‹ Recherches sur les substances nutritives que renferment les osChapitre 20 sur 28 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Du résidu que donnent les os après étre restés, pendant quatre jours , exposés, dans les cylindres , à l'action de la vapeur comprimée.

Ce que nous avons dit jusqu'ici indique que l'épuisement des os, en quatre jours de travail, dans l'appareil dont il s’agit, doit dépendre de leur texture, de la manière dont ils ont été broyés, de la tension de la vapeur employée, du plus ou moins de savon de chaux qui se forme dans les os frais, au moment où on les soumet à l’action de la vapeur, et de la manière dont la condensation de la vapeur s’opère dans les différentes parties de l’appareil. On conçoit , d’après cela, que toutes les conditions favorables doivent être réunies avec soin, si l’on veut obtenir de bons produits, et parvenir à extraire toute la gélatine et le plus de graisse possible des os renfermés dans les cylindres. Le résidu qu'on y trouve, après quatre jours de travail, est toujours très cassant, et même facile à réduire en poudre; ce résidu osseux,

lavé à l’eau chaude et séché , contient souvent encore un peu de gélatine; mais cette substance s’y trouve ordinairement en très petite proportion; quelquefois les os ne fournissent plus d’ammoniaque à la distillation, et s'ils brülent encore avec une légère flamme lorsqu'on les expose sous le moufle d’un fourneau à coupelle, c’est seulement en raison du saven de chaux qu'ils contiennent, et, presque toujours, sans dégager sensiblement l’odeur qui accompagne la combustion des substances azotées.

Les os, complétement épuisés de gélatine par le moyen de la vapeur, étant bien lavés, séchés et pulvérisés, se mouillent difficilement lorsqu'on les plonge dans l’eau; on en sépare de la graisse, en les traitant par excès d’acide hydrochlorique, et l'essence de térébenthine en enleve du savon de chaux. Nous avons analysé un grand nombre d'échantillons de.ce résidu osseux; le plus épuisé que nous ayons trouvé contenait par quintal :

Résideux terreux . . . . O2 Matière combustible: ; . 8

, ce qui indique que l’on avait converti en savon

de chaux, et par conséquent perdu, environ 4 ou 5 kilogrammes de graisse par quintal métrique des os d’où provenait ce résidu.

Les os sortant de l'appareil n'étant pas toujours aussi complétement épuisés, et contenant, d’ailleurs, tout leur phosphate de chaux, et une quantité très notable de savon calcaire, pourraient peut-être servir d’engrais, ou au moins d’amendement, pour les terres où l’on cultive les céréales. Il est à désirer que d’habiles agriculteurs veuillent tenter quelques.essais, dans le but de résoudre cette intéressante question (1). Si ces essais ne donnaient point

(1) Nous avons pris 100 kilogrammes de ce résidu osseux, contenant, au cent, 10 de matière combustible, et ne donnant que très peu d’ammoniaque à la distillation ; 5o kilogrammes de ce résidu ont été enfouis au pied d’un arbre à 3 décimètres de profondeur , et les 5o autres kilo— grammes ont été éparpillés sur un sol fréquemment arrosé. Nous avons analysé , sept années de suite, des échantillons moyens de ces os, sans remarquer de changement notable dans leur constitution; nous continuons à suivre cette expérience, dont le résultat paraît devoir être fort dé— courageant ; peut-être obtiendrait-on plus de succès en employant ce résidu osseux comme simple amendement, après lavoir réduit en poudre fine , ce qui se ferait avec la plus grande facilité.

de bons résultats, il resterait à employer le résidu dont 1l s’agit pour la préparation du phosphore; pour la fabrication des coupelles, qui en serait grandement améliorée; pour le polissage des métaux, et, en y remplaçant la gélatine par une matière combustible azotée, telle que du savon, à base de soude ou de potasse, fait avec de vieux cuir, des muscles d’animaux, des débris de poissons, etc. ; à tenter de les rendre propres à être convertis, par le moyen de la calcination à vase clos, en charbon décolorant de bonne qualité.

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