'elle a fait l'année dernière. Elle nous assura que depuis son dernier séjour sa santé s'était maintenue en fort bon état, et qu'elle n'avait éprouvé durant l'hiver qu'un seul catarrhe de peu de durée.
IIe. Observation. M. P., homme de lettres , d'une fort bonne constitution , se plaisait , depuis nombre d'années , à faire souvent bonne chère et à boire du bon vin , jusques à la gaîté. Dès l'âge de cinquante ans , il commença à avoir des éruptions à la face , qui parurent d'abord érésypélateuses. C'était sur-tout dans l'hiver et dans les temps humides } qu'elles se produisaient en plus grande abondance. La chaleur les dissipa durant deux étés. A ces éruptions il en succéda d'autres, qui furent
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permanentes. Le visage resta eouperosé et les yeux teints de rouge. Une toux se joignit bientôt à cet état ; elle se faisait sur-tout sentir durant la nuit. Une expectoration copieuse de mucosités parfois jaunâtres tourmentait chaque matin le malade. Ayant modifié son régime de vie , les symptômes se calmèrent. Les hémorrhoïdes auxquels il avait été autrefois sujet se manifestèrent. Son embonpoint parut même augmenter. La toux se maintint presque habituellement durant l'hiver et les temps pluvieux; l'expectoration était abondante. Plusieurs fois il lui arriva à cette époque de cracher du sang. Le visage continuait à être couperosé. Cet état dura plusieurs années. Parvenu à près de soixante ans , les hémorrhoïdes se supprimèrent ; l'amaigrissement survint ; la difficulté de respirer se manifesta au point que le malade ne pouvait se tenir couché qu'étant presque assis dans son lit. L'inappétence , l'insomnie vinrent aggraver son mal. Les digestions devinrent laborieuses, des coliques trop fréquentes assaillirent le malade. Il se plaignit de douleurs dans la région de l'estomac ; elles devinrent permanentes et se prolongeaient jusque sous l'hypocondre droit. Une jaunisse assez intense se manifesta avec la fièvre. Tel était l'état du malade, lorsqu'il nous fut adressé àBagnères.
Je m'assurai, dès son arrivée, que l'abdomen était proéminent, rénitent, surtout du côté de la région épigastriquc. Nous n'eûmes pas de peineà j uger que le foie était tuméfié et du r, et que c'était de l'état pathologique de ce viscère que dérivaient les dérangemens gastriques. Sans doute c'était encore la lésion du foie qui produisait le mal-aise des poumons. Le pouls était fréquent, dur et serré ; l'expectoration, assez abondante . étaitglaireuse,jaunâtreet parfois sanguinolente. Pensant que le malade était atteint d'une phthisie hépatique compliquée de catarrhe pulmonaire et de répercussion partielle d'éruptions cutanées, je fis d'abord appliquer quelques sangsues à l'anus. Le pouls continuante être plein et dur, je conseillai une seconde application de sangsues ; un large vésicatoire fut placé sur la région du foie. Je prescrivis , tous les matins à jeun , deux verres d'eau de Salut (ii) et quatre onces des sucs amers pris séparément avec du sirop des cinq racines apérilives. Ce traitement ayant duré une quinzaine, avec une amélioration dans les symptômes , nous prescrivîmes l'exercice du cheval durant environ deux heures par jour , un bain tiède deux fois par semaine. Les hémorrhoïdes reparurent avec abondance.Les selles, devenues fréquentes, se chargèrent de bile , de même que les urines.
Les eaux de Grandpré remplacèrent, durant un mois, celles de Salut. Les quinze derniers jours, les selles continuant à être trop fréquentes, nous fîmes usage des eaux ferrugineuses , qui les régularisèrent. A mesure que le traitement avançait, les digestions se rétablirent, la douleur de S'hypocondre se dissipa peu-à-peu ; la toux se calma; l'expectoralion devint chaque jour moins abondante, la respiration plus libre. Ce traitement, qui dura près de trois mois , ayant suffi pour améliorer infiniment l'état du malade et lui assurer uneguérison très-prochaine, nous lui fîmes promettre de continuer encore quelque temps le régime frugal que nous lui avions indiqué, et l'usage des sucs amers, en les interrompant parfois, durant huit ou dix jours. Nous avons appris depuis que la santé du malade s'était parfaitement rétablie, et qu'il se disposait à revenir l'an prochain à Bagnèr^s.
