VERS LE MONT PANDA VA
Çakyamouni s'achemina vers le mont Pandava ; il chercha un lieu favorable pour se reposer, puis il s'assit à l'ombre d'un arbre, les jambes croisées, modestement recueilli ; son front parut comme auréolé d'une vive lumière. De profondes réflexions se succédaient dans son esprit: «Jusques à quand, se disait-il, traînerai-je le lourd boulet des misères humaines? Quand pourrai-je arriver à dissiper les ténèbres de l'erreur et à tirer tous les êtres de la roue des transmigrations? Quand parviendrai-je à la parfaite délivrance?»
Pendant qu'il méditait ces hautes questions, les gens venus sur la montagne pour couper des herbes, les pâtres, les voyageurs, demeuraient tous émerveillés en contemplant la glorieuse auréole
qui entourait son corps brillant comme l'or. «Sûrement, se disaient-ils, c'est un personnage extraordinaire qui vient d'arriver sur cette montagne; ne serait-ce point l'esprit gardien du mont Pandava?» D'autres disaient: «C'est le richi de cette solitude ou l'esprit du sol, car sa majestueuse dignité surpasse celle d'un mortel (1).»