‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 146 sur 180 · MORT DE SLDDHODANA. — DEUILS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

MORT DE SLDDHODANA. — DEUILS DE FAMILLE

, La maladie. — Suddhodana fut pris d'une maladie grave, qui le conduisit rapidement jusqu'aux portes de la mort. Dans cette

extrémité, il dit à ses frères qui l'entouraient: «La mort ne m'attriste pas tant que l'absence de mon fils Siddhartha, de mon second fils Nanda, de mon neveu Ananda et de mon petit-fils Rahula : je ne pourrai plus les revoir! Toutes les douleurs, pourtant bien vives, que me cause la maladie, me paraissent légères, si je les compare à cette privation.» Sukhôdana lui répondit: «Nous avons appris que votre fils Siddhartha se trouve actuellement sur le Mont des Vautours, au Magadha, à plus de 2.000 lis d'ici. Il est à craindre que l'envoyé n'arrive pas à temps; ne vous affligez donc pas outre mesure de cette circonstance, indépendante de notre volonté.» Suddhodana reprit: «Bien que mon fiis soit séparé de moi par la distance, son cœur, je le sais, ne m'oublie point. Depuis qu'il est devenu bouddha, sa tendresse est sans bornes, son pouvoir illimité; il connait tout, il entend tout, personne ne l'implore en vain et tous les élus reçoivent sa protection en temps opportun. Un homme cerné par les brigands, destitué de tout moyen de défense, ne songe plus à se protéger par ses propres forces, il n'a d'espoir que de crier au secours, pour qu'on vienne le délivrer. Un malade aux prises avec une grave maladie, appelle de tous ses vœux un habile médecin: ainsi en est-il de moi aujourd'hui ; toute mon espérance repose en mon fils. »

Bouddha assiste son père à la mort. — Çakyamouni connut les pressants désirs de son père mourant. Il fit aussitôt venir son fils Rahula, Nanda son frère, Ananda son cousin, puis tous s'élevèrent en l'air et volèrent à travers l'espace, laissant après eux une longue traînée lumineuse, et descendirent dans la ville de Kapilavastu, devant les portes du palais. Bouddha entre; son père en l'apercevant, étend ses deux mains et lui dit: «Jou-lai #p ?JÇ, je désire que vous me touchiez de la main, pour me donner la paix et calmer les insupportables douleurs que je ressens par tout le corps. Mais puisque, sur mon lit de mort, je revois mon fils, mes douleurs ne comptent plus.» Après un moment de silence, il poursuit:

Fig. 37.

Bouddha au chevet de son père mourant, (p. 326)

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