SON SÉJOUR DANS LE CIEL TUCHITA
Le futur bouddha venait de passer son avant-dernière existence sur terre au service du bouddha Kia-yé j$P |j|, Kasyapa. Il s'était signalé par sa scrupuleuse observance de toutes les
(1) Fou pen-hing-tsi-king <0|i # ff H $«, liv. III, pp. 3-16 : liv. IV, pp 1-4.
(2) Kusinagara avait occupé une pince de prédilection dans ses souvenirs; pour ce motif il choisit celte ville pour son lieu de sépulture.
prescriptions bouddhiques; aussi, quand eut sonné l'heure de sa mort, il reprit naissance dans le ciel Tuchita, et se nomma Prabhâpâla, Hou-ming ^ H^. Les devas, fortunés habitants de ces célestes séjours pendant la dernière période qui précède leur réincarnation comme bouddhas, ont leur intelligence illuminée des plus vives clartés, tous les désirs de leur cœur sont satisfaits, et leur existence se passe dans la joie et les plaisirs.
A son entrée au ciel Tuchita, les palais célestes resplendissaient de lumière et avaient revêtu leurs plus riches décors; du pied jusqu'au sommet du Suméru retentit un immense cri de joie: " Prabhâpâla vient de renaître au ciel Tuchita! ':
Depuis bientôt 4.000 ans il y jouissait d'un bonheur sans nuage, quand apparurent les signes précurseurs de sa future réincarnation en ce monde. Son auréole pâlit, les fleurs de sa couronne se fanèrent, une sueur inaccoutumée apparut sous ses aisselles, la splendeur de ses vêtements diminua progressivement, son corps devint moins brillant; l'heure approchait où son corps céleste allait se dissiper.
"Hélas! s'écriaient les devas, Prabhâpâla va quitter le ciel Tuchita!"
Pendant ses dernières années de séjour dans ces fortunés parages, le futur bouddha prit les plus minutieuses informations sur les familles où il pourrait reprendre naissance. Finalement, il arrêta son choix sur la famille des Çakyas, qui avait les 60 signes requis pour mériter la faveur de fournir des ancêtres au nouveau bouddha. De plus, les 32 privilèges réservés à la mère d'un bouddha se trouvèrent réunis dans la personne de la reine Maya.