‹ Recherches sur les substances nutritives que renferment les osChapitre 12 sur 28 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Du broiement des os.

On pourrait extraire toute la gélatine contenue dans les os, en les soumettant à l’action de la vapeur , sans les broyer dans l'appareil qui fait le sujet de ce Mémoire ; mais l'opéra-

tion tralnerait en longueur, à moins qu'on ne craignit pas de dénaturer une portion de la gélatine, et que l’on püt employer de la vapeur fortement comprimée. L'expérience a prouvé qu'il est préférable de broyer convenablement les os avant d’en extraire la graisse et la gélatine : nous conseillons donc de toujours prendre ce soin, et nous pensons que ce n’est pas dans cette partie de l'opération qu’il faut chercher à accélérer le travail et à diminuer la maind'œuvre.

On a successivement proposé un grand nombre de machines différentes pour opérer le broiement des os(1); nous les avons examinées avec soin : voici l'opinion que nous nous sommes formée à ce sujet.

Les os destinés à l’usage alimentaire ne doivent pas étre écrasés à coups redoublés, car ils contracteraient ainsi une odeur empyreumati-

(1) Voyez, relativement au broiement des os, les ou— vrages SUIvans :

Annales de l'Agriculture française , 1"°. série , tome 1v, page 360.

Bulletin de la Société d’Encouragement, tome, p. 164, et tome xxv, pages 275 et 383.

Mécanique de Borgnis , tome v, page 243 (1819).

Dictionnaire des découvertes , tome xn , page 423.

que fort désagréable. IL faut d’abord les mouiller et les écraser ensuite , autant que possible, en un seul coup, en les faisant passer entre des cylindres de fonte cannelés, ou sous un mouton assez pesant; si l’on n'avait que peu d’os à broyer chaque jour , il suflirait de faire usage , pour cela , d’un levier horizontal pareil à celui qu'emploient les fabricans de toiles peintes et de papiers peints, ou du tas et de la masse que Von voit représentés aux figures 1 et 2 de la planche I (1). Dans tous les cas, il faut avoir

(1) Si l’on avait à broyer des os ne contenant pas de graisse ou contenant de la graisse rance, et dont il serait indifférent de sacrifier une partie, on pourrait les placer, sans les concasser, dans un cylindre à part, et les y soumettre à de la vapeur assez comprimée pour les rendre très fragiles en peu de temps. On produirait le même effet en les élevant à une température sèche de 130 à 1/0 de grés centigrades , dans une étuve ordinaire. Les os, ainsi traités, ne se cassent plus en esquilles ; ils se brisent perpendiculairement à leur axe, comme le font les marbres, le moellon , etc. Dans cet état, les os se broient et se pulvérisent même très facilement ; on peut alors les casser sans effort et les réduire en menus morceaux pour les traiter , comme os frais, dans notre appareil. Ce moyen sera surtout avantageux à employer dans les établissemens où, opérant sur des os sales et vieux, on en destinerait la gélatine

soin de tremper dans l’eau les fragmens d'os que l’on veut soumettre de nouveau à l’action des cylindres, du mouton ou de la masse pour en achever la pulvérisation. On parvient ainsi à réduire les os en morceaux assez menus, sans leur faire contracter de mauvaise odeur; mais on doit les employer immédiatement : sans cela, il faudrait les conserver en les tenant plongés, soit dans une eau courante, soit au moins dans de l’eau fraîche , ou, ce qui serait beaucoup mieux, dans une dissolution de sel marin presque saturée.

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