‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 104 sur 180 · FONDATION DE FA BOIVZFR1F DE FA JETA VAN A · texte numérisé non relu

FONDATION DE FA BOIVZFR1F DE FA JETA VAN A

Après un assez long séjour dans son pays natal, Çakyamouni reprit la route du Magadha et rentra à Radjagriha dans le couvent de « La Bambouseraie ».

Bouddha reçoit la visite de Sudatta. — Prasênadjit, roi du Kosala, avait un grand ministre nommé Sudatta (Siu-ta MtÊ)^)'

(1) Fou-pen-hing-tsi-hing $, £ lï M M . liv'- LX, pp. 8-15.

(2) D'après d'autres textes, Sudatta était un riche marchand de Sravasti, ou même le «prévôt des marchands».

possesseur d'une immense fortune ; ses aumônes l'avaient fait surnommer: «le bienfaiteur des orphelins» (Anâthapindada). Il avait sept fils. Six déjà étaient mariés; restait le septième, jeune homme de rare mérite, l'objet des prédilections paternelles: Sudatta cherchait pour lui une épouse, de noble famille, belle et gracieuse. Il demanda donc aux brahmes de son entourage, où il pourrait trouver cette jeune personne ornée de tous les dons de l'esprit et du corps. Ceux-ci lui répondirent: «La fille de Hou-mi §|j ^g, grand ministre du Magadha, remplit toutes les conditions voulues. Cet homme jouit d'une fortune colossale, l'or et les pierreries abondent dans ses palais, sa jeune fille est d'une beauté sans pareille: c'est un mariage assorti!»

Sudatta, tout joyeux, envoya de riches présents au ministre et lui fit demander la main de sa fille pour son jeune fils. Houmi H" 5$f donna une réponse affirmative. Sudatta demanda aussitôt un congé au roi et partit pour Radjagriha. Hou-mi |H ÎM lui fit préparer des appartements. Dans le palais, tous étaient affairés, on apprêtait un grand festin.

«Pour cpii tous ces préparatifs? dit Sudatta au maître de la maison ; offrez-vous donc un banquet au roi, au prince héritier, ou à quelque grand ministre? — Nous avons invité bouddha et ses bonzes, répondit Hou-mi fjf ;/$}• — Quel est ie nom de ce bouddha? — C'est Siddhartha, le fils du roi Suddhodana ; aussitôt après sa naissance, il fit sept pas et s'écria: « Je suis l'être le «plus noble de la terre et des cieux.» Pour échapper à la maladie, à la vieillesse, à la mort et à toutes les infortunes humaines, il s'est fait ermite; puis, après six années de dure pénitence, il est parvenu au terme de la perfection, il est devenu bouddha. — Et qu'appelez-vous bonzes? — Çakyamouni, après son illumination, céda aux instantes prières de Brahma, et se détermina à prêcher sa doctrine au monde. Il commença par convertir les cinq richis, ses compagnons de pénitence, qui s'étaient retirés à Bénarès, dans le «Parc des cerfs»; puis il gagna à sa cause Kâsyapa et ses deux frères avec leurs 1.000 disciples; Sariputra

et Mugalana suivirent cet exemple et se rangèrent sous l'obédience de Bouddha avec tous leurs disciples. Ces convertis, et beaucoup d'autres encore, vont prêcher à leur tour la doctrine du salut; ce sont eux qu'on appelle moines ou bonzes.»

Sudatta, ayant appris cette heureuse nouvelle, attendait avec impatience le lever du jour. Plusieurs fois même, pendant la nuit, il se disposa à partir; mais, craignant d'être molesté par les mauvais esprits, il rentra dans son appartement. Un deva descendit des cieux et lui cria: «Ne renoncez pas à votre projet; cette entrevue avec Bouddha vous sera grandement fructueuse. Un seul pas fait vers lui est plus profitable que l'acquisition de 100 chars chargés d'or et de pierreries.»

Sudatta se sentit confirmé dans sa résolution par cette voix d'en-haut ; il résolut de se mettre en route le matin suivant dès l'aube. Bouddha, dans sa prescience, savait que le ministre Viendrait le visiter; il vint donc au devant de lui et lui apparut resplendissant comme une montagne d'or. Sudatta ne savait par quels moyens lui exprimer son respect ; le Très Honoré s'en aperçut, le fit asseoir, et lui expliqua les quatre vérités saintes, les quatre causes fondamentales de nos misères, la caducité de toutes les choses humaines; puis il l'admit au nombre des pieux laïques, ses sectateurs.

