‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 147 sur 180 · ART. XII. — MORT DE SUDDHODANA. DEUILS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

ART. XII. — MORT DE SUDDHODANA. DEUILS DE FAMILLE

«Vos désirs sont accomplis, vous êtes devenu bouddha; maintenant, ne devez-vous pas contenter les désirs de tous les êtres du monde? - Ne vous affligez plus, je vous prie, répond Bouddha en posant sa main sur le front de son père; acceptez la mort de bon cœur.» Suddhodana prend alors la main de son fils, la place sur son cœur et dit: «Maintenant je vous vois, cela me suffit, tous mes désirs sont accomplis. Je vais vous quitter, je ne pourrai plus jouir de vos instructions : bienheureux ceux à qui il est donné de vous entendre î Vous, mon fils, vous ne m'avez pas oublié, vous êtes venu me consoler, merci.»

Ce disant, le roi joignit ses deux mains avec grand respect et rendit l'esprit.

Les funérailles. — Dès que le roi Suddhodana eut rendu le dernier soupir, ses proches parents lavèrent son corps avec des eaux parfumées et le lièrent dans un suaire de fine étoffe en laine blanche, puis ils le déposèrent dans un cercueil. Le Très Honoré, pour donner un exemple de piété filiale à tous ces hommes qu'il prévoyait ne devoir payer que d'ingratitvide les bienfaits de leurs parents, voulait lui-même porter le cercueil de son père. À ce moment, les quatre grands rois des cieux, 'venus pour assister aux funérailles, se mirent à genoux et demandèrent à Bouddha la faveur de porter eux-mêmes le cercueil du roi. Çakyamouni y consentit; les quatre grands Maharajas apparurent sous forme humaine, soulevèrent le cercueil et le portèrent sur leurs épaules, au milieu des pleurs et des lamentations de tout le peuple. Çakyamouni, le corps courbé sous le poids de la douleur, tenant en main un brûle-parfums, conduisit le deuil jusqu'au lieu désigné pour la crémation. Alors, il aida à préparer le bûcher et les parfums, puis alluma lui-même le feu.

Il profita de cette lugubre cérémonie pour faire une exhortation à tous ceux qui étaient présents:

«Tout passe en ce monde, dit-il, tout est souffrance et vanité, Le moi est un trompe-l'œil et rien n'est permanent. La vie n'est

qu'une illusion, une apparence qui s'évanouit comme la chaleur,, la flamme ou l'image de la lune reflétée dans les eaux. Bien courte est la vie! Efforcez-vous donc d'échapper au cycle des renaissances et de la mort, pour parvenir à la stabilité dernière.» Quand les flammes du bûcher crématoire eurent achevé leur œuvre, tous les princes de la famille royale versèrent à profusion des fioles d'eau parfumée pour éteindre le feu, puis on recueillit pieusement les restes du défunt. Ces reliques furent placées dans une urne d'or; un stupa fut élevé en leur honneur, et cette tour commémorative fut ornée d'étendards de soie, de parasols d'honneur et de clochettes.

Malheurs de famille. — Prasênadjit, roi du Kosala, voulut épouser une jeune fille de la famille Çakya ; mais son père, Mahanama, qui redoutait, non sans raison, les emportements de ce prince, revêtit d'habits somptueux la fille d'une de ses servantes et l'envoya au roi à la place de sa propre fille. De cette femme, que le souverain reconnut solennellement pour son épouse légitime, naquit le prince Lieou-li jjff $M< Viroûdhaka, appelé encore Vaidûrya (ci-dessus, pp. 49, 54).

Un jour que ce jeune prince, âgé de huit ans, était allé dans la famille de Mahanama, son prétendu grand-père maternel, celui-ci venait de construire un grand hall, salle de la loi, où l'on avait invité Bouddha à prêcher. Le prince alla s'asseoir sur l'estrade préparée pour Çakyamouni. Les membres de la famille Çakya, indignés de cette outrecuidance, le firent déguerpir près, tement, en le traitant de «fils de servante».

Viroûdhaka leur garda rancune de cet outrage. Après qu'il eut succédé à la couronne, il résolut de venger son ancien affront. Il mit donc dans son parti tous les ennemi de la famille et en particulier les sectaires Jaïnas, puis il leva des troupes et vint camper à quatre lis est de la Jetavana. Un bonze avait prévenu Bouddha de ce qui se tramait, et le Très Honoré était allé s'asseoir au pied d'un arbre desséché, sur le bord du chemin.

Viroûdhaka aperçut Bouddha, descendit de son char et lui

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