‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 108 sur 180 · ART. XXII.— CONVERSION DE ÇRICOUPTA; CONVERSION D'UN BRAHME · texte numérisé non relu

ART. XXII.— CONVERSION DE ÇRICOUPTA; CONVERSION D'UN BRAHME

Le poisson, après avoir entendu la prédication de la loi, termina sa vie; il obtint de renaître dans le palais des dieux (1).

Çakyamouni, à son retour de Sravasti, ne lit que passer à Vaisaii ; il rentra dans le couvent de «La Bambouseraie », et c'est là que nous le retrouverons.

ARTICLE XXII

CONVERSION DE ÇR1GOUPT A.— HUMILIATION DES CHEFS SECTAIRES. - CONVERSION D'UN BRAHME.

Au nord-est de Radjagriha, en dehors de la porte septentrionale, on voyait, au VIIe siècle, trois stupas rappelant des épisodes glorieux de la vie de Çakyamouni.

Le premier stupa, non loin de la tranchée ouverte dans la montagne pour donner accès en ville, fut élevé au lieu où Devadatta et le roi Adjâtaçatrou lancèrent un éléphant furieux sur Bouddha, dans le dessein de le faire périr (ci-dessous, chap. IV, art. IV).

Le second rappelle le lieu de la conversion de Sariputra (ci-dessus, pp. 194 seq.) .

Le troisième fut érigé près de la fosse où le notable Çrigoupta avait dissimulé une fournaise embrasée pour perdre le Très Honoré. Voici l'exposé de cette aventure:

Chen-je ^ [~| , Çrigoupta, partisan de l'hérésie, fort attaché aux six maîtres d'hétérodoxie, Purana, Kâsyapa et autres, invita Bouddha à un festin dans l'intention de lui nuire. 11 avait fait creuser une fosse profonde, remplie de feu, habilement dissimulée sous le sentier que Bouddha devait suivre ; et au cas où il éviterait ce premier péril, des mets empoisonnés devaient mettre fin à ses jours. Yué-koang ^t£, Candraprabha, fils de Çrigoupta,

(1) Mémoires de Hiuen-tsang j£ i£|, Hv. Vil: description du Vridji. — Eien-yu-king M M. M., Kv. X, p 298.

représenta à son père que Çakyamouni était un grand saint, que Mara avec toutes ses légions avait inutilement combattu contre lui pour entraver sa marche vers l'illumination suprême. Tous ces guerriers fameux, avec leur merveilleux pouvoir, avec leur armes mystérieuses, avaient dû s'avouer vaincus, et leur chef lui-même, si acharné à la perte de cet ennemi de sa domination, s'était incliné devant lui, avouant son impuissance. «Si tous les bataillons du Suméru n'ont pu faire tomber un seul cheveu de sa tête, que pensez-vous faire avec votre fosse de feu et vos mets empoisonnés? Ne dirait-on pas un moustique qui s'efforcerait de renverser une montagne, ou une mouche qui aurait la prétention de voiler le soleil et la lune avec ses ailes? Une telle entreprise ne peut que tourner à la confusion de celui qui la tente ; mieux vaut se désister alors qu'il en est temps encore, et faire sa soumission au Très Honoré des mondes... »

Çrigoupta s'obstina dans son perfide projet et répliqua : «Si Bouddha connaissait mes plans cachés, n'aurait-il pas refusé mon invitation? N'aurait-il pas su que je lui préparais une fosse de feu et des aliments empoisonnés? 11 ne l'a pas fait; pour moi, c'est la meilleure preuve de son ignorance.»

Le jour où Bouddha s'achemina vers la demeure du notable, il parut comme auréolé d'une extraordinaire majesté: c'est qu'il voulait subjuguer le cœur de son hôte et confondre les six fauteurs d'hérésie, qui s'étaient concertés pour le faire mourir. Dès qu'il fut arrivé devant la demeure de Çrigoupta, la fosse pleine de feu se changea en un bassin rempli d'eau, sur laquelle flottait une belle fleur de lotus. Ce prodige remplit le coupable d'une salutaire terreur, et lui donna à penser qu'il venait de commettre une erreur. D'un regard il interrogea les six maîtres hétérodoxes, comme pour leur demander conseil dans cette circonstance critique : tous se turent et s'éclipsèrent. Çrigoupta, resté seul, prit le parti de faire des excuses à Bouddha, lui disant qu'il avait été séduit par de fausses doctrines et qu'il le priait de lui pardonner.

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