‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 53 sur 180 · ASCÈTE · texte numérisé non relu

ASCÈTE

Six jours après sa dernière sortie, il se décida de nouveau à faire une promenade. Son père, en ayant eu connaissance, commanda qu'on le conduisît par la porte du Nord, espérant que cette excursion aurait plus de succès que les précédentes, et qu'il ne rencontrerait aucun objet capable de réchauffer ses désirs de quitter les dignités terrestres. Mais voici que Suddhavasa, changé en bonze, tête rasée, tenant en main un bol pour mendier sa subsistance (2), s'avança modestement. Sa contenance humble et son habit d'écorce, frappèrent le prince.

"Qui est cet homme?" demanda-t-il. — C'est un ascète quia quitté sa famille ", répondit-on. Siddhartha descendit de char, aborda l'ermite et lui demanda quel avantage il voyait à quitter sa famille. L'ermite reprit : " Dans ce monde, tout n'est qu'instabilité et déboire; les maladies, la vieillesse, la mort nous attendent. Je me suis retiré dans la solitude pour échapper à toutes ces misères du siècle. Sauver les êtres par tous les moyens possibles, éviter soigneusement de leur nuire : tels sont les deux motifs qui m'ont engagé à embrasser cet état de vie."

Le prince goûta fort ces paroles de l'ermite, et resta bien

(1) Fou-pen-hing-tsi-king ^ ;£ fô ^ $W, liv. XV, pp. 5-11.

(2) D'autres lui mettent en main le bâton des bonzes voyageurs.

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