Sudatta joignit les mains, se mit à genoux aux pieds de Bouddha et lui dit: «Je compte beaucoup d'amis dans la ville de Sravasti, qui profiteraient comme moi de vos instructions, s'ils avaient le bonheur de les entendre. Dans la ville de Sravasti, il n'y en a pas deux comme vous; cette cité est pleine d'hérétiques: difficilement ils ajouteraient foi à ma doctrine sainte. Je vous prie de vouloir bien venir à Sravasti pour convertir tous ces esprits dévoyés et les remettre sur le sentier de la vérité. — La manière de vivre des moines diffère de celle des laïques; dans cette ville il n'y a point de couvent pour nous loger: comment faire? — Votre disciple y avisera, reprit Sudatta; veuillez seulement me donner votre promesse.»

Bouddha garda le silence, signe ordinaire de son acceptation.

La première bonzerie de Sravasti (le jardin de Jeta). — Sudatta dit à Çakyamouni : «Je dois emmener à Sravasti la fiancée de mon fils, pour célébrer le mariage. À mon retour dans le Kosala, je vous construirai un monastère; mais j'ignore le mode de construction adapté à vos usages: je vous prie d'envoyer avec moi un de vos disciples, qui me donnera les indications nécessaires. — Dans cette cité de Sravasti, pensa Bouddha, les brahmes attachés aux écoles hétérodoxes sont fort nombreux; si j'envoie là un bonze d'une portée intellectuelle ordinaire, ils ne manqueront pas de le provoquer et de le réduire au silence. Sariputra me parait être le seul homme à la hauteur de la situation: il est lui-même de race brahmanique, intelligent et entreprenant; je vais lui confier cette mission.» Il adjoignit donc Sariputra à Sudatta pour traiter les affaires concernant la fondation de cette nouvelle bonzerie.

Sudatta demanda quelle distance Bouddha parcourait en une journée pendant ses voyages. Sariputra répondit qu'il parcourait d'ordinaire la moitié d'une yôjana officielle (1).

Le ministre fit donc construire de vingt lis en vingt lis, sur la route de Radjagriha à Sravasti, des kiosques artistement travaillés, où des traiteurs seraient installés à ses frais pour subvenir à l'alimentation de Bouddha pendant tout le trajet.

Le ministre et le délégué de Çakyamouni, dès leur arrivée à la capitale, se mirent à la recherche d'un emplacement convenable pour la nouvelle bonzerie. Ils n'en trouvèrent qu'un seul renfermant tous les avantages désirables: c'était le parc ou jardin de plaisance du prince héritier, Jeta. Ce terrain était uni, planté d'arbres magnifiques, à une distance raisonnable de la ville; bref, il convenait à merveille pour la construction du couvent. A une plus longue distance de la ville, les bonzes pourraient

(I) La vôjana officielle, ou chemin parcouru par le défilé royal, équivalait à 40 lis Cf. ci-dessus, p. 79. n. 2.

moins facilement s'y rendre pour quêter ; plus rapproché, le bruit troublerait leur recueillement. C'était donc le site idéal. Sudatta, tout joyeux, s'en alla trouver le prince Jeta et lui dit: «Je pense construire un vihâra pour Bouddha; votre parc nous conviendrait: voulez-vous me le vendre?» Le prince répondit: «N'y pensez pas! J'aime à me promener, à me divertir sous ces bosquets ombreux: comment pourrais-je penser à les vendre?» Sudatta ne se tint pas pour battu ; il revint à la charge à plusieurs reprises. Un jour, pour en finir, le prince riposta:

«Si vous le pavez d'or sur toute sa superficie, je vous le céderai! — Bien! je l'accepte à ce prix, répondit Sudatta. — Ah! je vous ai dit cela en riant, s'empressa d'ajouter le prince. — Un prince, répondit Sudatta, ne peut revenir sur sa parole ; il ne peut tromper par de fausses promesses: ce serait donner un mauvais exemple à ses peuples.» Le débat s'échaufifa. On convint d'en référer à un conseil suprême, qui donna gain de cause au ministre Sudatta. 11 y fut décidé que, le prix ayant été fixé et la vente promise, le prince devait à son honneur de tenir sa parole.

