‹ Recherches sur les substances nutritives que renferment les osChapitre 21 sur 28 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De la production de la vapeur dont on a besoin pour extraire la gélatine des os renfermés dans les cylindres.

Les moyens les plus économiques de se procurer la vapeur dont on a besoin pour faire fonctionner l'appareil dont il s’agit sont, sans contredit, de le joindre aux chaudières à vapeur d’une machine à feu, d’un chauffage à la vapeur, ou de tout autre appareil nécessitant l'emploi continuel de la vapeur d’eau, ou bien d'utiliser à cet effet la chaleur perdue partout où l’on brüle du combustible pour n’opérer

qu’à la chaleur rouge, comme cela à lieu dans tous les arts où les opérations se pratiquent à cette haute température. C'est ainsi, par exemple, que l’on peut obtenir de la vapeur d’eau presque gratuitement dans les forges , dans les verreries, dans les fonderies où l’on fait usage des fours à réverbère, des fourneaux de cémentation, du fourneau à manche, ou du fourneau à coupelle. Il en est de même dans les usines d'éclairage, et près des fours à chaux à travail continu. Lorsqu’aucun de ces moyens économiques ne sera applicable, il faudra alors produire la vapeur dont on aura besoin, au moyen d’une chaudière destinée seulement à cet usage. Voici quelles seront , dans ce cas, les règles à suivre pour l'établissement de cet appareil.

Sachant combien de litres de dissolution gélatineuse on voudra obtenir par jour, on connaîtra la quantité d'os qu’il faudra employer par vingt-quatre heures; on calculera la capacité des cylindres d’après cette donnée , que l’hectolitre d’os concassés en menus morceaux pèse 48 kilogrammes. Chaque cylindre ayant en hauteur, par exemple, trois fois son diamètre, 1l sera facile d’en calculer la surface : cette mesure, connue, conduira à la détermivation de la quantité de vapeur dont on aura

besoin, et, par suite, à la fixation des dimensions à donner à la chaudière à vapeur ét à son fourneau.

Supposons, par exemple, que l’on ait à faire établir un appareil semblable à celui qui fonctionne maintenant à l'hôpital de la Charité, et qui doit produire environ mille rations gélatineuses par jour, il faudrait que chaque cylindre eût 1 mètre de hauteur sur 0", 335 de diamètre, afin qu'il püt cuber 84 litres, et contenir environ 40 kilogrammes d’os. Chacun de ces cylindres, ayant à peu près 1 mètre carré de surface exposée à l'air, condenserait environ 1500 grammes d’eau par heure ; il faudrait réduire en vapeur à peu près 6 kilogrammes d’eau par heure pour faire fonctionner à la fois les qua. tre cylindres. On arriverait à ce but au moyen d’unechaudière dontle fondaurait r0 décimètres carrés de surface, et sous laquelle on brülerait 1 kilogramme de houille de bonne qualité par heure ; mais l'expérience ayant prouvé qu’une chaudière d’une aussi petite capacité exigerait trop de soins pour produire régulièrement la quantité de vapeur indiquée, et sachant d’ailleurs qu'il faut produire momentanément une grande quantité de vapeur pour porter les os à la température convenable, après les avoir

introduits dans l'appareil, nous conseillons de tripler la capacité de la chaudière dont il s’agit, et nous recommanderons en outre d’en régulariser le chauffage au moyen de l’ingénieux appareil invente par M. Bonnemain, et connu sous le nom de regulateur du Se ), ou en faisant usage du nucde ordinairement employé pour régler la combustion dans les fourneaux des machines à vapeur bien organisées(2).

Nous terminerons ce chapitre en faisant observer qu’il faut éviter avec soin de charger les chaudières à vapeur dont on veut se servir pour extraire la gélatine des os avec de l’eau croupie ou chargée de sels ammoniacaux , et que l’on ne doit même employer, pour s'opposer à la formation de dépôts compactes dans ces chaudières, que des substances ne pouvant fournir aucune mauvaise odeur à la vapeur qui y est produite : on sent, en effet, que s’il en était autrement, on courrait risque d'obtenir des dissolutions gélatineuses ayant une saveur désa-

(1) Voyez la description de ce régulateur dans le Bulletin de la Société d’Encouragement , tome xxu1, p. 238.

(2) Cet appareil se trouve décrit dans le Traité de la chaleur, publié par M. Péclet. (Voyez tome 11, page 1OI: et PI 13 de cet ouvrage, fig. 102.)

gréable, et peut-être même tout à fait impropres à la nourriture de l’homme(1).

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