ART. IV. VERS KUSINAGARA, LE LIEU DU TREPAS
dernière étape de mes renaissances pour passer dans mon suprême repos (1).»
Intentions de Bouddha au sujet de ses reliques. — Au moment des fortes chaleurs, Bouddha arriva un jour sur les bords de la rivière Po-t'i j$ Jg, Airâvati, et voulut se baigner. Il déposa ses habits sur la rive, puis descendit dans l'eau. Ce faisant, il disait à Ananda : «Tu vois ce corps si beau, marqué des trentedeux signes de la plus haute destinée: eh bien! trois mois ne seront pas écoulés, qu'il aura cessé de vivre. » Ananda dit au Très Honoré: «Exposez-nous, nous vous en prions, vos intentions sur le culte qui devra être rendu à vos restes après votre mort. — Après la crémation, répondit Bouddha, mon corps sera réduit en petits granicules, gros comme des grains de moutarde. Une partie de ces reliques devra être distribuée aux devas des cieux; les rois-dragons en recevront une autre partie ; la troisième partie sera donnée aux yakchas. Les rois-dragons des cieux et le grand roi du ciel, Vaisravana, honoreront mes reliques comme ma propre personne, leur offriront de l'encens et des fleurs.
«Quant à la portion de mes reliques restée sur terre, le grand roi Açoka (2) s'en chargera; il construira 84.000 stupas pour les recevoir, puis tous les autres rois bâtiront aussi des tours, où elles seront exposées à la vénération universelle. Pour ce culte de mes reliques, ils prodigueront les étendards, les fleurs, les parfums, les lanternes, les fêtes et les concerts; par ces moyens, ils acquerront de grands mérites et prépareront leur délivrance. Les bonzes fervents qui s'adonneront à ce culte, se tireront des liens de la métempsycose et parviendront au nirvana. Les restes du corps de Bouddha ont toute la vertu de
(1) Tch'ang-ngo-han-king & M # $«, liv. III. p. 17.
(2) Le Constantin du bouddhisme. Ce fut sous son règne que se réunit, en 244 av. J.-C, la troisième assemblée bouddhique, que Jes auteurs européens qualifient de «concile». Cf. ci-dessus, p. 320
son corps mystique, aussi ceux qui les vénéreront feront l'acquisition cle mérites infinis. »
ARTICLE V