‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 142 sur 180 · LA BRANCHE DE SAULE ET L'EAU LUSTRALE · texte numérisé non relu

LA BRANCHE DE SAULE ET L'EAU LUSTRALE

Candrakirti, grand personnage de Vaisali, vint informer Çakyamouni qu'une terrible épidémie sévissait dans toute la contrée; les remèdes des médecins, l'art des magiciens, demeuraient impuisants à enrayer le fléau; en conséquence, il priait Bouddha de daigner mettre un terme à cette calamité publique.

Bouddha lui répondit : « Dans l'Ouest, il y a un bouddha

(1) Le ciel des dieux stellaires est placé immédiatement au-dessous du ciel des quatre grands rois Maharajas. Ici, les quatre régions inférieures des orbes environnant le Suméru sont computées au nombre des cieux, et c'est pour ce motif qu'on donne le nom de ciel, à cette sphère habitée par les devas des constellations. Cf. ci-dessus, p. 263.

(2) Les sons du charme hindou sont figurés par des caractères chinois plus ou moins homophones.

Nous sommes ici en plein tantrisme. Les sectaires ont inventé ce texte pour autoriser leur erreur par la parole même de Çakyamouni.

(3) Cf Recherches, t. Xll : «Divinités stellaires».

nommé Ou-liang-cheou $& M 0 (un des noms d'Amida) et deux poussahs : Koan-che-in ^ -^ ^ (Avalokitesvara) et Ta-clietche -fc ^ 2Ê (Mahastama), tous très compatissants aux misères humaines; prosterne-toi devant eux et demande-leur assistance.»

Au moment même où il prononçait ces paroles, ces trois poussahs apparurent au sein dune mystérieuse clarté, sortie de la personne de Bouddha. Tout le royaume de Vaisali parut comme baigné dans un flot de lumière. Alors, tous les habitants préparèrent un rameau de saule et de l'eau pure pour les présenter à Koan-in p'ou-sa f§J -gf ^ f|, puis ils invoquèrent la Triade.

Koan-in |§ -gf, la très miséricordieuse, très compatissante .protectrice de tous les êtres, leur recommanda de réciter de tout cœur les invocations: «Gloire à Bouddha! Gloire à la Loi! Gloire à l'Ordre! Gloire à Koan-in. la très miséricordieuse!»

Puis, s'adressant à Bouddha, elle lui dit: «Je vais réciter le merveilleux charme des bouddhas des dix directions, pour le salut de tous les êtres. Quiconque récitera ce charme magique, échappera à toute crainte, à tout danger, à tout malheur, au glaive, au poison: et les épidémies disparaîtront soudain.» A peine cette formule d'incantation était-elle achevée que l'épidémie cessa dans tout le royaume de Vaisali (1).

(1) L'amidi.sme moderne honore la Triade ci-dessus nommée, et recommande l'aspersion d'eau lustrale avec une branche de saule J'ai vu le même dispositif dans les rues des villes et des bourgs, au jour de la fête de Koanin p'ou-sa i| tÉt # M- On place devant la porte des maisons, un vase rempli d'eau pure et une branche de saule, afin que la déesse Koan-in daigne asperg< r l'habitation avec cette eau lustrale, qui, croit-on, a la vertu d'éloigner tout malheur et d'attirer tout bonheur. La fiole d'eau lustrale et le rameau de saule sont les insignes de cette déesse. (Recherches, t. VI, p. 148.) — L'invention de ce rite est attribuée à Çakyamouni par les partisans de l'amidisme, qui veulent par là en faire valoir l'efficacité.

Fig. 34.

La branche de saule et l'eau lustrale de Koan-in. (p. 316)

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