LES TROIS PALAIS
Les sentiments intimes de Siddhartha, si voilés encore qu'ils fussent, ne pouvaient échapper complètement à la vigilance paternelle ; aussi, afin d'arrêter le cours de tant de sombres pensées, Suddhodana fit construire pour son fils trois somptueux palais (2) : le palais d'été, adapté aux exigences des grandes chaleurs, le palais d'hiver aménagé pour le froid, et un troisième palais pour l'automme et le printemps. Ces palais de plaisance étaient entourés de vastes parcs, agrémentés de cours d'eau, de cascades, de bassins artificiels du meilleur goût. On y voyait de splendides jardins, plantés de toutes les fleurs odoriférantes aux couleurs les plus variées. Rien ne fut épargné pour y accumuler les agréments et les jouissances de la vie. Une multitude de serviteurs habiles et distingués furent chargés du parc, des jardins, du service des appartements. D'autres, plus spécialement attachés à la personne du prince, prenaient soin des bains, des parfums, des bijoux, de la garde-robe. Tous les habits à son usage étaient confectionnés avec des étoffes de grand prix.
Des serviteurs et des servantes eurent pour mission de préparer les mets les plus exquis, de veiller au service de table et de procurer à leur maître toutes les primeurs de la saison.
(1) Fou-pen-hing-tsi-king # # fx ft M, liv- XII, PP- 2-6. — Che-kia-pou m M », liv. II, p. 41.
(2) De nos jours encore, les puissants rajahs de l'Inde tiennent à honneur de posséder trois palais pour les trois saisons qui partagent l'année indienne : le palais d'été, le palais d'hiver et un autre pour la moyenne saison. Ces habitations seigneuriales sont décorées avec un luxe tout oriental, sises hors de l'enceinte des villes, entourées de parcs et de jardins superbes.