‹ Recherches sur les rapports réciproques des poids atomiquesChapitre 11 sur 17 · ET LE CHLORURE DE SODIUM · texte numérisé non relu

ET LE CHLORURE DE SODIUM

J*ai fait dix déterminations du rapport proportionnel entre l'argent et le chlorure de sodium. A cet effet, je me suis servi de chlorure de sodium préparé par six procédés différents. Je vais exposer brièvement chacun d*eux.

I. Chlorure de sodium par le carbonate de soude. — Du bicarbonate de soude du commerce a été chauffé au rouge sombre dans un vase d'argent, pour rendre insoluble le fer que ce composé renferme toujours. Le résidu refroidi a été repris par de Teau froide et pure. La solution a été évaporée jusqu'à pellicule dans un vase de platine, et abandonnée ensuite à la cristallisation, qui a été répétée à dix reprises différentes.

Le carbonate a été transformé en chlorure dans le vase de platine même, en faisant passer dans la solution un courant d'acide chlorhydrique pur. Le sel marin obtenu a été desséché et rougi légèrement, puis repris par de Peau froide. La solution, décantée, après un repos de vingtquatre heures, pour la séparer de la silice qui s'y était déposée, a été évaporée de nouveau, Le chlorure de sodium, tout à fait blanc, a été liiélé d'un dixième de son poids de chlorure d'ammonium pur mélangé de chloroplatinate d'ammonium, et a été traité comme je l'ai dit pour le chlorure de potassium obtenu par l'azotate de potasse.

Ce chlorure de sodium ainsi produit est tout à fait incolore, légèrement hygrométrique, propriété que ne possède pas le chlorure de potassium. Sa pesanteur spécifique diffiire suivant que, fondu, il a élé lentement ou rapide-

ment refroidi. Je i'ai trouvée comprise entre â,125 et 3,150. En se dissolvant dansTeau froide, ce chlorure produit une solution neutre et d'une limpidité absolue.

Les n"* I et II (eprésentent les résultats fournis par deux échantillons de chlorure produits par deux carbonates de soude distincts. L'argent qui a servi au n** II a été préparé par M. Liebig.

IL Chlorure de sodium par le sel gemme incolore. — Du sel gemme tout à fait incolore, dépourvu de fer, de manganèse et de sulfate, mais contenant des traces de magnésium et de calcium, fut soumis, dans un vase de platine, à six cristallisations à chaud. L'eau mère bouillante pouvant contenir du potassium a toujours été rejetée. Le sel tout à fait blanc fut pulvérisé et épuisé par de Falcool à 96^ centésimaux, et mis ensuite en digestion avec de Tarcool à 65"* additionné de bichlorure de platine. La solution alcoolique limpide fut séparée et remplacée par une nouvelle quantité d'alcool à 70**, contenant encore du bichlorure de platine, jusqu'à ce que le tiers environ du sel fût dissous. Les solutions furent réunies.

La masse saline restante fut traitée par une nouvelle quantité d'alcool à 70^ centésimaux et additionnée de bichlorure de platine, de manière à laisser indissous le tiers environ du sel employé. Les solutions obtenues dans ce nouveau traitement furent encore réunies. La première et la deuxième solution représentaient donc, chacune, le tiers du poids total du sel mis en expérience. Les deux solutions furent précipitées séparément par du sel ammoniac absolument pur. Après un repos convenable, elles furent décantées et évaporées jusqu'à siccité dans une cornue de platine. Le sel marin fut additionné de sel ammoniac pur et de chloro-platinate d'ammonium pur, et

traité comme je Fai dit pour le chlorure de potassium retiré du nitre.

Le 0'' ni représente le résultat fourni par une partie du premier tiers du sel» et les n"* I>^et V se rapportent aux résultats obtenus par une partie du deuxième tiers. Ces résultats d'une concordance si extraordinaire prou* vent ridentité tle ces deux chlorures, et démontrent aussi à quelle précision on peut arriver par l'application de la voie humide.

ni. Chlorure de sodium par le sulfate de soude. — Du sulfate de soude dépouillé de tous métaux étrangers à Taide de l'ébullilion de la solution avec un petit excès de sulfure de sodium et de carbonate de soude, fut soumis à une dizaine de cristallisations. Le sel ainsi obtenu fut séché dans un vase de platine et mélangé avec deux fois son poids de chlorure d'ammonium préparé par l'action directe de Tammoniaque et de l'acide chlorhydrique purs. Le mélange fut chauffé au rouge sombre. Le résidu, addi* tienne encore une fois de son poids de sel ammoniac pur, fut chauffé au ronge une deuxième fois. Tout le sulfate est transformé ainsi en sel marin, souillé de traces de platine et de silice. Il est fondu avec une petite quantité de sel ammoniac et de chloro*platinate d'ammonium purs, et traité comme je l'ai indiqué pour le «hlorure de potassium du nitre.