Sudatta appela des ouvriers, fit apporter de l'or par ses éléphants, et le dallage avança rapidement. Les 80 k'ing t|| (1) de terrain étaient déjà presque entièrement couverts d'or, et Sudatta constatait que l'or tiré de ses réserves suffirait à terminer le dallage. Le prince Jeta vint examiner les travaux; il demeura persuadé que l'immense fortune du ministre suffirait à mener l'entreprise à bonne fin. « Puisque, se dit-il, le ministre Sudatta fait de si formidables dépenses pour élever un couvent à Bouddha, cet homme doit être doué d'une vertu bien merveilleuse!» îl commanda qu'on cessât immédiatement les travaux et dit à Sudatta:

«Le terrain vous appartient; les arbres sont à moi: j'en ferai

(1) Le k'ing fc|[ est une mesure agraire comprenant 100 meous ou environ 6,11 hectares. La propriété contenait donc à peu près 489 hectares.

Fig. 22.

Dallage en or d'un futur terrain de pagode, (p. 246)

présent à Bouddha, puis nous bâtirons le vihâra à frais communs (1).» Les travaux commencés, l'opposition des six grands chefs des sectes hétérodoxes ne tarda pas à se déclarer. Les maîtres de l'hérésie allèrent trouver le roi et lui dirent: «Nous avons appris que Sudatta veut bâtir un monastère pour l'ascète Gautama. Nous prions Votre Majesté d'ordonner une joute publique entre les bonzes et nous. S'ils sortent victorieux de la lutte, qu'on leur accorde droit de cité; sinon, qu'on leur refuse l'entrée de la capitale. »

Le roi appela Sudatta et lui lit part de la proposition des docteurs de l'hérésie. Cette nouvelle difficulté attrista profondément le ministre. Le lendemain, Sariputra, le voyant très préoccupé, lui en demanda la raison. Sudatta lui apprit alors tout ce qui venait de se passer. «J'accepte leur défi, dit Sariputra. Ces hérétiques, fussent-ils aussi nombreux que les pousses de bambou du Magadha, n'ont pas le pouvoir de remuer un poil sur mon pied.» Cette fière réponse rendit l'espoir à Sudatta; il prit ses habits de cour, eut une nouvelle entrevue avec le roi et le pria de convoquer le peuple à la séance. Un crieur public proclama par toute la ville que, dans sept jours, les hérétiques et le bonze Sariputra feraient exhibition de leur puissance, dans un lieu fixé hors de la ville. Au jour marqué, une foule innombrable assiégeait les abords de ce lieu. Le roi s'y rendit, et les chefs des écoles hétérodoxes, accompagnés d'un nombre infini de disciples, s'y trouvèrent réunis. Les chefs d'écoles étaient tous assis sur des estrades élevées. Un seul manquait: c'était Sariputra ; il voulait arriver après ses adversaires pour les mettre dans l'obligation de se lever de leurs sièges à son apparition au milieu d'eux.

«Voyez, commençaient déjà à crier les hérétiques; Sariputra a peur, il n'o.<e paraître!» Le roi lui-même demanda à Sudatta pourquoi le disciple de Gautama ne se présentait pas. Le

11) Bouddha, pour remercier les deux donateurs, appela le nouveau couvent: Jetavana Anàthapindadarama : «parc de Jeta, jardin de plaisance de Sudaita ».

ministre, fort soucieux, courut supplier Sariputra de venir au rendez-vous. Sariputra le suivit, s'avança avec beaucoup de dignité; les hétérodoxes se levèrent comme involontairement à son arrivée et le saluèrent; après quoi il monta sur le siège élevé que lui avait préparé Sudatta.

Un des faux docteurs ouvrit la séance. Pour faire parade de son pouvoir préternaturel, il lit croitre aux yeux du public un grand arbre couvert de feuilles, de rieurs et de fruits. Des bravos sortirent de toutes les bouches. Sariputra, par l'effet de sa puissance supranaturelle, rit surgir une trombe qui déracina l'arbre, et le réduisit en poudre. La foule l'acclama; son adversaire était humilié.

