ART. XI. DEVOIR DES ROIS. RÉMISSION DES PÉCHÉS
personne de grand cœur. » Plus tard, la pauvre mendiante revint saluer Bouddha, qui lui prédit que, dans les kalpas futurs, elle deviendrait un bouddha nommé Teng-Jcoang @ jfc, «la Lampe brillante». La mendiante demanda et obtint la faveur de se faire bonzesse (1).
ARTICLE XI
devoirs des rois. - rémission des péchés.
Devoirs des rois. — Cheng-koang )j'^^, Jinaprabha, roi du Kosala, vint prier Çakyamouni de lui tracer une règle de conduite.
Bouddha lui dit: «Le roi doit être un père pour ses sujets; son seul désir doit tendre à les corriger et à les conduire dans le chemin du devoir. Si vous vous montrez le père de vos sujets, ceux-ci se montreront vos enfants, ils seront loyaux et dévoués. Le fils du ciel doit se montrer toujours bienfaisant et miséricordieux, ne point grever son peuple d'impôts, ni urger avec trop de sévérité le paiement des redevances. Son devoir est de punir les méchants avec pondération, d'encourager et de récompenser les bons, d'éloigner des charges publiques les traîtres et les gens irascibles; enfin il doit suivre les exemples des anciens rois, qui ne condamnaient jamais à mort. On ne renait homme qu'en raison des mérites acquis dans les existences antécédentes: le
(1) Plusieurs auteurs ont cru voir ici l'histoire du bouddha Jan-teng $£ ;)g, «la Lampe brillante». Cette opinion est peu probable. Cf. Recherches, t. VT, pp. 67-77 : Jan-teng $$$£. — Ces exemples, et une foule d'autres insérés dans les livres bouddhiques, nous donnent la vraie note sur l'aumône d'après les idées de Çakyamouni : « Faites l'aumône à Bouddha, dépensez sans compter dès qu'ils s'agit de Bouddha, de sa loi et de ses bonzes.» Çakyamouni ne loue et n'estime que la charité faite à lui-même, à son ordre ou à ses œuvres.
«Toujours recevoir et ne jamais donner»: telle paraît être encore la devise des milliers de bonzes qui peuplent les pagodes chinoises. Beligion stérile pour le bien de l'humanité.
meurtre d'un homme crie vengeance. Vous devez toujours rendre vos hommages aux Trois Précieux, et vous bien garder des fausses doctrines. Après ma mort, vous et vos ministres, vous protégerez efficacement le bouddhisme et vous veillerez à ce qu'on ne le persécute pas, afin que cette doctrine puisse se propager d'âge en âge. Si vous vous conformez à mes conseils, alors les rois-dragons du royaume seront dans l'allégresse, les vents et les pluies vous seront mesurés dans une juste proportion ; tous les habitants des cieux vous acclameront, partout régneront l'abondance et la joie, votre royaume sera à l'abri de toutes les calamités, votre règne sera long et prospère, vous coulerez des jours heureux jusqu'à une haute vieillesse, tous les rois vos voisins, fascinés par votre gloire, viendront vous présenter leurs hommages, vous serez le premier souverain de votre siècle, et tous se feront un honneur d'être les vassaux d'un roi si vertueux. Bien plus, ils sauront sacrifier leur vie même, s'il le faut, pour votre service, assurés qu'ils seront de renaître dans les joies du ciel. Tous rivaliseront d'émulation pour imiter les vertus de leur souverain. Enfin, un tel monarque est assuré de reprendre naissance parmi les devas dans la félicité des cieux (1). »
ha contrition bouddhique. — Le poussah Sin-siang f§ ^f vit en songe un tambour d'or et un acte de contrition écrit en vers Il alla raconter ce songe à Bouddha.
«J'ai vu, dit-il, un tambour d'or, dont le merveilleux son peut guérir et anéantir toutes les douleurs de l'enfer, des âmes faméliques et des renaissances sous forme animale; toutes les souffrances de la pauvreté et de l'adversité; toutes les angoisses de ceux qui sont sans appui, sans refuge et sans protection.
« C'est pour tous ces infortunés que je viens aujourd'hui
(1) Dans cette exhortation, un habitué reconnaîtra sans peine plusieurs idées favorites des lettrés chinois. C'est un amalgame de bouddhisme et de confucéisme.
Le tambour d'or. (p. 324)