BOUDDHA
Le prince Devadatta (T'i-p'ouo-ta-touo $| ^f jÉ ;É0< témoin de la conversion d'un grand nombre de jeunes gens de la famille Çakya, qui quittaient le monde pour embrasser la carrière ascétique à la suite de Çakyamouni, alla demander à ses parents la permission de les imiter. Ceux-ci donnèrent leur consentement.
Devadatta revêtit ses habits les plus somptueux, monta un superbe éléphant, puis traversa les rues de Kapilavastu. Au moment où il allait franchir la porte de la capitale, un brahme renommé dans l'art de la divination, le voyant passer dans cet attirail pompeux, prédit que sa démarche serait infructueuse. Le prince se dirigea vers le couvent où habitait Çakyamouni, se prosterna à ses pieds et lui dit : «Très Honoré, je désire être reçu au nombre de vos disciples. » Bouddha, qui avait présent à la pensée tout son karma, n'ignorant ni sa conduite passée, ni sa destinée future, lui répondit : « Devadatta, l'état religieux ne vous convient pas. Retournez dans votre demeure, restez dans le monde et amassez des mérites en faisant de larges aumônes en faveur des œuvres bouddhiques.»
Après avoir essuyé ce refus, Devadatta se présenta à Sariputra et le pria de l'admettre dans la communauté. Sariputra lui demanda s'il s'était d'abord adressé au Maître, et quelle réponse il en avait reçue. «Voici ce qu'il m'a dit, répliqua Devadatta: «Ne vous faites pas religieux; restez dans votre «famille, faites l'aumône»... — Je ne puis aller contre la décision du Maître», pensa Sariputra; il refusa donc d'admettre Devadatta et lui conseilla de se soumettre à l'avis de Bouddha.
Devadatta s'adressa à Mugalana et en reçut exactement la même réponse. Tous les autres bonzes qu'il consulta: Mahâ Kâsyapa, Urivalva Kâsyapa etc., lui conseillèrent d'obtempérer