‹ Recherches sur les Rubiyt de 'Omar ayymChapitre 12 sur 21 · I. La forme des rubri'ïs · texte numérisé non relu

I. La forme des rubri'ïs

Tandis que la plupart des formes poétiques des Persans sont empruntées aux Arabes, le ruhai est une forme d'origine persane. Un ruba'l est un quatrain ou, pour mieux dii-e, une suite de deux distiques. Il peut contenir l'éloge de quelque grand seigneur ou avoir pour sujet l'amour, le vin, la jouissance de la vie, ou bien il peut traiter la théosopbie sûfique ou en général servir d'expression à des pensées métaphysiques et morales. Sa forme brève et épigrammatique le rend admirablement pr(»})re à fournir à une idée ingénieuse une exjiression juste et i>iquante.

a) La rime peut être commune au 1*^^, au 2^ et au 4^ hémistische ou aux quatre hémistiches (aa^a ou aaaa). Au dernier cas, le quatrain est api)elé rnhai-i tarane. La première forme est la plus commune chez 'Omar Hay3'âm. De ses 158 quatrains, le ms. Bodl. n'a que 41 nibaî-i tarane^.

La rime peut-être mise à la fin de l'hémistiche:

' M. M. Hartmann prétend, que les rubâ'^ls ont été destinés à être chantée, et il eu conclut que le ruhà^i i tarâne (le «quatrain du chant») a été la forme originale. Les Arabes ont adopté le rubâ'l des Persans dans les deux formes, et M. Hartmann fait la remarque, que la forme a a '/a se trouve chez 'Omar ibn al-Farid (mort en 1181) probablement un des premiers poètes arabes qui aient imité le quatrain des Persans (v. WZKM. XVH, p. 371).

L'dMivre iiitilultf ^ Kultil'ivilt de 'Omar llayyâm». 01

Une autre faron, presque plus goûtée des Persans, est celle de reculer la rime qui sera suivie, alors, d'un ou de plusieurs mots, les mêmes dans tous les hémistiches contenant la rime, appelés le rcdif. Le redîf a parfois une telle longueur, que la rime est rejetée vers le milieu de l'hémistiche. Nous citons comme exemitles:

I.J o,,! x5 .i>..v.J> .-jAj sO->> Lj j,»! iS c^.*v^ L>j ww-ix/iî

! J' w\,i \J c:^..vvO- ^î' Jli ... %s>- Jfcj i:sj! , J ,JC^ \i ^.*vj ^.jioJj

Quelquefois la rime se trouve dans les quatre hémistiches, tandis que le redif manque dans le 3^ :

>^ •• O t. JJ^ >— • ■■ L> ^ J'y

^Ij ,<jt>J j^"^*' v.L>-»iIc 1j ^ui; Jij-l>.j o-ij-J o^L-yi

De môme W. 344. — Dans W. 167 nous trouvons une rime double dans les quatre hémistiches, le redif manquant dans le 3*-" :

^^ -^.■!'-^ty' J^j-^ C'^T^ j^ J^ "^->^ ■^WrV J^j-r^ c'"^ (*^^ j"^

Une rime intérieure se trouve yà et là, par exemple:

(Bd. 118.)

Nous i>ouvons relever, comme ]>niticulièrement intéressant sous ce ra}»port, W. 13:

92 Troisième Partie.

La rime principale (dad, snd) manque clans le 4^ hémistiche, une irrégularité dont nous trouvons quelques exemples chez 'Omar IJayyani. En revanche il y a diverses rimes extraordinaires comme ma diid (sud): Jciigâ hud et Jiugâ: mgâ.

Un effet tout spécial est atteint, parfois, par la répétition en guise d'écho, du dernier mot du dernier hémistiche (p. ex. W. 315), Du reste il y a de différentes formes de rimes d'écho dans les rubâ'îs:

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