L'INVITATION DU PERROQUET
Un jour, Bouddha cheminait vers le Magadha. Le roi des
perroquets, l'ayant aperçu de loin, vint l'inviter, lui et ses
disciples, à bien vouloir passer une nuit dans leur forêt, pour leur prêcher la doctrine du salut (1).
(1) Les oiseaux, aussi bien que les devas et les hommes, ont part aux bienfaits de la prédication des bouddhas.
Fig. 29.
Une figure retouchée (p. 282)
Bouddha accéda à sa demande. Le perroquet fendit les airs et alla réunir tous ses congénères pour souhaiter la bienvenue à leur libérateur. Çakyamouni, arrivé dans la forêt, s'assied au pied d'un arbre; ses compagnons l'imitent et tous se mettent eu méditation. Le perroquet contempla avec ravissement Bouddha et ses disciples absorbés dans la contemplation. Toute la nuit il voltigea autour d'eux, pour s'assurer qu'aucune bête féroce, qu'aucun brigand ne rôdaient dans les alentours avec l'intention de leur nuire. Le matin, au point du jour, quand Bouddha partit, le perroquet le devança tout joyeux, vola droit vers la capitale, Radjagriha, et annonça au roi Bimbasara que le Très Honoré et ses disciples approchaient de la ville, qu'il devait se hâter de faire les préparatifs pour héberger la communauté.
Au reçu de cette nouvelle, le roi commanda de préparer des vivres; puis tous les ministres se portèrent au devant de Bouddha, avec des drapeaux, des parasols d'honneur, de l'encens et de fleurs.
La nuit suivante, le perroquet mourut ; il reprit naissance dans le ciel d'Indra. Peu après, il descendit du ciel, vint se prosterner devant le Très Honoré, et lui offrit, avec de l'encens et des fleurs, le témoignage de sa reconnaissance. Bouddha lui prêcha les quatre principes fondamentaux: le deva fut éclairé et devint adepte laïque.