ART. J. CHAMP D'ACTION DE BOUDDHA
Le premier orbe comprend le ciel des quatre grands rois, nommés Se ta kin-kang (Z3 -X ^ pgij, Maharajas. Il est localisé sur tout le pourtour de la seconde moitié du mont Suméru.
Le deuxième orbe est le ciel Tao-li-Vien j^jfj ^lj J%, encore appelé le ciel des «Trente-trois», qui se déploie sur l'immense plateau au sommet du Suméru. Là se trouve le palais d'Indra, Ti-che ï$ H?> clue nous trouvons mêlé à tous les grands événements de la vie de Bouddha.
Le troisième orbe comprend le ciel de Yama.
Le quatrième orbe est formé par le ciel Tuchita, d'où Çakyamouni descendit pour s'incarner dans le sein de Maya (1). C'est la pénultième demeure des futurs bouddhas.
Le cinquième orbe est, comme les précédents, habité par les devas et les apsaras.
Le sixième orbe est le royaume de Mara, le dieu-diable, l'Homicide, l'ennemi du bien, que nous avons déjà vu à l'œuvre, aux jours de la tentation de Bouddha (2).
Les septième, huitième et neuvième orbes, de la région médiane des cieux, sont habités par Fan-wang ■$£ 3E (Brahma), ses officiers et ses sujets glorifiés.
Telles sont les régions où il nous faudra suivre Bouddha, au cours de sa prédication, le plus ordinairement du moins, car il monta jusqu'aux cieux supérieurs de la pure abstraction (3).
D'après la doctrine bouddhique, il existe dans tout l'univers une infinité de mondes semblables à celui dont nous venons de donner la description ; tous ces mondes sont, sinon identiques, du moins constitués sur le même modèle : chacun d'eux compte
(1) Ci-dessus, p. 25
(v2) Ci-dessus, pp. 113 seq.
(3 Ces questions sont traitées avec plus de détails dans Tes Textes Philosophiques du P. Wieger. s j , pp 320-333. Nous n'en donnons ici qu'un aperçu général, suffisant cependant pour guider le lecleur au cours des récits qui vont suivre.
ses bouddhas ou Sauveurs, qui se succèdent par intervalles, pour ramener tous les êtres dans le droit chemin et les conduire à la parfaite stabilité du nirvana. Pendant que l'un ou l'autre de ces mondes se pervertit et s'abîme dans le cataclysme à la fin du kalpa, les autres sont en pleine restauration ; mais comment sont-il repeuplés? Voici: les devas des cieux supérieurs, épargnés par le désastre, finissent par épuiser leur lot de bonheur; alors ils renaissent sur la nouvelle terre, redeviennent hommes, femmes, animaux ou oiseaux, d'après la mesure de leurs mérites ou démérites passés, et peu à peu le monde régénéré se trouve repeuplé. Tous les êtres, en effet, sont de même espèce quant au moi (1) ou principe plus subtil et survivant à la déchéance des formes extérieures ; la seule différence entre les êtres, c'est que ce moi est habillé diversement, suivant ses œuvres bonnes ou mauvaises. Carpe, perroquet, chien, singe cerf, homme, démon, deva, bouddha... ont tous un karma spécifiquement semblable ; la tunique extérieure, c'est-à-dire le corps, varie suivant les sujets. Le bouddha, ou l'Illuminateur, s'adresse donc à tous ces êtres pour les retirer de la roue de la métempsycose, et les faire entrer au nirvana ou, d'après les partisans de l'amidisme moderne, dans les joies sans fin du Paradis de l'Ouest; il est le docteur et le Sauveur de tous les êtres dans les six voies de l'existence (2).
Promulgation de la loi bouddhique (mahâyâna). — Le bouddha Lochâna, tout éblouissant de clarté, assis sur son trône de fleurs de lotus, s'adressa au Bouddha Çakyamouni, siégeant sur un trône de fleurs, et lui tint ce discours: «La délivrance est un diamant précieux enfoui dans le champ du cœur, c'est le germe précieux de la nature du bouddha, qui est renfermée à l'état embryonnaire dans tous les êtres de l'univers; en se développant il produit le parfait bouddha (3).»
(1) Ci-dessus, p. 90. — Quatre opinions: Le moi réel et permanent, le moi-série, le moi purement subjectif et le nihilisme absolu de Nagarjuna.
(2) Hommes, devas, yakchas, prêtas, damnés, règne animal.
(3) Cf. Recherches. ., t. VI, pp 87-90; I.ochàna.