IIIe. Observation. — M. P. , âgé de quarante ans, avait joui d'une fort bonne santé jusqu'à trente -six ans. Son tempérament était bilieux et sec. A cette dernière époque de sa vie, illui survint, sur plusieurs parties du corps, une éruption dartreuse qui commença d'abord par une rougeur plus ou moins intense. Elle devint de jour en jour plus animée ou plus foncée.
Elle donnait encore lieu à des démangeaisons insupportables, et finissait par se couvrir d'une espèce de matière qui s'épaississait et se soulevait par écailles. Dans cet état, il suintait une humeur d'abord séreuse, ensuite plus épaisse, jaunâtre et d'une âcreté extrême. Des coliques violentes, des troubles dans la digestion, des douleurs autour de l'estomac et versl'hypocondre droit tourmentaient tour-à-tour le malade. Une teinte jaune du visage, du col et de plusieurs autres parties du corps se manifestait depuis plus de deux ans. On lui fit faire usage Des pilules savonneuses, des tisanes de racine de patience, de chicorée sauvage, et parfois de quelques purgatifs. Ce premier traitement n'ayant pas réussi, on essaya des frictions mercurielles et diverses autres préparations de ce genre , parce qu'on soupçonna quelque vice syphilitique. Le malade maigrissait depuis plus d'un an. Les selles étaient rares et les urines claires. Envoyé à Bagnères en l'an 18^5, nous le trouvâmes presque dans l'état que nous venons de décrire. Il portait un cautère au bras gauche. Le tact de la région du foie nous attesta l'engorgement de ce viscère et sa sensibilité extrême. Après trois jours de repos, nous lui fîmes prendre deux verres de la source de Carrère. Le malade les ayant bien digérés, nous
augmentâmes peu-à-pcu la dose j risques à quatre verres par jour. Des le troisième, le ventre se relâcha, les urines devinrent plus colorées et plus abondantes que de coutume. Des bains du Foulon , et quatre onces de sucs amers par jours furent administres pendant un mois; seulement nous cessions ce traitement tous les dix jours, durant vingt-quatre heures. Le mois suivant , nous mîmes le malade à l'usage de pilules d'extraits amers auxquels nous fîmes joindre six grains d'antimoine cru ; le malade en prenait quatre tasses le malin à jeun , et, par-dessus, deuxgrands verres d'eau du Grand Pré; les bains tous les deux jours. Ce traitement , qui dura trois mois passés, fut si efficace, que l'éruption disparut. Les digestions se rétablirent , le gonflement de la région du foie se dissipa avec la jaunisse. Les selles se régularisèrent ; les urines devinrent naturelles ; l'embonpoint revint avec la santé du malade, qui quitta Bagnères parfaitement rétabli. Nous lui conseillâmes de garder son cautère tout l'hiver , de suivre un régime végétal et de prendre parfois des bains , et de revenir l'année suivante.
Réflexions. — Nous nous abstenons de rapporter plusieurs autres observations de phthisies catarrhales hépatiques que nous avons re
cueillies, ainsi quedesphthisies hépatiques, suite deruptions cutanées. On sait que les complications de cette maladie sont fréquentes ; on sait que lessymptômes de la phthisie pulmonaire précèdentparlois ceux de la phthisie hépatique , et vice versa. Quelquefois aussi ces deux phthisies sont réunies, sinon à leur commencement, du moins à la fin de la maladie, autant qu'on peut en juger par la nature des symptômes qui se manifestent. Encore faut-il supposer qu'il existe des dispositions antérieures à ces deux sortes d'afFectious. Dans ces cas , si les eaux de Bagnères obtiennent quelque succès, nous ne saurions trop convenir que ce n'est que lorsque les symptômes sont légers, lorsque le mal n'a pas fait de grands progrès. Alors le changement d'air, l'influence de la belle saison, celui des voyages, l'exercice, contribuent, peut-être autant que les eaux, à laguérison. Nous savons que l'on a proposé les vomissemens légers réitérés pour dégorger les membranes muqueuses ; mais encore la guérison de ces sortes de cas par les eaux thermales ne prouverait - elle pas que les mouvemens journaliers qui s'opèrent dans l'estomac et les intestins , par l'action des eaux , y attire la fluxion qui se porte vers les poumons et vers le foie, que cette dernière finit par débarrasser l'un et l'autre organe de
la trop grande abondance d'humeur qui s'y portait, en la dirigeant vers le tube intestinal et vers les voies urinaires ; ce qui peut parfois être préférable aux vomitifs. Qui ignore la communication que les membranes ont entre elles? Si on conçoit que cette méthode ne pourrait pas convenir, serait même funeste, s'il existait une pléthore sanguine , s'il y avait de l'inflammation , de l'irritation au foie , nous pensons aussi qu'elle peut au moins valoir celle indiquée par Shaw et par plusieurs autres habiles médecins , qui ont proposé des vomituritions dans ces sortes de cas. La toux qui accompagne cette complication, bien loin d'être fuuneste , sert encore à l'expulsion de la matière catarrhale dont les poumons et le foie sont surchargés, et la chaleur que répandent les eaux thermales dans le trajet qu'elles parcourent sert de doux diaphorétique proposé par Fernel (Jj). En y joignant, comme nous l'avons fait, l'usage des bains thermaux, qui, selon Bâillon , peuvent convenir dans diverses affections catarrhales, comme l'a si sagement remarqué cet habile praticien, nous croyons avoir fait une médecine aussi rationnelle que nous prescrivait l'exigence des soins curatifs que les malades étaient venus chercher à Bagnères.