Le n** VI se rapporte au résultat qu'il a fourni.

IV. Chlorure de sodium par le tartrate de soude. — Du carbonate de soude pur fut neutralisé par de l'acide tartrique préparé en décomposant le tartrate de plomb par l'acide sullhydrique.

Le tartrate, cristallisé un grand nombre de fois, fut desséché et bouilli à plusieurs reprises avec de l'alcool à

96 ceoiièmes, et transformé eo chlorure par (^ moyen que j*ai employé* pour la préparation du chlorure de po* tassium , à Paide de la crème de tartre pure. Le résultat fourni est inscrit au n"* Vil.

V. Chlorure de sodimm par le nilraie de Mude. — A cet effet, j'ai préparé du nitrate de soude pur par le nitre du Chili, dont j'ai éliminé les métaux .étrangers par un mélange de sulfure de sodium et de carbonate de soude» et que j'ai fait cristalliser ensuite une dizaine de fois au moins dans de l'eau pore. Ce nitrate a été converti en chlorure pur par le moyen indiqué ponr la transforma* tion du* salpêtre en chlorure de potassium.

Le n"" VIII présente le résultat obtenu à l'aide de ce chlorure.

VI. Chlorure de sodium par le Moro-plalinate de jodium. -^ Le chlorure de sodium du sel gemme purifié par le bicblorure de platine et l'alcool, ^ dont les résultais sont donnés aux n"^ III, IV et V, fut mêlé à trois fois son poids de bicblorure de platine. Le mélange fut dissous dans l'eau pure, et la solution fut évaporée jusqu'à siceité. Le rëêidu^ reprie par une petite quantité d'eau, s'y rediesout intégralement. Cette solution évaporée jusqu'à pellicule est abandonnée à la cristallisation; l'eau mère est décantée. Les cristaux d'un jaune d'or pur sont repris par la plus petite quantité possible d'eau bouillante, et fournissent, par refroidissement, une nouvelle criâtallisalion de ehloi*opiatinate de sodium, l'ai déterminé ainsi la dissolution et la cristallisation du cbloro-platinate de sodium jusqu'à six fois. Arrivé à ee point, j'en ai disirait miû certain^ quantité, et j'ai conlinoé les dissolutions et les cristallisations encore six fois.

Les deui ehloro-platinales ainsi préparés étaient d'un

jaune dV par; après les avoir dissous dans de i*eau, je les ai décomposés séparément par le chlorure d'ammonîam pur, et j*ai évaporé la solution jusqu'à siccitédansun vase de platine. Les chlorures obtenus ont été traités ensuite comme je l'ai dit pour le chlorure de potassium du nitre.

En faisant subir un si grand nombre de cristallisations au chloro-platinate de sodium, j'avais pour but de concentrer dans les eaux mères les chloro-platinates plus solubles que celui de sodium, et dans le chloro-platinate de sodium les chloro - platinates moins solubles. que lui , comme, par exemple, du chloro-platinate de potassium, si tant est que le sel marin employé à la préparation du sel double pût contenir des iraces de composé de potassium.

J'avais commencé l'opération sur trois cents grammes environ de chloro-platinate de sodium, et j'avais entraîné à la fin au delà des deux tiers du composé avec les eaux mères.

Le n"" IX présente le résultat obtenu à l'aide du sel retiré du chloro-platinate cristallisé six fois, et le n** X celui du sel cristallisé douze fois. L'identité presque absolue des deux résultats prouve de la manière la plus évidente que le sel marin employé ne renfermait aucun chlorure capable de produire un cbloro-platinate moins soluble que celui de sodium. Cette identité prouve de plus que le sel double ne contenait aucun chlorure présentant un rapport proportionnel plus élevé que celui du chlorure de sodium lui-même.

Indistinctement, tous les échantillons du chlorure de sodium mis en expérience étaient incolores : ils se dissolvaient dans l'eau en produisant un liquide neutre d'une limpidité absolue. Il m'est arrivé de conserver pendant

uo oioiSy dans un vase de verre fermé, une solution de ce composé, sans y apercevoir de trace de dépôt, quelque faible qu'il put être; aussi suis-je intimement convaincu qu'il est impossible, à Taide des moyens dont nous disposons* aujourd'hui, de préparer ce chlorure dans un plus grand état de pureté.

Comme le sel marin le plus pur est légèrement hygrométrique, lorsque je l'ai pesé , je l'ai toujours chauffé près du rouge, dans un creuset de platine fermé, et je l'ai introduit immédiatement dans un tube fermé par un bout et 'muni d'un bouchon de verre rodé percé d'un petit trou. Pendant le refroidissement, ce tube était placé sous une cloche avec de l'acide sulfurique.

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