‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 151 sur 180 · ART. 1. BOUDDHA DÉSIGNE SON SUCCESSEUR · texte numérisé non relu

ART. 1. BOUDDHA DÉSIGNE SON SUCCESSEUR

étendit sur sa tête sa main brillante comme l'or et lui adressa ces paroles: «Dans ce monde pervers, j'ai changé le cœur des plus obstinés et des plus rebelles; je les ai tirés du sentier de l'erreur, pour les remettre sur le chemin de la vérité. Malgré tout, le grand œuvre de la conversion de l'univers n'est pas encore totalement achevé: un ou deux sur dix restent dévoyés.

«Maintenant je vais entrer au nirvana. Aujourd'hui donc, dans ce ciel Tao-U-t'ien fjj %\] ^, en présence de tous les devas, je vous confie tous les damnés qui passeront par les bridantes demeures de l'enfer, jusqu'à l'avènement du futur bouddha Maitreya. N'oubliez point mes paroles. Faites en sorte qu'ils ne s'enlisent point dans le mal. S'il arrive aussi que les devas, malgré quelques errements, commencent cependant à mettre ma doctrine en pratique, protégez-les de tout votre pouvoir, pour les retenir sur la pente du vice. Quand leurs fautes crient vengeance, si, sur le point de tomber dans les tourments, ils prononcent une prière ou une invocation à Bouddha, usez de votre puissance pour leur épargner l'enfer et les faire renaître dans les joies des cieux. Je confie encore à vos soins tous les êtres de la terre et des cieux, qui passeront par les demeures infernales après l'avènement de Maitreya. Mettez toute votre puissance en œuvre pour les sauver. — Soyez sans inquiétude, répondit Ti-tsang-wang ^113:; tous les êtres de la terre et des cieux qui professeront le bouddhisme et qui manifesteront, ne serait-ce qu'une simple pensée de respect et de vénération pour Bouddha, recevront les effets de ma protection. Quant à ceux qui observeront votre loi, je les guiderai vers la parfaite sagesse et la délivrance.»

Cette adjonction a pour but d'autoriser de la parole même de Bouddha, la secte florissante qui honore le poussah Ti-tsangwang ifc M. 3L comme l'intendant des régions infernales. Le poussah chinois honoré sous ce nom est le bonze Mou-lien gj^. de Kieou-hoa-chan % il pj (1).

(I) Recherches, t. VI, pp. 157-J66.

ARTICLE II

Page 1