Quant à la phthisie hépatique, qui est une suite fréquente des maladies éruptives , la pra-
tique journalière prouve depuis long- temps, d'une manière incontestable, que le foie est rarement dans son état naturel, dans la plupart des maladies de la peau, avant qu'elles se manifestent, pendant leur apparition, et quelquefois après qu'elles ont disparu. Ainsi, le foie joue souvent le plus grand rôle dans les maladies cutanées de toute espèce. Quelle que soit la variété d'opinion des anciens et des modernes sur la formation de la bile , heureusement qu'elle n'influe pas sur la pratique. On est toutefois généralement tombé d'accord que les affections de la peau sont fort souvent le résultat immédiat de celles du foie. Aussi, puisque ce viscère, par la bile qu'il sécrète, aune influence marquée sur les humeurs , soit en s'y mêlant directement, soit en les altérant, parce qu'elle est mal élaborée, on ne saurait trop applaudir à la méthode des praticiens, qui ne traitent aucune maladie cutanée sans s'occuper à reconnaître le véritable état du foie. Nos observations justifient chaque année la thérapeutique qui prescrit, dans ces circonstances, dans celles de la phthisie hépatique, suite des affections éruptives, les extraits amers, les eaux minérales de diverse nature, appropriées, les bains thermaux non moins variés , les antimoniaux sous forme de pilules , enfin quelques purga-
tifs , de loin en loin, et plus encore la réunion d'un plus ou moins grand nombre de moyens hygiéniques. Au résumé, quoique les causes des affections de la peau soient fort diverses , et qu'il faille aussi en varier le traitement , il reste toujours certain que les lésions du foie , les altérations de la bile en étant la cause la plus fréquente, dès -lors l'usage des eaux thermales ne peut , en général, que leur être fort avantageux. Si nous n'avions pas craint d'être accusés de surcharger un peu trop le tableau des maladies qui peuvent être guéries par les eaux minérales , il nous eût, encore, été facile de produire des observations qui attestent que la phthisie hépatique scrophuleuse, que celle qui est aussi produite par des affections morales , peuvent être traitées , également avec succès , par les eaux thermales et par le concours de tout ce qui en accompagne l'usage ; peut-être aussi pourrionsnous en dire autant de la phthisie hépatique , suite des affections arthritiques et rhumatismales. Nous nous bornerons, dans ce moment, à faire quelques réflexions sur les maladies du foie qui sont l'effet des scrophules ou des affections morales. On concevra , généralement parlant , que , lorsque ces dérangemens n'ont pas encore acquis une gravité qui les met hors de
tout espoir de guérison , les eaux minérales thermales appropriées, les eaux ferrugineuses, les moyens adjuvans, favorisés par l'efficacité des influences hygiéniques , sont de puissantes ressources , et peut-être les plus puissantes , pour détruire les scrophules et leurs conséquences , et pour dissiper les affections morales et les nombreuses altérations qu'elles produisent.
La même raison qui nous fait garder le silence sur le traitement de ces dernières affections par les eaux thermales ou parles eaux ferrugineuses nous détermine à ne pas nousengager dans l'histoire d'une foule d'autres obstructions des viscères abdominaux, qui peuventêtretraités et guéris par leur secours. On conçoit , en effet , que la nature des lésions des autres organes étant bien connue, et les causes de leur lésion ne pouvant être que celles dont nous avons présenté un tableau général , les mêmes moyens doivent nécessairement réussir.