‹ Recherches sur les superstitions en Chine (volume 2)Chapitre 58 sur 180 · I/ERMITE · texte numérisé non relu

I/ERMITE

Arrivé dans un lieu désert au milieu des bois, Siddhartha aperçut une source limpide ; des oiseaux voltigeaient sur les arbres d'alentour, égayant cette solitude de leurs chants joyeux. Il s'adressa à son écuyer et lui dit: «Je resterai ici» (1). Puis, sautant à bas de son cheval, il poursuivit : «Voilà la dernière fois que je descends de cheval ; cette solitaire retraite sera la dernière étape de ma vie terrestre.»

Après quelques mots de caresse adressés à son coursier Kantaka, il renouvela ses remerciements affectueux à son écuyer Tchandaka.

«Mon doux prince, reprit l'écuyer, quatre motifs obligent d'ordinaire les hommes à mendier leur subsistance : les infirmités de la vieillesse, la maladie, le manque d'amis véritables ou la pauvreté extrême : ce n'est point le cas de Votre Altesse ; comment pouvez-vous vous ensevelir vivant dans cet horrible désert? — Mon cher Tchandaka, n'insistez plus sur ce sujet; sachez seulement que le richi Asita a prédit clairement que mon. rôle serait d'annoncer à tous les êtres la sublime doctrine» (2).

Le prince, saisissant sa précieuse épée à pommeau d'or, coupa sa chevelure et renouvela son vœu de se faire ermite. Indra recueillit respectueusennent ces cheveux et les emporta au ciel pour les exposer à la vénération des devas. L'anniversaire de cette action mémorable est annuellement célébré dans les cieux

(1) En passant par le royaume de Ràmagràma, Hiuen-tsang j£ |i| trouva encore les stupas élevés en mémoire de tous les faits advenus dans cet ermitage.

(2) Fou-pen-hing-tsi-king $, 0$. if MM, Kv. XVII, pp. 13-17.

Fig. 9.

Bouddha coupe sa chevelure, (p. 80)

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