‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 32 sur 180 · DIFFÉREND AVEC SON COUSIN DEVADATTA · texte numérisé non relu

DIFFÉREND AVEC SON COUSIN DEVADATTA

Siddhartha venait d'atteindre sa douzième année. Il excellait dans toutes les sciences pratiques et dans tous les arts d'agrément.

Un jour qu'il s'exerçait au tir à l'arc dans le parc de K'in-k'iu H) iijjj et que ses cousins s'amusaient dans les jardins voisins, une bande d'oies sauvages passa au-dessus de leur tête. Devadatta bande son arc, décoche une flèche et transperce une oie, qui tombe dans le parc de Siddhartha. Le prince, voyant l'oie sauvage blessée et palpitante, la prit dans ses mains, la caressa, puis après avoir extrait délicatement la flèche de sa blessure, il la pansa avec du lait caillé et du miel. Bientôt accourut un messager, réclamant l'oie sauvage que son maître Devadatta venait d'abattre et qui était tombée dans le parc.

Le prince répondit à l'envoyé: "Si l'oie était morte, je la lui donnerais, ce serait justice ; mais comme elle vit encore, elle n'est pas devenue sa propriété. "

Devadatta renvoya son messager avec ordre de dire : " Morte ou vive, elle m'appartient: j'ai eu l'habileté de la percer d'une flèche ; elle est tombée dans votre parc, envoyez-la-moi sans tarder."

Siddhartha repartit : " En prenant possession de cet oiseau blessé, je pose les prémices de ma future mission de libérateur:

je veux sauver tous les êtres de l'univers. Si cependant Devadatta persiste à m'en refuser la propriété, portons l'affaire au jugement des anciens de notre clan; je me conformerai à leur décision. "

Un deva prit aussitôt la figure d'un vieillard vénérable, s'introduisit clans la salle des délibérations et dit à haute voix: " Le possesseur légitime est celui qui nourrit l'oie, la guérit et la chérit; celui qui l'a transpercée et qui a voulu la tuer ne mérite pas de la posséder."

Tous d'applaudir à cette décision du vieillard: "C'est, dirent-ils, la justice qui parle par votre bouche. " Telle fut la première cause d'inimitié entre Siddhartha et Devadatta (1).

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