Lao-tou-tclilai %fc fë Je, c'était le nom de ce magicien, revint à la charge. Il creusa instantanément un magnifique étang aux rives enchanteresses, où de belles fleurs aquatiques s'ouvrirent sous les yeux des spectateurs émerveillés. Sariputra rit aussitôt paraître un monstrueux éléphant arn.é de six défenses, ornées chacune de sept gigantesques fleurs de lotus. L'éléphant s'avança jusqu'au bord de l'étang, en absorba toute l'eau et le laissa à sec. Nouvelles félicitations!

Le magicien lit alors sortir de terre une haute montagne couverte de verdure, d'arbres fruitiers, de bosquets, de fleurs, au milieu desquels on apercevait des sources d'eau limpide, des pièces d'eau. Mais voici que Sariputra Et paraître un roi du ciel: celui-ci n'eut qu'à montrer la montagne avec so . sceptre de diamant, pour la faire disparaître sans qu'il en restât trace.

Au moment même où le peuple, enthousiasmé, félicite le bonze, voici qu'un dragon à dix têtes paraît dans les nuées du ciel; des éclairs déchirent les masses nuageuses, la terre tremble sous de formidables coups de tonnerre. La panique ne fut pas de longue durée, car Sariputra créa un garuda (1), qui, d'une

(1) Les garudas, oiseaux aux ailes d'or, sont les ennemis les plus redoutables des dragons; ils volent à la surface des mers et dans l'immensité de l'air pour les becqueter (cf p. 108). C'est cet oiseau qu'on trouve souvent représenté sur les images de Bouddha.

aile rapide, fendit les airs et dévora le dragon.

Par ordre du magicien, un bœuf de grande taille, à l'encolure puissante, aux cornes affilées, se précipita en mugissant sur son vainqueur. Un lion parut et le mit en pièces.

Enfin, le magicien hérétique se changea en un yakcha de taille gigantesque; ce diable, au buste monstrueux, avait une énorme tête ignée, où roulaient des yeux rouges, semblables à deux courges sanglantes ; des dents acérées sortaient de sa gueule; son seul aspect inspirait l'épouvante. Sariputra prit la figure du grand Maharaja Vaisravana, un des quatre grands rois du ciel. À cette vue, le yakcha trembla de frayeur et voulut fuir. Tout à coup, il se vit enfermé dans un cercle de flammes ardentes ; seul le lieu où se tenait Sariputra était épargné par l'incendie. Dans l'impossibilité d'échapper à ce feu vengeur, il se jeta à terre, cria miséricorde en implorant grâce pour la vie: aussitôt le brasier s'éteignit. La victoire était complète, la cause de Bouddha était gagnée; les travaux du couvent furent poussés activement.

Une çaitya (grande salle de prédication) fut construit pour Bouddha; le vihâra (ou samghàrâma, monastère pour l'habitation des bonzes), contint 12.000 cellules, divisées par groupes de dix. Quand les constructions furent achevées, Sudatta jugea nécessaire d'avertir le roi, et, pour que le bouddhisme fût introduit officiellement dans la capitale, il obtint que le souverain enverrait un délégué qui, en son nom, et avec grand apparat, irait recevoir Bouddha et l'introduirait solennellement dans le nouveau monastère.

La prise de possession de la nouvelle bonzerie eut un grand retentissement dans tout le pays et produisit les plus heureux effets (1).

(1) Hien-yu-king M M fc?, liv. X, pp 295-297.- Che-kia-che-pnu fë M R fff, p 82. — Sudatta, pendant sa dernière maladie, fut assisté par Bouddha; il mourut jo^'eux et reprit naissance dans le ciel Tuchita. Cf. Che-kia-che-pnu

Tout près de la demeure de Sudatta, un grand stupa fut érigé en mémoire de la conversion d'un sectaire Angoulimâlya, nommé Ou-nao A *|'g} ; voici son histoire :

