C'HO
C'H'Sn'
Acétate de sesquistanmêthyle .
Ce composé se prépare de la même manière que le précédent, et présente les mêmes caractères extérieurs. Soluble dans l'alcool et l'éther en for le proportion, moins soluble dans l'eau, ce produit distille intégralement sans éprouver la moindre altération et se condense contre les parois froides du col de la cornue sous la forme de fines aiguilles très» brillantes.
Soumis à l'analyse, ce composé m'a donné les résultats suivants :
o* r ,522 de matière m'ont donné par leur combustion avec l'oxyde de cuivre 0,261 d'eau et o,5i 2 d'acide carbonique.
Résultat qui, traduit en centièmes, donne
Théorie.
Hydrogène . . .
Etain
Sn'. . .
Qxygène. . . .
En effet, 011 a
C ,, H ,a Sn , 0 1 = C« H J 0\ C c H 9 Sn%0.
Les acides butyrique, valérique, caproïque et caprylique, se comportent à l'égard de l'oxyde de sesquistanméthyle exactement de la môme manière que les acides acétique et formique et donnent naissance à des sels qui présentent avec eux la ressemblance la plus complète. Les analogies sont
tulles, que je li ai pas cru devoir en effectuer l'analyse.
Il ressort des faits que je viens d'exposer, relalivemeut à l'histoire des stannéthyles, que 1 élain forme avec le méthyle et l'éthylc trois composés définis qu'on peut formuler de la manière suivante :
Sn E, Sn Me,
Sn'E\ Sn'Me 3 , SnE', SnMe',
et qui correspondent aux oxydes d'étain
SnO, Sn 2 0 J , SnO'.
Les deux premiers termes de ces séries peuvent fixer de l'oxygène, du chlore ou de l'iode, pour donner naissance à des composés entièrement comparables à ceux que forme Tétai n lui-môme et susceptibles de se séparer intacts des corps- auxquels ils se sont unis, fonctionnent ainsi comme de véritables corps simples tant que l'équilibre de leur molécule n'est pas altéré. Quant au dernier terme de chacune de ces séries distannéthj/e ou distanmèthyle , il est incapable de s'unir soit à l'oxygène, soit au chlore et à ses analogues, résultat dont il est facile de se rendre compte, si I on songe que ce terme représente la limite de saturation pour les combinaisons de l'étain. Soumet-on le distannéthyle, par exemple, à l'action de ces corps, il perd du méthyle ou de l'éthyle qui se dégagent sous forme d'oxyde ou de chlorure, en même temps qu'il repasse à l'état de monostannéthyle ou de sesquistannéthyle, substances qui, n'ayant pas atteint la limite de saturation, sont aptes à contracter des combinaisons avec le chlore, le brome, l'iode, etc., et par suite à reproduire les composés que nous avons précédemment étudiés.
Si nous •examinons maintenant les nombres relatifs aux densités de vapeur de ces différents composés, nous voyons ' que, tandis que les formules par lesquelles nous avons représenté les chlorure, bromure, iodure de slannéthylc cor-
respondent à 2 volumes de vapeur, celles qui servent à exprimer la composition des chlorure, bromure, iodurede sesquistannéthyle correspondent à 4 volumes.
La formule du distannéthyle
SnE*
représente également 2 volumes de vapeur ainsi que celle du bichlorure d'étain
SnCl',
composé qui présente avec lui le parallélisme le plus parfait. Or si Ton considère que la molécule de tous les corps volatils, dont l'équivalent peut être déterminé rigoureusement par des méthodes chimiques, représente toujours 4 volumes de vapeur, il conviendra de doubler toutes les formules des composés du stannéthyle. On devra, par suite, formuler tous ces composés de la manière suivante :
Sn 3 E* = 4 vol. vap. Distannéthyle ou mieux tétra-
stannéthyle.
Sn'E 3 Cl = id. Chlorure de sesquistannéthyle.
Sn'E'CP = id. Chlorure de stannéthyle.
Sn'Cl* = id. Bichlorure d'étain (1).
Pour compléter cette intéressante série dont le distannéthyle forme le premier terme, il resterait à découvrir le produit
Sn' EC1 3 = 4 volumes vapeur,
ces divers composes appartenant tous au même type.
Or la filiation que nous exprimons ici relativement à la formation de ces produits, n'est pas un pur jeu d'imagination, et la façon dont H ode se comporte à Pégard du distanné-
(1) On a pareillement :
Sn* E* =4 v °l- va P* Tétrastannctbyle,
Sn' £' Me = » Méthyltrislannélhyle,
Sn*E , Me»= » Dimétbyl-distannélhyle,
Sn» K Me» = » Trimélbylstannéthyle,
Sn'Me 4 = » TYtra»lanmétbyle.
thyle le démontre de la manière la plus nette. En effet, le distannéthyle est-il en excès relativement à l'iode, évitet-on une trop grande élévation de température, un équivalent d'éthyle est éliminé sous forme d'iodure, tandis qu'on voit apparaître <to môme temps cette huile à odeur si pénétrante que nous avons désignée sous le nom d'iodure de sesquistannéthyle; double-t-on la proportion d'iode et favorise-t-on la réaction à l'aide de la chaleur au lieu d'avoir recours à des allusions d'eau froide dans le but de la modérer, il y a séparation d'une seconde molécule d'éthyle à l'état d'iodure et formation d'une matière cristallisable en beaux prismes incolores dépourvus d'odeur et qui n'est autre que l'iodure de stannéthyle. Enfin fait-on agir un excès d'iode, tout l'élhyle se sépare à l'état d'iodure et l'on obtient finalement de l'iodure rouge d'étain. Tel est le résultat qu'on obtient en chauffant en vases clos un excès d'iode soit avec le distannéthyle, soit avec les iodures de sesquistannéthyle et de stannéthyle. Du distannéthyle on repasse de la sorte au diiodure par de simples phénomènes de substitution.
Les combinaisons éthylées et méthylées de l'étain vérifient donc de la manière la plus complote l'hypothèse que je proposais au début de ce travail, savoir : que les corps qu'on désigne sous le nom de radicaux sont des composés chez lesquels la saturation n'est pas satisfaite. Cette limite est-elle atteinte dans un produit, celui-ci présente à l'égard de la combinaison la neutralité la plus absolue. Pour qu'un corps puisse jouer le rôle d'un radical, il doit donc tout à la fois être au-dessous de la limite de la saturation, et présenter une stabilité telle, que l'équilibre de son groupement ne soit rompu ni par 'l'affinité des corps simples avec lesquels on le met en contact pour les éléments qui entrent dans sa constitution, ni sous l'influence des forces qu'on fait intervenir pour le séparer des combinaisons dans lesquelles il est engagé.
Après avoir établi dans les pages précédentes, à F aide de nombreuses analyses, la composition des combinaisons éthylées et métbylées de Tétai n, je me suis efforcé d'en déterminer la constitution, et je crois avoir suffisamment démontré que tous ces composés peuvent se rapporter au type
Sn 1 X 4 ,
maximum de saturation vers lequel tendent ces substances si variées et auquel on peut toujours ramener celles qui sont au-dessous de cette limite en les mettant en contact avec des corps (pour lesquels elles possèdent une certaine affinité.
Pour terminer leur histoire, je vais donner une description sommaire de quelques nouveaux composés appartenant à la série du stannétbyle et du sesquistannétbyte, et passer en revue quelques-unes des réactions que présentent ces intéressants produits.