Conversion de Ou-nao :fe fgj. — Ou-nao ^ '|'gj était fils d'un ministre de Sravasti. Doué d'une force colossale, il pouvait tenir tête à 1.000 lutteurs. Son père lui conseilla d'aller prendre des leçons chez un brahme sivaïte, de la secte des Angoulimâlyas. Ce sectaire lui dit: «Si tu peux, dans l'intervalle de sept jours, tuer 1.000 personnes et orner ta tète avec 1.000 de leurs doigts, tu monteras dans le ciel de Brahma.» Ces sectaires scélérats du royaume de Sravasti étendaient leurs cruautés sur les villes et les royaumes voisins. Ils tuaient les hommes, coupaient leurs doigts et s'en faisaient des guirlandes dont ils ornaient leur tête. Par ces exploits ils prétendaient gagner le ciel. Ou-nao 4ffi f^ prit son sabre, se mit en campagne et coupa la tête à tous les passants qu'il rencontra. Dans tout le pays, ce fut le règne de la terreur. Le septième jour au matin, il avait tué 999 personnes: il lui manquait encore un doigt pour compléter les 1.000. Il eut beau chercher, il ne trouva pas: tout le monde avait pris la fuite dans la contrée; il ne vit plus que sa mère, qui lui apportait son repas. Sans balancer, il court vers elle et se dispose à lui donner le coup mortel, tout en lui expliquant le motif de cette apparente cruauté.

Au moment même où il abordait sa mère, Bouddha prit la figure d'un bonze et vint se placer devant lui. Ou-nao M 'fgj se précipita sur lui pour le tuer ; mais à mesure qu'il avançait, le bonze s'éloignait à une vitesse égale, se maintenant toujours à une même distance de lui ; pourtant, chose étrange, il ne paraissait point se hâter. «Attendez-moi, lui cria Ou-nao |te fjjy, arrêtez donc un moment ! — Arrêter, reprit Bouddha; mais je suis toujours au repos, et toi, tu ne cesses de t'agiter! — Pourquoi me parlez-vous ainsi, repartit Ou-nao |te fj|j ? Que signifie ce langage? — Ce qu'il signifie? Le voici: moi, j'ai trouvé le repos, la paix

véritable; toi, clans l'hérésie, tu n'as trouvé que trouble et agitation. Tu cours nuit et jour pour assassiner les gens, tu entasses crime sur crime.» Ou-nao 4te -|'gj comprit le bien fondé de ces reproches; il fit sa soumission à Bouddha et demanda à être admis dans le sein de la loi. Après s'être exercé avec persévérance à pratiquer les règles de sa nouvelle profession, il obtint la dignité d'arhat.

Conversion des Nirgranthas (ascètes nus). — 500 brahmes pénitents de la secte des Nirgranthas, ou ascètes nus, apprirent l'insigne humiliation que venaient de subir les six chefs des partis hérétiques (1). «Notre doctrine est désormais méprisée, se dirent-ils; nos disciples se débandent. Il ne nous reste plus qu'un parti à prendre: brûlons-nous vifs; ainsi, du moins, nous laisserons notre nom à la postérité.» Sur ce, ils élevèrent un bûcher et voulurent y mettre le feu ; mais Bouddha, toujours miséricordieux, ne permit pas qu'ils pussent allumer le combustible ; bien plus, il apparut lui-même environné de flammes et se tint tout près du bûcher. « À quoi bon allumer ces branchages? dirent les Nirgranthas. Jetons-nous dans ces flammes qui pétillent tout près de nous.» O prodige! le feu devint pour eux comme une brise rafraîchissante ; une sensation de bien-être envahit tout leur corps. Leur joie fut encore décuplée dès qu'ils contemplèrent la personne de Bouddha, siégeant au sein de ce foyer embrasé. Tous demandèrent à devenir ses disciples et parvinrent à la dignité d'arhats.

Sravasti était la capitale du Kosala, qui occupait une partie du territoire actuel de i'Oude. D'après Cunningham, cette capitale se trouvait au sud de la Rapti, à 58 milles au nord de I'Oude. On croit assez généralement qu'elle devait se trouver environ à 7 milles à l'ouest de Fizabad, grande ville du royaume de I'Oude.

Au Ier siècle de notre ère, le roi Ujjain défit le monarque bouddhiste du Kashmir et rétablit le culte des brahmes. La lutte entre les deux religions se continua; et quand Fa hicn fè £$ vint à Sravasti, environ 400 ans apr. J.-C, il trouva cette ville déjà ruinée; il n'y restait que quelques bouddhistes et quelques bonzes.

(li Ci-dessus, pp. 247 seq ; cf. ci-dessous, pp. 255 seq

Les trois premiers bouddhas de notre kalpa seraient nés dans les environs de cette ville. Fa-hien j£ f$ visita les stupas élevés sur le lieu de leur naissance (1).

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